Je me lève difficilement ce matin, je crois que je commence en avoir assez des travaux 24h/24h (dua empat jam comme on dit en indonésien) juste en face de chez moi. En plus le ciel est gris, il va pleuvoir, comme si la couleur du ciel préfigurait l'ambiance de la journée. Heureusement que je pense à mon nouveau logement que j'ai pu visiter hier soir, plus près de mon futur bureau. Je pars donc confiant, avec mes 10 millions de rupiah changés auparavant (soit quand même près de 800 euros). Au point de rendez-vous, Amanda m'appelle, l'air affolé : « come back to the hotel now » sont les seuls mots que je puisse comprendre avec un « there has been a fight ». Au bord de la route, une quatre voies déjà encombrées, je finis par voir Defry, celui qui m'a fait visité la maison la veille. Il me fait signe et nous nous arrêtons discuter. C'est très difficile de se comprendre, il baragouine à peine quelques mots d'anglais et moi d'indonésien. Mais quelques mots et gestes suffisent cette fois : il s'est apparemment fait tabasser par 4 hommes à cause de la chambre que je devais louer. Déjà la veille je sentais une tension entre lui et les ''gardiens'' qui rodaient autour, dont l'un avait la carrure d'un haltérophile. Il m'explique qu'il aurait été frappé au visage. Je remarque aussi sur son tshirt des trous, et je lui demande si il a reçu des coups de couteau, il me répond que oui. Alors je lui demande s'il a été voir la police, il me répond que non et d'un geste il imite quelqu'un qui lui trancherait la gorge : ''ils'' le tueraient s'il parlait. Mieux vaut éviter de traîner avec Defry, je rentre alors bredouille à Sanur. Pour me consoler, je m'arrête à un warung sur le bord de la route et je commande un babi guling qui suinte bien la graisse et m'arrache la bouche. Je m'installe à côté de trois balinais en tenue de cérémonie et je discute avec mon voisin d'en face, qui m'offre une kretek (cigarette aux clous de giroffle) et finit par payer mon repas en partant. Tant de gentillesse me paraît alors déplacé. Qui croire maintenant ?
A vrai dire je n'ai sans doute pas été assez méfiant. D'abord envers Defry. Comme tous les indonésiens, il est ravi de vous parler, curieux et souriant. Pour une fois, je le trouvais sincère mais sans doute un peu niais, il fait jeune, 23 ans selon lui. La veille j'étais encore près à aller dîner chez lui. Puis le quartier : la chambre se trouvait dans un nouveau complexe construit de toute pièce au bord de la route, loin des endroits touristiques, après tout c'est ce que je souhaitais. J'aurais du rencontrer le patron, pour au moins avoir une certitude.
Le racket est une pratique courante en Indonésie, pays où les institutions publiques sont plus que défaillantes. Les banjar (milices religieuses) ne se cachent même pas dans les rues. Bref, cette journée laisse un goût amer, surtout que je ne sais pas qui croire. Si ça se trouve ce n'est qu'un coup monté par Defry qui n'avait pas de cicatrice et malgré les coups reçus pouvait encore conduire et faire son petit jeu avec moi. En plus de ça, j'avais déjà versé 2 millions de rupiah (180 euros) la veille comme acompte, que je ne pense revoir de sitôt. Serait-ce une mauvaise plaisanterie des dieux ? Ce soir, j'irai prier au temple...
Finalement je revois Defry et on s'explique mieux. Les gens qui l'ont tabassé font partie du Indi Bali, un gang de balinais. Ils se sont mis à le frapper alors qu'il était venu voir si tout allait bien et s'il pouvait avoir un frigo. Ils n'ont sans doute pas apprécier de recevoir des ordres de la part d'un javanais. Defry vient en fait de Banyuwangi, sur la pointe est de Java, juste en face de Bali. Eloignés de Surabaya, ils vont surtout chercher du travail sur Bali et se heurtent donc aux locaux qui ne veulent pas partager le butin du tourisme. Il me dit qu'il risque sa vie si jamais je cherche à avoir les 2 millions de rupiah qu'ils ont gardé. J'ai un peu pitié de lui, je crois qu'il est de bonne fois, simplement inexpérimenté. Je lui demande simplement 500.000 rupiah de dédommagement et lui promet de l'inviter à dîner un de ces soirs.
Crevé, je parts avec Amanda à la plage. En route, le ciel gris éclate en une pluie fine qui nous trempe en arrivant. C'est une plage de sable noir et la mer est déchaîné. Nous commandons alors un poisson grillé (ikan bakar) à l'abris dans un warung histoire d'oublier cette journée éprouvante. Demain sera la dernière journée pour trouver un logement avant de commencer le stage. J'espère que les dieux m'ont entendu !!
A vrai dire je n'ai sans doute pas été assez méfiant. D'abord envers Defry. Comme tous les indonésiens, il est ravi de vous parler, curieux et souriant. Pour une fois, je le trouvais sincère mais sans doute un peu niais, il fait jeune, 23 ans selon lui. La veille j'étais encore près à aller dîner chez lui. Puis le quartier : la chambre se trouvait dans un nouveau complexe construit de toute pièce au bord de la route, loin des endroits touristiques, après tout c'est ce que je souhaitais. J'aurais du rencontrer le patron, pour au moins avoir une certitude.
Le racket est une pratique courante en Indonésie, pays où les institutions publiques sont plus que défaillantes. Les banjar (milices religieuses) ne se cachent même pas dans les rues. Bref, cette journée laisse un goût amer, surtout que je ne sais pas qui croire. Si ça se trouve ce n'est qu'un coup monté par Defry qui n'avait pas de cicatrice et malgré les coups reçus pouvait encore conduire et faire son petit jeu avec moi. En plus de ça, j'avais déjà versé 2 millions de rupiah (180 euros) la veille comme acompte, que je ne pense revoir de sitôt. Serait-ce une mauvaise plaisanterie des dieux ? Ce soir, j'irai prier au temple...
Finalement je revois Defry et on s'explique mieux. Les gens qui l'ont tabassé font partie du Indi Bali, un gang de balinais. Ils se sont mis à le frapper alors qu'il était venu voir si tout allait bien et s'il pouvait avoir un frigo. Ils n'ont sans doute pas apprécier de recevoir des ordres de la part d'un javanais. Defry vient en fait de Banyuwangi, sur la pointe est de Java, juste en face de Bali. Eloignés de Surabaya, ils vont surtout chercher du travail sur Bali et se heurtent donc aux locaux qui ne veulent pas partager le butin du tourisme. Il me dit qu'il risque sa vie si jamais je cherche à avoir les 2 millions de rupiah qu'ils ont gardé. J'ai un peu pitié de lui, je crois qu'il est de bonne fois, simplement inexpérimenté. Je lui demande simplement 500.000 rupiah de dédommagement et lui promet de l'inviter à dîner un de ces soirs.
Crevé, je parts avec Amanda à la plage. En route, le ciel gris éclate en une pluie fine qui nous trempe en arrivant. C'est une plage de sable noir et la mer est déchaîné. Nous commandons alors un poisson grillé (ikan bakar) à l'abris dans un warung histoire d'oublier cette journée éprouvante. Demain sera la dernière journée pour trouver un logement avant de commencer le stage. J'espère que les dieux m'ont entendu !!
simpa !
RépondreSupprimerFais gaffe à toi aussi, la mafia viennoise...
RépondreSupprimerTiens, c'est marrant, riz en indonésien se dit nasi et comme bali est hindou on voit plein de croix gammées!