dimanche 30 janvier 2011

Soyons fous

Alors que dans l'Europe médiévale tout ce qu'on avait trouvé en guise spiritualité était de s'enfermer dans des monastères pour rester entre chauves mal habillés pour mieux prier un Dieu de la santé capillaire, je me suis interrogé sur le sort des gens qui dédiaient leur vie à un destin plus grand de l'autre côté du monde. Je suis tombé sur trois expériences possibles qui peuvent radicalement changer votre vie, et que je vais présenter maintenant. De nos jours, si on veut tout plaquer, sortir du système pour vivre sa vie tranquille, il n'y a qu'une option : être un hippie qui part élever des chèvres dans les Alpes, ou, pour les plus fortunés, en Amérique latine. Quel manque d'originalité, franchement, pour des anticonformistes.

Marre du métro-boulot-dodo ? Marre de la lumière du jour, de la senteur des pommiers et des cris des petits oiseaux ? Essayez notre nouveau programme : 24h à la place d'un mort ! Dans un temple bouddhiste, un programme est offert à tous ceux qui sont tentés par l'expérience des gens enterrés vivants : passez une journée entière dans un cercueil ! Pour faire bien réaliste, ils y mettent les clous ! Quand j'ai entendu parler de ça, on m'en a vanté les exploits comme d'une super expérience d'introspection, pendant laquelle on réfléchit à plein de chose, et si on pète un plomb pendant les 10 premières minutes, on ne voit pas le temps passer après... Personnellement, ça me semble tellement taré que je n'essaierai pas même pour rire. Encore heureux qu'ils n'enterrent pas les gens non plus... Alors, si vous êtes en quête de spiritualité, d'introspection ou de recherche de soi (tous ces termes étant bien à la mode) et que vous n'avez pas de dealer dans votre ville, essayez donc la formule 24h dans un cercueil, il paraît que ça fait des miracles. Le temple n'est pas responsable pour les dégradations possibles de votre esprit à la sortie en revanche.

Ah, le périphérique, les rues populeuses et bruyantes de Séoul, les bruits de travaux dans les villes et le brouhaha continu des voitures... Besoin d'un peu d'air frais pour vos poumons et surtout pour vos oreilles ? Et bien vos gueules ! Continuons avec ces bouddhistes en lévitation et qui vont vous aider à votre bien-être et votre harmonie avec les 5 constellations, les 7 points cardinaux et les 13 éléments. Un monastère est ouvert à tout le monde sous deux conditions. La première, la plus évidente, est de travailler pour la communauté en échange du droit d'y vivre. Concrètement, je ne sais pas ce que ça donne (sans doute faire du jardinage et prier), mais le plus intéressant dans cette communauté-là est la seconde règle : il est interdit de parler, de faire le moindre son avec sa bouche. Du coup la barrière linguistique saute, c'est super ! Expérience relatée par un Américain qui y a vécu pendant un mois, durant lequel il dit avoir beaucoup changé. Ne pas pouvoir communiquer par la parole l'a rendu presque dingue la première semaine. Cependant, le reste du temps, une fois habitué, il affirme avoir vécu en harmonie avec son environnement, en paix avec lui-même. Le plus intéressant est d'affiner ses sens : il faisait attention aux petits bruits comme l'ouverture d'une porte, le bruissement d'une plante... Bref ça a l'air assez drôle, et pour un mois ce n'est pas un si gros investissement que ça. À garder dans un coin de ma tête pour la prochaine fois que je me rendrai en Corée.

J'ai envie de quitter le système moi aussi mais je n'aime ni les chèvres ni les moines. Et j'ai du temps devant moi. Et j'aime bien me battre. Et j'habite en Chine et non en Corée. Que faire ? Une des plus amusantes découvertes que j'ai faites ici ne concerne pas une expérience coréenne mais chinoise, racontée par mon meilleur pote chinois. Je parlais de taekwondo, que ces jours-ci il fait trop froid et que je n'ai pas pratiqué depuis deux mois, que j'ai hâte de reprendre quand ce sera le printemps... Puis, curieusement, pour rigoler, je lui demande s'il a déjà fait du kung-fu. Évidemment que non, me dit-il, ça demande beaucoup plus que le taekwondo. Un peu vexé, je lui demande des détails. Accrochez-vous bien. Si un jeune chinois veut apprendre le kung-fu, il doit quitter l'école, sans doute sa famille et son lieu de résidence (fait assez surprenant quand on sait que le gouvernement chinois attache toujours les individus à leur lieu de naissance), pour aller dans une école spécialisée et consacrer tout son temps à l'apprentissage du kung-fu. Quand c'est à la campagne, ça peut carrément prendre des airs de films de baston chinois avec le vieux maître dans la montagne... Et toujours vrai aujourd'hui. L'apprentissage requiert énormément de temps, il faudrait rester dans ce genre d'écoles pendant 3 ans au minimum (sinon quoi ? Sinon ils vous font la technique des cinq points et la paume qui font exploser le cœur), y consacrer réellement son temps. Contrairement à d'autres arts martiaux comme le taekwondo entre autres (qui est un art martial très récent, comme il date des années 50) qui, même s'ils nécessitent une pratique régulière voire quotidienne pour progresser (c'est comme tout), ne nécessitent sans doute pas qu'on y consacre sa vie pour être capable d'en pratiquer. En effet, le kung-fu semble ne pas se limiter à un art martial et inclue plein d'autres aspects de la vie de tous les jours. Bref, je ne sais pas si sur un CV ça fait classe ou non, mais en tout cas ça peut être une sacrée expérience ! En conclusion je tiens à souligner pour éviter toute confusion que non, même s'ils sont un milliard et demi, les Chinois qui font du kung-fu ne sont pas nombreux, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, on peut toujours les exploiter avec la conscience tranquille. Il faut aussi dire que ce que j'ai raconté ici est très simplificateur, et qu'en réalité de nos jours il est possible de pratiquer une forme de kungfu (qui n'est que l'appellation générale et qui a plein de ramifications) comme sport de combat uniquement (à la façon du karaté, du judo, du taekwondo...). Je voulais juste présenter ce dont j'ai entendu parler et que je compte faire une fois mes études achevées.

jeudi 13 janvier 2011

Pop coréenne

Encore une fois je me dois d'entamer un article par la présentation de mes plus humbles excuses de retard. Le rythme d'un article par semaine était relativement facile à tenir pendant le semestre des cours, mais c'est difficile avec ces cours de Coréen (je ressors aujourd'hui de mon mid-term exam). Ça, c'était pour la langue de bois. En même temps quand je constate le rythme de publication de certains autres sur ce blog censé être collectif, ouvert il y a six mois, et qui n'ont encore rien signé, mais dont je tairai le nom, je ne pense pas avoir beaucoup à me reprocher. Ça, c'était pour la langue de pute. Aujourd'hui, pour contraster et comparer avec le dernier article (vous vous souvenez, ça parlait de cinéma !), je vais présenter quelques clips de la bonne grosse soupe qu'est la Korean pop music. Accrochez-vous à vos chaises, vous allez être sidérés. Nous quittons le domaine de la culture pour entrer dans un nouveau monde. À votre gauche des arcs-en-ciel et des images colorées, sucrées, à en faire passer Picasso pour un impressionniste. À votre droite, des focus sur les jambes des chanteuses ou danseuses, sur leur visage d'imbéciles heureuses, et des travellings sur des jeunes hommes aux influences douteuses qui croisent Arlequin, des gangsta rappers américains, des punks au look futuristes et des boys bands plus effémines les uns que les autres. Là, je vous aurai prévenu, on touche du lourd. Pendant que les uns pleureront pour faire classer ces œuvres sacrilège mondial de l'UNESCO, d'autres affirmeront que ce genre musical (mais la vidéo a toute son importance aussi) sont le produit de génies tout simplement en avance sur leur temps. Attention à vous, branchez vos home cinemas, on est parti. Je vais vous donner seulement quelques exemples de cette mine sans fond qu'est la pop coréenne, quelques exemples que je connais particulièrement plus, ou qui sont assez célèbres (liens youtube à l'appui).

  • Commençons par le plus célèbre d'entre tous les groupes, la crème de la crème dont la notoriété dépasse les frontières de la péninsule, j'ai nommé 소녀시대 (Girls' Generation). Le nom annonce la couleur aux aveugles qui ne les ont jamais vues ou à ceux tellement éblouis qu'ils n'en reviennent toujours pas. J'en discutais avec un pote et on se disait que pour arriver à tel succès, ces filles doivent vraiment se haïr en privé... Et au final elles doivent bien se retrouver quand il faut vomir toutes ensemble pour garder leur poids et leur allure de mannequin. Bon, commençons avec Oh ! ( http://www.youtube.com/watch?v=TGbwL8kSpEk ), et je déconseille les féministes de base de regarder. Alors pour l'influence américaine, là, on est servi avec ce côté pom pom girls et ces joueurs de football américain qui sortent d'on ne sait où. Hoot ( http://www.youtube.com/watch?v=dB018Nj1WjM ) est un morceau assez récent donc c'est assez intéressant de voir qu'il y a un peu d'évolution dans le style. En revanche j'ai jeté un œil aux paroles, c'est du bon gnangnan comme on peut s'y attendre. J'ai essayé de chanter ce morceau dans un noraebang, bon bah j'ai encore des progrès à faire. Je m'arrête là, ce groupe est assez connu et a produit pas mal de morceaux donc si vous en voulez plus du groupe des plus grosses bonasses de Corée du Sud, vous trouverez facilement.

  • 남녀공학 (Namnyeogonghak) est un peu particulier parce qu'ils débutent. En fait, lors d'une sortie avec la classe à KBS, la plus grosse compagnie de télé, on a eu la « chance » de pouvoir les voir répéter sur un plateau télé. Ce tube, Bbiribbom Bberibbom ( http://www.youtube.com/watch?v=aIT09Z2hnV8 ) est leur premier. Apparemment ils montent, mais ils ne sont pas encore très connus aux dires d'une amie coréenne qui était avec nous et qui ne les connaissait pas. Curieusement, le même jour, je les ai entendus à la radio... Selon cette même amie, ils n'ont pas beaucoup d'avenir parce que les filles ne sont pas assez jolies. Ce n'est pas une remarque stupide, car ce genre de groupes fonctionnent vraiment sur le physique pour attirer des spectateurs. C'est la vie ! En tout cas c'est bien l'exemple de groupe multicolore avec des vêtements... je n'ai pas d'adjectifs pour les qualifier, sinon qu'ils sont originaux. Bref si je fais un paragraphe sur ce groupe c'est seulement parce que leur chanson m'est restée dans la tête pendant une semaine.

  • Je me dois de parler de 슈퍼주니어 (Super Junior) car pour cette même classe, en guise de partiels, on a dû choisir une danse d'un groupe de pop comme ça et la reproduire devant la classe. C'est ce clip, Sorry sorry ( http://www.youtube.com/watch?v=x6QA3m58DQw ) qu'on a dû faire (bon, une minute, pas plus, faut pas déconner). D'abord, spéciale cassedédi au fat boy du clip, qui apporte la touche humour qui manque à tous les autres groupes. Ensuite, ce qui m'a totalement étonné quand on a commencé à bosser la danse, c'est que ce groupe est très, très, très connu. Tout le monde, Chinois, Japonais, Coréens, même Mongols connaissent ça ! Tout le monde connaît la danse ! Je ne sais même pas si la Macarena a été aussi connue que ça.

  • Si vous voulez du beau gosse, protéiné à l'extérieur mais sensible à l'intérieur, alors je vous conseille de prendre un peu de 2PM. Les lovers européens peuvent en prendre de la graine lorsqu'ils regardent Without U ( http://www.youtube.com/watch?v=pB4920B2l5g ). Tiens c'est marrant c'est comme chez nous, s'ils alignent trois mots en Anglais dans leur chanson ça fait tout de suite classe. Attention, il ne faut pas confondre 2PM et leur jumeau maléfique 2AM. Ces derniers, de la culture pop américaine, ils tirent plutôt le côté James Dean ou sitcom pour lycéen, comme 잘못했어 ( http://www.youtube.com/watch?v=Yo0zsqa06ZE ) nous le montre. Les branleurs ont bon fond.

  • Avant de commencer ma crise de nerf, je vous présente 오렌지캬라멜 (Orange Caramel) et ses sons de synthé bien kitsch. Là je pense qu'on ne s'adresse plus à un public de lycéen mais d'écoliers. A-ing ( http://www.youtube.com/watch?v=WSolEVV0Ivg ) me le confirme avec ses thèmes de contes pour enfants et son univers si coloré qu'il en rendrait Gilles Montagnier daltonien. Autre clip dans le même genre, manichéen et parfait, où les filles sont des petites princesses, les garçons des princes charmants, et les joueurs de synthé sont sous acide, Magic girl est à voir ( http://www.youtube.com/watch?v=SojvsEJlvf0 ). Les lunettes en forme de petits cœurs verdâtres fallait y penser.

Bref, voilà un petit aperçu de ce qui se fait de mieux en terme de musique ici. Le plus marrant c'est qu'il n'y a pas de frontières pour le playback. On a ainsi regardé des lives où il y a des trous béants dans les couplets, on se demande s'il y a quelqu'un qui chante, puis soudainement quelqu'un chante, ça sonne totalement faux, puis tout le monde reprend le refrain parfaitement. Pour l'aspect visuel, qui, à mon sens est indissociable de la musique (comme ces groupes n'écrivent évidemment pas leurs textes ni leurs musiques ni leurs danses, tout est conçu dans un tout), au final, en ce qui concerne les groupes de filles, tout ceci se résume à une affaire de jambes. Enfin j'ai été pas mal sévère dans cet article avec ces groupes. Faut se dire que ces groupes sont assez populaires ici, qu'il passent souvent à la télé, la radio, et qu'ils sont acceptés comme tels. De plus, il n'y a pas que ça. Si on décroche de la télé et de la radio on peut trouver dans certains quartiers nombres de jazz bars, ou de boîtes qui mettent en valeur d'autres styles de musique, avec des lives assez impressionnants parfois. J'ai même découvert un reggae bar ici ! Enfin ne nous leurrons pas, Bob Marley reste un grand inconnu en Corée, ce bar fait plus office d'exception qu'autre chose. Bref, ne criminalisons pas les Coréens d'écouter ces musiques. À force de baigner dans un environnement qui les met en valeur, vous vous prendrez à siffloter ces airs de temps en temps (ils sont conçus pour ne pas quitter votre tête de toute façon), et à regarder un de ces clips de temps en temps. N'empêche que ça reste de la me

dimanche 2 janvier 2011

Cinéma coréen

여러분 새해 복 많이 받으세요!

J'entame cette nouvelle année sur un air culturel. Depuis que je suis arrivé ici, je me suis essayé à écouter de la musique coréenne et à regarder du cinéma coréen. J'ai beaucoup de boulot en ce moment mais je trouve un petit moment pour faire de la pub pour des œuvres assez méconnues.

Commençons par le sérieux avec le cinéma. Je n'ai pas regardé suffisamment de films pour faire de grandes généralités, et j'en ai encore un certain nombre sur ma liste. Je ne me suis pas fait non plus les blockbusters à l'Américaine, considérant qu'ils ne sont pas spécifiques au cinéma coréen. J'ai regardé des films connus et recommandés par un certain nombre de personnes, à partir du moment où ils ont l'air d'être autre chose que de la bataille de muscles ou qu'un prétexte à vendre des effets spéciaux. Petite liste :

  • 올드보이 (Old Boy). C'est sans doute le plus célèbre à l'étranger et notamment en France des films coréens pour avoir reçu le grand prix du jury à Cannes en 2004. Je suis désolé, mais il y a peu de choses qui puissent être dites au sujet de ce film sans prendre le risque d'en dévoiler un morceau crucial d'intrigue. En très très très gros, c'est l'histoire d'un type à la recherche d'un autre type qui l'a enfermé pendant des années. Même si on peut s'en douter tout le long du film, le final est assez incroyable. Et l'acteur principal a une tronche assez mythique. Le film semble être une référence car j'ai vu plusieurs fois à la télé des pubs ou des comiques qui imitent certaines scènes cultes du film. Bref, même si je peux pas en dire grand-chose, c'est le film à voir.

  • 왕의 남자 (The King and the Clown). Le deuxième film en terme de nombre de ventes au moment de sa sortie. Là on est en plein dans le gros drama coréen, sans être aussi ridicule que les séries télé qui se ressemblent toutes et avec des acteurs qui savent jouer. Donc ça vaut le coup d'œil. C'est l'histoire de quelques troubadours au tournant du XVe et XVIe siècles qui pour gagner leur vie se lancent dans la satyre de la cour. Au lieu de les faire exécuter, le roi, archétype du tyran, les apprécie et les fait entrer à la cour où ils provoquent l'ire des aristocrates. Et en parallèle, une histoire d'amour homosexuelle entre le roi et un troubadour (enfin, peut-on appeler aimer un eunuque être homosexuel ? Lourde question à laquelle je ne pense pas être capable de répondre). Bref, c'est à voir pour une simple raison : c'est surprenant. C'est plein de façon de jouer, de filmer, qui sont assez étrangères. Et le drama sur fond historique ces dernières années devient populaire en Corée, c'est donc intéressant de voir comment leur propre passé peut être traité. Et de se rendre compte que ces histoires de pouvoir ne nous sont pas si étrangères que ça...

  • 친구 (Friend). Là c'est le côté film de yakuza qui ressort pour montrer que les Coréens aussi savent y faire avec les mafieux. C'est l'histoire d'un groupe de potes qui prennent des chemins très différents après le lycée. L'un trouve un boulot, l'un va loin dans ses études, l'un va dans une famille de mafia et l'autre va dans une autre famille de mafia. Et quand ils se revoient plus tard, ça crée des étincelles. Les problèmes mis en avant dans ce film m'ont fait penser à Once Upon a Time in America à plusieurs reprises, car au final le thème de ce final est davantage l'amitié que la mafia (cf le titre du film). C'est un bon film mais sans plus, sympa à regarder si on trouve le temps, mais moins surprenant comparé aux autres.

  • 웰컴 투 동막골 (Welcome to Dongmakgol). Ce film est sympathique en soi, mais très intéressant pour ce qu'il symbolise. Il est sorti sous la présidence de 노무현 (No Mou-Hyeon), issu du parti qui se rapproche le plus de ce qu'en France on appelle la gauche, et il a mené une politique d'indépendance vis-à-vis de l'interventionnisme américain et d'ouverture à l'égard de la Corée du Nord (dans les discussions du moins). L'intrigue se déroule en pleine guerre de Corée, dans un endroit paumé. Il y a un village, Dongmakgol, où les gens ne sont même pas au courant qu'il y a une guerre. Par hasard, un soldat américain parachuté y est recueilli, des soldats sud-coréens perdus arrivent, puis des soldats nord-coréens. Et dans ce village de hippies il apprennent à vivre ensemble. L'histoire peut paraître gnangnan, mais pour c'est pour sa portée que je trouve qu'elle vaut la peine d'être vue (et le film en lui-même n'est pas gnangnan). Et c'est aussi un film où les Américains prennent cher.

  • 좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈 (The Good, the Bad and the Weird). Sur celui-ci je passe vite parce que je l'ai vu en France avant de partir. C'est une comédie qui parodie le western de Segio Leone dans la Corée occupée par le Japon. C'est marrant mais c'est pas culturellement surprenant ni symboliquement intéressant.

Il me reste encore à voir JSA, un film de guerre qui sort du lot et qui est absolument à voir apparemment (même réalisateur que Old Boy). Je compte aussi voir May 18th, à propos des répressions venues des militaires au pouvoir lors de la transition démocratique (ça semble alléchant au regard de l'article que j'ai écrit pour le prochain numéro de Décloîtrés...). De ce que j'ai vu, il y a quand même quelques éléments qui méritent d'être soulignés concernant ces films. Premièrement, c'est très émotionnel ! C'est l'esprit du drama, on ne fait pas dans la dentelle, pour que le spectateur pleure il faut y aller à l'outrance dans le tragique, et de même dans le comique. Les deux heures en moyenne de durée des films sont l'occasion d'être traversé violemment par différentes émotions. Avec des acteurs qui y vont franchement, on est loin de la retenue de Bertrand Tavernier. Deuxièmement, et ça c'est bien, ça change totalement des schémas bien établis par Hollywood. Même si Disney est aussi populaire en Corée, pour les réalisations coréennes, c'est autre chose. Tout n'est pas bien qui finit bien. Dans les stéréotypes hollywoodiens, les personnages vivent leur vie normalement, puis quelque chose survient, et il leur arrive des aventures, et une fois le problème réglé ils retournent à leur belle vie d'avant. Dans les films que j'ai pu voir, c'est bien le contraire, les personnages sont marqués à vie par l'histoire qui leur est arrivée. Les réalisateurs n'hésitent pas à mutiler et faire mourir leurs personnages contre toute attente ! Le meilleur exemple ici est Old boy (et vous comprendrez quand vous l'aurez vu !). Alors que dans South Park, la mort de Kenny fait partie du plan, ici, j'ai été choqué par certaines scènes, non à cause de leur violence, mais parce que je n'y étais absolument pas préparé. Troisièmement, les personnages principaux sont toujours assez ambigus. Ce ne sont pas des hérauts du bien luttant contre le mal, ils sont doubles mais sans que cette double personnalité soit nécessairement l'opposition entre bien et mal. Dans The King and the Clown, j'avoue ne pas trop savoir quoi penser du roi à la fin. C'est à la fois une pute finie, une enflure sortie des mains des plus immondes crapules, mais à la fois un personnage touchant et humain sur d'autres aspects... Un peu comme l'empereur Pu Yi dans The Last Emperor en quelque sorte.

Je voulais continuer sur la musique coréenne, en particulier la Korean Pop, et faire une petite liste comme pour le cinéma, mais le temps file et je suis désolé de devoir repousser ça à un autre article. Patience !