cérémonie au coucher du soleil, plage de Canggu
Saya kerla untuk surat kabar Prancis... Cela veut dire "Je travaille pour un journal français" en indonésien, une des premières phrases que j'ai réussies à aligner en indonésien et qui est toujours utile face aux questions des indonésiens absolument sans indiscrécion. A vrai dire, je suis obligé de mentir un peu, puisque j'ai un visa socio-culturel et ne peut travailler à proprement parlé, donc je travaille sans vraiment travailler... Bref, je fais gaffe car derrière chaque indonésien se cache une potentielle balance auprès de la police. Et ils ne rigolent pas avec ça.
Un journal français à Bali ?
Oui, madame ! Parfaitement, qui tire même à plus de 3 000 exemplaires, même, une réussite dans le domaine de l'expatriation, ici chaque mois les expatriés attendent la Gazette de Bali qu'il connaissent par coeur ! Certes, c'est un gratuit et rempli à moitié par la pub, mais allez ouvrir un journal payant pour les expatriés dans un pays où il y aucun kiosque à journaux ! Et puis, personne ne regarde la pub... En fait, je journal est un véritable réseau social pour toute la communauté francophone (qui n'est pas la communauté française... pensez un peu aux belges et québecois, car ici il y en a !) et les annonces comptent autant que les articles. D'ailleurs, j'ai en charge les pages cultures et sport (oulalala !), soit une page et demi quand même chaque mois, en plus de quelques autres tâches, comme mettre les articles en ligne, mettre à jour le site Internet... La semaine dernière était consacrée au bouclage, pour cela une graphiste designer est venue (elle travaille en free-lance) et pendant deux jours pleins, elle a agencés les articles, les photos, sous l'oeil expert de mon maître de stage et de son acolyte Eric, tous les deux à l'origine du journal. Moment un peu stressant et où il faut tout prendre en compte, corriger, retravailler un travail de plusieurs semaines pour aboutir finalement à la maquette (encore très incomplète), bref très excitant, et en poussant un peu, aussi excitant que de voir un bébé naître (surtout quand c'est le sien) !
Le boulot ne s'inscrit pas dans la routine et il faut être constamment mobilisé. Je crois que Socrate aime tout, sauf le train train quotidien. Pas évident, lorsque d'emblée je dois traduire une pub en français, alors que j'avais jamais fait de marketing... Très dur, comme métier, surtout quand on nous propose deux places gratuites de rafting (j'ai appris d'une passagère du canot que la place coutait plus de 70 US$ !!!) pour ensuite écrire un article dessus, en plus sur les heures de travail. Olalala, épuisant !
Mordre dans le piment à pleines dents

En arrivant ici, je suis un peu décontenancé par l'atmosphère qui y règne, le grand luxe en particulier pour les expatriés qui vivent principalement dans des villas avec piscine et personnel (même les profs de l'école française !), le tourisme de masse qui a transformé le Sud de l'île (le bukit) en Ibiza oriental. Un coup d'oeil dans le journal touristique de Lombok, l'île voisinne qui vante le tourisme de ce coin moins touché par le tourisme de masse uniquement en dénigrant celui de Bali : "Bali is bursting at the seams" (Bali est plein à craquer). Le profil-type de l'expatrié est celui de l'homme, la quarantaine, dans le business des villas, travaillant quelques heures par jour (on les voit dans les cafés proposant le wifi, je me suis déjà attablé à côté de certains qui ne parlaient que fric pendant des heures). Il faut dire qu'ici, c'est un business qui rapporte, quand les autorités (corrompues) sont peu regardantes sur l'état réel du terrain. En fait, en Indonésie, aucun étranger ne peut acheter un terrain, mais c'est par l'entremise d'un local qui se retrouve parfois à signer des contrats sur un terrain qui ne lui appartiendra plus dans les faits pour vingt ans ! L'autre profil-type de l'expatrié est celui - ou celle car d'avantage féminin - du créateur de mode qui vient à Bali pour ses artisans qui "font des produits uniques", dans la mode, les bijoux, la cosmétique et tous les accessoires qui vont avec. Il m'arrive souvent de rencontrer de nouvelles personnes, dans des cafés ou autres et d'entendre : "salut, je suis accessoiriste pour une grande marque de bijouterie de luxe, et toi ?". Bref, comme dirait Louise, c'est pô évident ! Après tout, c'est grâce à ces personnes là que le journal vit !C'est que ce profil-type imprime une image de l'occidental dans le cerveau de l'indonésien qu'il croise à longueur de journée, rien n'est en effet plus pénible de se faire appeler ''boss" dans la rue. Là où je veux en venir, et peut être n'aurais-je jamais la réponse, c'est que cette image de l'expatrié laisse entendre une hierarchie, sans doute issue d'un rapport de domination ?
"bref très excitant, et en poussant un peu, aussi excitant que de voir un bébé naître (surtout quand c'est le sien)"
RépondreSupprimerGéraud, enfin...
bah, fallait bien trouver une comparaison... sur le coup c'est ce qui m'est venu à l'idée. Mais ça reste imagé, bien entendu !
RépondreSupprimerOuais un peu limite la comparaison :)
RépondreSupprimerCa fait un peu moins mal quand même avec un peu moins de risque :p
M'enfin, c'est toi le Boss :)