samedi 30 avril 2011

Histoire de dépoussiérer le blog

Voici un article peu intéressant comparé aux derniers que Géraud a postés. J'ai envie de faire cet article à propos du taekwondo, mais j'attends toujours de prendre de bonnes photos et vidéos avant de le mettre en ligne, chose difficile à faire en ces jours d'examens qui empêchent les gens de venir. J'avais pour ce week-end un bon plan pour partir en voyage, mais il a été annulé, de même que la journée prévue dans le Chinatown d'Incheon, à 2h de Séoul, pour la même raison : le temps. Alors, un article rapide sur le climat coréen, en espérant que je ne radote ni n'ennuie pas, destiné à tous ceux qui, de près ou de loin, ont l'intention d'y passer du temps.

J'avais parlé lors de mon arrivée de cette ambiance étouffante, très chaude et très poisseuse, je m'en souviens parfaitement. Elle n'a pas duré si longtemps, c'était vraiment le cas fin Août. Ensuite, on a eu quelques jours chauds mais secs, sans trop de pluie, durant Septembre. L'automne a été court mais agréable. L'automne coréen est assez sec est la température est moyenne, ni trop froid, ni trop chaud, bref rafraîchissant. Il est l'occasion pour les arbres de prendre des couleurs originales, que j'ai montrées lors de mon voyage à Seoraksan. Les 단풍 (maple leaves en anglais mais je ne sais pas trop quoi en français) sont ces feuilles rouges, parfois entre l'orange et le doré. C'est la période parfaite pour les randonnées. En revanche les nuits commencent déjà à être froides.

Ce qui nous mène à l'hiver. Bon, mon avis va peut-être faussé à ce sujet, puisqu'on nous répète tout le temps qu'il s'agissait d'un hiver particulièrement froid. Mais froid reste un euphémisme pour cette atmosphère à tendance sibérienne. Il n'a pas neigé tant que ça, juste quelques jours, puis les températures sont tombées si bas qu'il ne pouvait plus neiger. Le petit étang près de la cité u était gelé, on pouvait marcher dessus. Donc pas tant de neige que ça, et lorsqu'il vente, même s'il ne fait que -15°C, on ressent bien quelque chose comme -20°C. Aussi, il vente fort, ça ne sert à rien de mettre plus de vêtements, j'ai essayé, ça s'engouffre partout quand même et on a l'impression d'être en t-shirt. Évidemment ça empêche d'entreprendre beaucoup de sorties, mais le bon côté, c'est que c'est la période parfaite pour se rendre dans les 찜질방 (jjimjilbang). Le temps est le même pendant longtemps, ne change pas, tous les jours se ressemblent. Mais c'est aussi une bonne période pour skier, il y a pas mal de montagnes pas loin de Séoul pour ça. Mais on peut aussi relativiser son malheur en se disant qu'en Corée du Nord il fait encore plus froid et qu'ils n'ont pas le chauffage et moins de vêtements !

Après avoir attendu une éternité – j'ai récemment eu l'impression de n'avoir connu que le froid en Corée – le printemps pointe le bout de son nez. Quand je suis revenu du Japon, la neige avait fondu, du moins en ville, mais il faisait toujours froid. La température a augmenté, très lentement, mais il s'est remis à y avoir de petites pluies, pas grand-chose, de temps en temps, qui ont refroidi l'air à chaque fois. De plus, deux sortes de vent soufflent lors du printemps. Le premier, 꽃샘추위 (kkossaem chuwi), signifie littéralement un vent froid d'hiver jaloux des floraisons printanières. C'est une sorte de mistral, bien froid, qui souffle alors que s'il n'y a pas de vent, il fait doux. J'en profite pour dire que c'est bien entendu l'occasion de voir les 벚꽃 (fleurs de cerisier) pousser un peu partout. Le second vent, 황사 (hwangsa), j'ai déjà dû en parler, est un vent de poussière et de sable qui vient du désert en Chine (accentué par la pollution industrielle). Mais j'ai été un peu déçu : les Coréens m'avaient prévenu que c'était horrible, qu'on ne pouvait pas sortir dehors, que ça brûle les yeux et qu'il est difficile de respirer et qu'on voit l'air jaune, mais je n'ai rien vu de tout ça. Un peu d'exagération ou alors ce vent n'a pas soufflé si fort que ça. Il paraît qu'il va y en avoir demain, peut-être vais-je être surpris ? Quoiqu'il en soit, depuis avant-hier, un changement s'est produit. Avant-hier il a plu, mais il faisait toujours assez bon à l'extérieur. Hier soir, un orage particulièrement violent a éclaté. Forte pluie et coups de tonnerre à s'en chier dessus, mais il faisait relativement chaud. Je pense que ce genre d'orages sont typiques de la saison, la température s'élevant.

La transition commence donc vers une nouvelle saison, la cinquième saison coréenne. En revanche, elle a tendance à disparaître, et n'a plus aucun rapport avec ce que c'était quand mes amis coréens étaient enfants. Cette saison est néanmoins courte, fin Mai, c'est la 장마철 (saison des pluies). Elle annonce l'arrivée de l'été. Je n'en ai vu que des photos étant donné que je ne l'ai pas encore vécue, mais ça a l'air intense (장마 signifie littéralement une pluie très forte), un peu comme au Vietnam dans Apocalypse Now. Apparemment, il flotte énormément en continu et il y a beaucoup de vent, ce qui réduit également l'utilité des parapluies et rend la visibilité dangereuse (ce qui n'empêchera sans doute pas les chauffeurs de taxi de faire du 70 à l'heure en ville).

Quand la pluie fait une pause, cela veut dire qu'on arrive en été. Pour désigner le climat à cette période, les Coréens ont le mot 후텁지근 (mon dictionnaire ne donne que la traduction oppressively warm) qui signifie chaud avec une forte humidité. Le sentiment de chaleur en est accentué bien entendu, et tout semble poisseux, collant et sale. Aujourd'hui, bien que mon voyage vers le Chinatown d'Incheon a été annulé, je suis sorti, et le temps y ressemble (bien que pas encore si chaud que ça). C'est-à-dire que tout est mouillé, un t-shirt et une veste suffisent pour sortir. Aussi, on rentre dans un magasin alors qu'il ne pleut pas, on y reste 2 minutes pour retirer de l'argent, en ressortant on se dit qu'on a bien fait de prendre son parapluie. 5 minutes après, on peut ranger le parapluie. Le jour est couvert, on a l'impression qu'il est 19h quand il est 13h, ou alors très clair. Quoiqu'il en soit, en été, les moustiques s'engouffrent partout, la climatisation est utilisée à outrance, et les vêtements collent à la peau. Étrangement, j'aime bien cette atmosphère, ça me rappelle quand je suis arrivé en Corée et que j'ai expérimenté pour la première fois ce climat.

Alors, si vous venez en Corée, lequel de ces climats tous plus hostiles les uns que les autres choisirez-vous ?


Printemps ensoleillé

Les fleurs de cerisier sur Yeouido attirent énormément de monde

Yeouido est une sorte d'île, au Sud du fleuve Han

Image d'hiver

mardi 19 avril 2011

Cremation a la balinaise

La semaine dernière, j'ai pu assister à quelque chose d'assez étrange et que jusque là je regrettais de ne pas encore avoir vu, une crémation à la balinaise. Et pas n'importe laquelle, celle d'un prêtre de la plus haute caste de l'hindouisme balinais, un pedanda. Un midi, je me rendais en effet à mon warung préféré mais ce jour-ci la route était bloquée, plusieurs centaines de personnes en costume de cérémonie rassemblées au milieu de la route, autour d'un espèce d'autel en haut duquel figurait la photo du vieux prêtre. Pas de doute, ce rassemblement annonçait la crémation. Vite, je vais chercher mon appareil photo, car comme durant pratiquement toutes les cérémonies balinaises, la présence d'un étranger ne les indispose pas, même pour cérémonie à caractère familial, comme les crémations ou les mariages. Je ne veux pas me lancer ici dans une explication de la religion balinaise mais simplement retracer ce moment vraiment étrange,et les photos aidant, montrer toutes la différence qu'ont les balinais dans leur rapport avec la mort.




J'arrive donc sur la plage, une foule de balinais en costumes blancs et quelques curieux comme moi se sont agglutinés autour d'un autel un peu étrange en forme de vache à longues cornes, surmonté d'une sorte d'échafaudage en bambou. D'habitude, la vache est de couleur noire, mais ici il s'agit de la crémation d'un prêtre de haut rang, alors allez savoir pourquoi il a le droit à une vache blanche. A côté, des hommes portent un autre autel surmonté d'un trône doré, sur le dossier figure un portrait du défunt, Ida Bagus Ketut, de son nom faisant face à la mer. Comme pour les autres cérémonies, les hommes et femmes ne restent pas ensembles, d'un côté les hommes se regroupent et fument leur grosses cigarettes au clou de giroffle et discutent entre eux sur le ton de la plaisanterie, certains n'hésitent pas à m'expliquer le déroulement très codifié de la crémation et finissent par me raconter des blagues. Certains restent juste à côté du défunt, silencieux, ce sont ses disciples, les seuls qui ont l'air de se recueillir. Ambiance presque de récréation, on mange, on discute, on en oublierait presque que l'on célèbre un mort. De l'autre côté les femmes préparent les offrandes disposées sur une immense table et viendront une par une les porter à la vache, puis un prêtre les prendra et les disposera. Au-delà de leur habituelle élégance, elles ont une coiffure que jusque là je n'avais jamais vu, avec un bandeau jaune dans les cheveux. Commence alors un défilé de personnalités, on les remarque facilement de part leur coiffure bizarre, cheveux longs rabatus et longue barbes, offrandes dans les cheveux, ce sont les pedanda, ces prêtres de la plus haute caste, cannes sculptées à la main. Leur venue est annoncée aux micros, ils viennent de tout Bali pour disposer les offrandes sur la vache et répandre l'eau sacrée. A côté quelques personnes portent le corps du mort enveloppé dans un drap blanc, en plein soleil et je ne doute pas que cela fait quelques jours que son cadavre est conservé ainsi. Ce défilé dure longtemps, les gens s'impatientent en plein caniard. Le corps est finalement placé dans le corps de la vache puis recouvert, et la veuve a du mal à se hisser pour le voir une dernière fois. Au milieu de la foule, une femme tient un paquet d'allumettes dans la main qu'elle tend à un prêtre qui les bénit. Durant toute la cérémonie, un homme chante des prières en balinais. Décors fastueux qui a couté me dira-t-on plus de 200 millions de rupiah, soit environ 16 000 euros (le salaire moyen à Bali est à peine 100 euros par mois).

Tout le reste va très vite. Les hommes enfoncent des trons de bambous de part et d'autres de la vache, répandent de l'huile inflammable et approchent la torche reliée à une bombonne de gaz. Un prêtre finit par y mettre le feu. En moins de cinq minutes, la vache est réduite en cendre. Pendant ce temps là, un groupe d'hommes en costume armés de lances executent une dance guerrière. J'assiste alors à quelques choses de bien étrange. Alors que tout le monde s'est éloigné de l'autel, un homme habillé en paysan tourne autour, penché vers le sol, faisant ainsi semblant de couper l'herbe (bien qu'il n'y en ait pas), allez comprendre ce que cela signifie. Des femmes versent discrètement quelques larment. Le temps presse et je dois partir avant qu'ils ne brûlent l'autre autel avec le trône. Je ne suis pas le seul, les prêtres n'ont plus ne restent pas jusqu'à la fin ! Mais nous sommes arrêtés un instant sur le bord de la route, pour laisser place à un long défilé de femmes portant des paniers d'offrandes sur leur tête, elles sont plusieurs centaines à passer devant moi sans discontinuer suivies d'un orchestre de gamelan.

Voir l'ensemble des photos sur Facebook cliquez ici

mardi 12 avril 2011

Décloîtrés 2


Le nouveau Décloîtré est sorti en version papier distribuee a Rennes ou a lire en ligne :

Clic!

Je suis un peu déçu personnellement qu'ils aient retouchés les articles (surtout sur le mien sur le service militaire), il y a des trucs qu'ils ont changé sans mon accord, mais bon voilà, ça fait quelques trucs à lire.

Flores, entre mer et volcan

En relisant les articles publiés sur le blog, je m'aperçois que je n'ai pas écrit une ligne sur mon voyage à Flores fin novembre dernier, je garde le souvenir d'un excellent voyage en mode backpacker. Après trois mois passés à Bali, le temps était venu pour moi de rendre visite à mon ancien colloque berlinois, Andriy, sur l'île de Flores, à l'Est de l'Indonésie. Désormais prof d'allemand, il avait déménagé pour venir habiter au centre de l'île, dans le village de Mborong. Une bonne raison pour moi d'arpenter l'île, réputée pour ses paysages volcaniques et les cultures uniques préservées. Flores – venant du portugais ''fleur'' – est aussi une île des extrêmes, entre haute montagne et chaleur étouffante des bords de mer, entre pauvreté et richesse culturelle, entre animisme et missions catholiques. J'ai ainsi pu découvrir le pays Manggarai, du nom de cette tribu qui occupe l'Ouest de l'île et dont Andriy est issu à moitié. Entre ciel et terre, entre mer et montagnes, ceci est une incitation au voyage et une invitation à découvrir – à travers aussi les photos - mon voyage transflorésien.

Album photo sur Facebook : cliquez ici

Ende : premiers contacts

J'arrive à Ende le dimanche, en début d'après-midi. Flores se trouve à moins de deux heures de vol de Bali et je passe la plupart du temps à sommeiller et à discuter avec mon voisin, un balinais prof de religion récemment installé à Flores. De mon petit hublot, l'arrivée est impressionnante, on dirait que l'avion va se cracher dans la barrière de montagnes qui se dresse soudain devant nous. Ende est en effet encerclée par les pics montagneux et l'océan indien. Des vaches regardent tranquillement l'avion se poser tandis que des enfants jouent au bout de la piste atterrissage. J'ai l'impression d'avoir changé de pays. Je retrouve ces gens aux visages bourrus et cheveux crépus que j'avais pu entre-apercevoir l'été 2009 lors de mon voyage à Komodo. Les habitants ont le trait presque africain en tout cas loin de l'image qu'on se fait de l'Asie, mais mieux vaut pas leur faire remarquer, ils se vexeraient sinon. Mathias m'attend à l'aéroport avec une feuille et mon nom dessus, bien que je sois le seul blanc à descendre de l'appareil. Andriy est retenu à son école et ne peut en effet pas m'accompagner au début de mon périple et ce sera un cousin à lui, Mathias qui m'accompagnera. Durant les quelques heures avant le coucher du soleil, Mathias me fait visiter la ville. Etudiant l'anglais à l'université locale, Andriy m'avait assuré qu'il parlait bien anglais, en fait pas pas si bien que ça, mais peu importe. Après quelques mois déjà passés à apprendre l'indonésien, ce sera un premier test.

Ende n'offre que de larges avenues bruyantes. Le plus impressionnant est le marché aux poissons (puant), juste à côté de la plage de sable noir remplis de déchets où se baignent des enfants entre les énormes bateaux. Contrairement à Bali, on ne peut pas dire qu'ils soient introvertis et me demandent sans cesse de les prendre en photo. D'autres jouent au takraw, une sorte de volley avec les pieds seulement à deux contre deux avec une balle en rotin. La chambre de Mathias trop petite pour m'accueillir, je passe la nuit dans un petit hôtel à côté.

En route pour le Kelimutu

Le lendemain matin, cinq heures, Mathias frappe à ma porte. Le soleil n'est pas encore levé et déjà on enfourche la moto. Direction le Kelimutu, à deux heures de route de là, où plutôt devrais-je dire sur l'unique route de l'île qui la sillonne d'Ouest en Est. On quitte Ende pour grimper dans les montagnes et le dénivelé est alors vraiment impressionnant. Comme je le verrai aussi plus tard, la route est en proie à des glissements de terrain et parfois on trouve d'énormes rochers le long. Dominant parfois d'énormes cascades au-dessus des rizières au fond de la vallée, le paysage est magnifique, très vert. En même temps, nous traversons à pleine vitesse de petits villages faits de maisons en bambou et au fur et à mesure que l'on avance, je vois les habitants à peine réveillés sortir de leur cabane encore enveloppés dans leur sarong. On arrive au volcan vers 7 heure et le soleil perce à travers les nuages. Après une petite montée dans un sentier, on arrive au premier cratère tout bleu. Mathias est surpris, la dernière fois qu'il était venu, il était plutôt rouge ! Un deuxième cratère se cache juste après, de couleur turquoise cette fois-ci. On monte encore un peu plus loin jusqu'à arriver au plus haut point, dominant les trois cratères. Impossible de les prendre tous trois en photo en même temps, le troisième se cache derrière, d'un noir virant sur le marron. La couleur des cratères contraste vraiment avec le paysage environnant. En fait les deux premiers cratères changent régulièrement de couleur, leurs eaux qui se mélangent aux particules produits par le volcan s'échangent en souterrain, donnant ainsi des palettes de couleur variant à l'infini. Cela a mené à de nombreuses spéculations, et pour les locaux le volcan serait le sanctuaire des âmes défuntes. Le cratère turquoise abriterait celle des jeunes, le bleu foncé celle des personnes âgées et le noir celle des voleurs et bandits. Le silence se fait roi, bientôt troublé par des touristes de Jakarta qui me prennent en photo sans aucun tact, comme si j'étais une bête de foire ! En contemplant ces cratères couleur de diamant, je discute avec un homme qui se distingue des autres touristes. Il habite dans un village à 5 km du volcan et vient ici vendre ses sarong ainsi que du thé aux touristes de passage.

Au retour, nous nous arrêtons au pied du volcan dans la source d'eau chaude qui en émane, plutôt même brulante ce qui n'est pas le plus agréable étant donné la chaleur de début de journée. On s'arrête manger un nasi goreng (riz frit) dans un petit village pas très loin du volcan. Le temps d'être servis, je prends en photo les femmes attendant le bus qui mâchent la noix de bétel, leur donnant un sourire rouge écarlate. A deux pas de là le marché bas son plein, mais l'école primaire est encore plus bruyante. Retour à Ende en milieu d'après-midi et le soleil est vraiment brûlant. Après une courte pause chez Mathias, nous montons dans une voiture, sorte de taxi collectif entre les villes de l'île. Direction Bajawa, presque 4 heures de route étroite et sinueuse derrière des camions surchargés.

Le Wawo Mudah

Arriver à Bajawa, la pluie vient de cesser et l'air est frais, la ville se trouve en altitude. Nous cherchons un hôtel voulant bien nous accueillir, finissons par prendre une chambre un peu miteuse mais pas chère. Mathias avec qui je parle presque en indonésien est vraiment sympa, un peu timide parfois. C'est beaucoup plus facile de comprendre les gens ici, l'indonésien est en effet leur langue maternelle, contrairement à Bali où les locaux apprennent le balinais avant. A Flores ils parlent plus lentement, rendant plus facile la conversation. Mathias me confie qu'à Flores, il n'y a pas grand avenir, dans cette partie sous-développée de l'Indonésie. Il aimerait faire comme son frère qui a monté son agence de tourisme à Bali. Il me propose d'aller voir son oncle, à quelques rues de là, il tient un salon de coiffure et nous sommes introduit à toute la famille, mais c'est principalement la mère qui parle, que je ne comprends pas entièrement ce qu'elle dit mais me fait bien rire en tout cas. En Indonésie, les filles sont très timides, mais une fois mariées, elles se lâchent ! Discussion interminable sur le mariage entre personnes de différentes confessions, elle soutient qu'une telle union ne pourrait pas fonctionner. Je découvre le susu kedelai ou lait de soja qui, une fois réchauffé était vraiment délicieux. On finit par manger, oups j'oublie de réciter la prière, ici on est meilleur chrétien que le pape !

Le lendemain matin, en repassant déposer nos sacs chez l'oncle, une amie de la mère s'invite avec nous. Elle connaît bien les montagnes alentours mais n'a encore jamais vu le volcan. Habituée à marcher dans les montagnes, elle galope à 20 mètres devant nous en ne portant qu'une paire de tongs ! A quelques minutes de Bajawa, nous montons en moto le plus possible sur un sentier très glissant. Le reste se fera à pied, tous les trois mais aussi en compagnie d'un couple de paysans qui construisent un abris dans les montagnes. Comme j'ai déjà vu en d'autres endroits de l'Indonésie, l'homme, carabine autour du cou, porte le bambou sur les épaules tandis que la femme le prend sur la tête. Après deux heures à peine de marche tranquille, j'aperçois des cendres, comme des tâches sur le paysage verdoyant. Puis le cratère nous apparaît. En 2005, le volcan Wawo Mudah est né soudainement et a éclaté tout un pan de la montagne en creusant un gigantesque cratère. Plusieurs petits lacs se sont formés et ont pris une couleur argenté avec les matières dégagées par le volcan. Avec les nuages d'altitude et les troncs d'arbres brûlés, cela renforce encore plus le côté angoissant. L'éruption a du être d'une terrible violence. Retour à Bajawa, la famille de Mathias nous prépare un poulpe pour le déjeuner. Je dois alors quitter Mathias pour continuer mon périple à travers Flores.

Chez Andriy

C'est en compagnie de deux femmes fonctionnaires que se déroule le trajet Bajawa-Mborong toujours à bord d'un taxi collectif, mais je n'aurai pas l'occasion de discuter longtemps, je tombe alors de sommeil. Mborong, petite ville de pêcheurs, c'est là qu'habite Andriy. Il y fait une chaleur épouvantable même à la nuit tombée et les moustiques me dévorent. Je finis la soirée à jouer au badminton en compagnie d'Andriy, des ses parents et de personnalités du coin qui se réunissent tous les soirs pour jouer ensemble, et je me prends une grosse raclée !

Le lendemain, Andriy m'emmène voir son école, à trente minutes de là. Il est désormais prof d'allemand dans ce collège, deux maisons au milieu des rizières et je constitue pour les élèves une véritable curiosité. L'après-midi, nous allons voir son ancien lycée, un internat tenu par les religieux, non mixte, très austère et très catholique. Le soir, Andriy me prouve encore une fois qu'il est un excellent cuisinier en faisant des crêpes que l'on déguste avec de la banane, de la papaye pour remplacer le nutella. Le lendemain, après une baignade rapide entre les bateaux de pêche et après avoir ramené quelques poissons tout frais pêchés à griller, nous partons toujours le long de l'unique route pour finir mon périple avec Andriy, cette fois à moto.

De Ruteng à Labuan Bajo

Le trajet Mborong Ruteng est sans doute la plus belle partie du trajet, nous croisons de profondes gorges, de belles rizières en terrasse ainsi qu'un lac. Ruteng est une petite bourgade en altitude, au cœur du pays Mangarai, n'a rien de particulier sinon les maisons traditionnels rondes et couronnées d'un espèce de totem, pouvant abriter plusieurs générations à la fois, au pied d'un gigantesque volcan dont le sommet est caché par un épais manteau de nuages. Il pleut et je n'ai dans mon sac qu'un short et des tshirts, impossible de faire sécher les vêtements tellement il fait froid et humide, impossible de prendre une douche tellement l'eau est froide. Après avoir rendu visite à de la famille d'Andriy et avoir bu sans doute le meilleur café du voyage, retour à l'hôtel. Le trajet Ruteng Labuan Bajo sera ensuite le plus long, toute une journée durant. Nous quittons Ruteng après avoir rendu visite à la sœur d'Andriy. Quelques kilomètres plus loin, nous crevons et changeons la chambre à air dans un minuscule atelier. Mais après cela nous filons à grande vitesse sur la route qui ne fait que monter et descendre, croisant des petits taxis collectifs où certains voyagent sur le toit avec les valises tellement le véhicule est bondé. Un peu avant Labuan Bajo, nous nous arrêtons acheter une bouteille d'arak, l'alcool de palme plutôt fort, dans ce village réputé apparemment pour ça. L'alcool est vendu dans des bouteilles d'eau minérale le long de la route. Labuan Bajo est la base pour aller voir les dragons de Komodo et on croise alors de nombreux touristes. Néanmoins, Andriy me propose quelque chose d'assez inouï, avec un ami à lui il m'emmène manger du chien dans un petit bouiboui (en Indonésie les warung RW propose se type de plat) loin des restaurants à touristes, et c'était ma fois assez délicieux puisque bien assaisonné, je n'ai pas senti l'odeur de chien. Le lendemain, je reprends l'avion pour Bali, après cette semaine assez incroyable en découverte et en expériences insolites.

Je ne fume pas, je hash...



Le hash sans aucune modération...

Autant prévenir tout de suite, le hash à Bali n'a rien d'un narcotique, même si les effets réguliers sur mon humeur se laissent entrevoir. J'en suis presque devenu accro... C'est aussi ce qui m'a décidé à arrêter de fumer les cigarettes au clou de girofle (kretek) dont tout le monde raffole ici en Indonésie. Le hash pour hash house harrier ou HHH est devenu désormais mon rendez-vous sportif bihebdomadaire. Lorsque les gens me demandent ce que c'est, je leur dit que ça ressemble à une course d'orientation, mais en fait ce n'est pas à proprement parlé comme ca, puisqu'il n'y a qu'un chemin à suivre, sans carte. Ce n'est pas non plus un footing, puisqu'il ne s'agit pas de courir tout le temps, mais parfois de ramper, d'escalader et de franchir des rivières, de petites jungles où parfois on tombe nez à nez avec un lézard voire c'est arrivé un serpent et même des singes. Et si tu te pommes, tu arrives une fois la nuit tombée ! Manière aussi de découvrir de nombreux petits villages et des temples cachés où je ne me serais pas aventurer sans le hash.



Juste à près la Seconde Guerre mondiale, les soldats anglais basés en Malaysie devaient s'ennuyer profondément et ont inventé ce concept. Il parait que qu'on peut en faire partout dans le monde, mais Bali reste le plus beau, avec ses rizières en terrasse où l'on peut courir en toute liberté. C'est aussi le seul moment où je vois des Indonésiens et étrangers ensembles, la plupart sont de petits commerçants de Denpasar, la grande ville, attirés par cette ambiance de cours de récréation. En Indonésie, aller dans les champs et la boue n'est pas très bien vu, seuls les paysans que l'on croise marchent, portant souvent des bambous sur leur dos. Avant la saison des pluies, on pouvait croiser des familles se baignant nues dans les cours d'eau entre les rizières, parfois les femmes lavant le linge en même temps. Parfois je n'aime pas lorsqu'on est trop nombreux, les pourtours des rizières sont étroits si bien qu'ils se détruisent facilement.

Boire ou courir, ici les deux sont possibles. Après l'effort, le réconfort, toujours un camion de bières et sodas accompagnent le hash. Certains Indonésiens ne viennent d'ailleurs que pour ça., faire la fete au milieu des rizieres ou devant un temple, pour quelques heures d'oubli de soi .Une manière de rencontrer d'autres personnes, qui cherchent à faire du sport et s'amuser à la fois tout en traversant des décors uniques.




Athletes Ethiopiens : pourquoi ils sont si forts

Empire, famine, Abyssinie, coureurs à pied. Si les principales images évoquant l’Ethiopie demeurent obsolètes, il en est une qui persiste. Ses athlètes. Présents dans tous les grands rendez-vous internationaux d’athlétisme, les coureurs des hauts plateaux d’Afrique de l’Est trustent les podiums à chaque occasion, et sont souvent vus comme « naturellement supérieurs » face aux autres concurrents. Des commentaires de journaliste sportif qui n’expliquent en fait aucunement pourquoi ces athlètes dominent à ce point les disciplines de la course de fond.

Des symboles et des villas

Et les explications sont nombreuses. L’histoire peut nous en fournir une, en remontant aux premières victoires d’Abebe Bikila au marathon dans les années 1960. De fil en aiguille, les exemples de réussite se sont accumulés pour tous les jeunes athlètes éthiopiens qui visent la réussite sur la scène internationale. Au premier rang de ces exemples, on trouve Hailé Gebrselassie, que beaucoup considèrent comme le plus grand coureur de fond de tous les temps. En Ethiopie, « Haile » jouit d’une aura de rockstar. Hailé Gebrselassie est souvent appelé simplement « l’athlète », et tout le monde comprend de qui il s’agit. Tout le monde l’apprécie non seulement pour ses résultats sportifs historiques, mais aussi pour son engagement social et sa proximité avec les gens. Il est propriétaire d’hôtels dans plusieurs villes du pays, dont un hôtel de luxe au bord d’un lac très touristique, d’un cinéma ainsi que d’une salle de sport à Addis-Abeba. Également propriétaire de la filiale qui importe Hyundai en Ethiopie, son empire commercial emploierait plus d’un millier de personnes. Haile travaille aussi son côté sympathique et accessible en répondant aux salutations dans la rue et en posant pour des séances photo improvisées avec ses admirateurs. Les sportifs peuvent même rencontrer le recordman du monde du marathon en allant dans la salle de sport dirigée par leur idole, lorsque celui-ci n’est pas à l’étranger.

La réussite des athlètes est aussi visible au-delà de ce symbole. En se rapprochant des montagnes du Nord d’Addis-Abeba, dans les quartiers habités par les futurs grands des pistes, nombreuses sont les grosses villas entourées de fils barbelés, et souvent louées à des occidentaux de passage. Ces villas sont nées des premiers gros chèques gagnés sur des marathons internationaux par des athlètes qui souvent continuent à s’entraîner dans les mêmes montagnes, tout en se réfugiant en Europe ou aux Etats-Unis lors de la saison des pluies. Mais si la place que tient l’athlétisme dans la société éthiopienne et la présence de symboles accessibles expliquent la motivation de certains, c’est en se penchant sur l’entraînement des sportifs que l’on comprend le plus de choses…

35 km à Jeun

Pour la plupart des athlètes, les entraînements ont lieu dans la forêt, tôt le matin, par groupes de 4 à 10. L’entraînement ne commence pas avant 5h30 du matin, pour éviter les hyènes dans les bois. Bien que les lieux changent selon le type d’entraînement souhaité, les « collines » d’Entoto – situées à 3 100 m d’altitude - sont très prisées. Il s’agit du lieu d’entraînement des plus grands athlètes éthiopiens ; l’on peut y croiser les soeurs Dibaba ou les frères Bekele. Les marathoniens n’hésitent pas à courir 2 heures à jeun, le matin, à l’eau fraîche sans sucre et dans le froid. Même si ce n’est pas souvent l’image que l’on se fait de la Corne de l’Afrique, il fait souvent 5°C le matin sur Addis Abeba. Une deuxième séance d’entraînement a lieu en fin d’après midi, vers 16h30, après une sieste. C’est une nouvelle heure d’effort que s’offrent les athlètes, avec de nombreuses accélérations. Le terrain, fait de chemins pierreux ou d’étendues d’herbe, jamais plat, oblige le développement d’appuis légers et stables. C’est ce « coup de pied » qui fait la différence en faveur des athlètes est-africains dans les grands rendez-vous internationaux. Car voilà pourquoi ils sont si forts. Loin des légendes popularisées par les journalistes sportifs français, c’est l’entraînement qui paye, et pas ces histoires de jeunes qui dès l’école primaire font 10 km en courant chaque matin pour se rendre à l’école. Le Kényan Paul Tergat, sextuple champion du monde de cross, disait d’ailleurs souvent « non, moi mon école était à 200 mètres de chez moi ». Ces images faussement exotiques d’enfants courant le cahier sous le bras cachent les heures d’entraînement que s’infligent les stars des stades. Heures d’entraînement qui ne sont d’ailleurs pas sans conséquences. Poussés par l’envie de réussite et par des managers éthiopiens ou européens peu scrupuleux, nombreux sont les athlètes tout juste majeurs à s’aligner sur des marathons internationaux ; oubliant au passage qu’aucun corps humain n’est naturellement fait pour courir une telle distance, encore moins lorsque sa croissance n’est pas terminée. Ces entraîneurs incompétents préconisent d’autres pratiques dangereuses parmi lesquelles les séances d’étirements à froid, au saut du lit, ou les longues sorties de 35 km à jeun. Et la fédération éthiopienne d’athlétisme peine à réguler ces abus, faute de moyens. Difficile en effet de veiller à la qualité de l’entraînement des quelques 3 à 5 000 athlètes s’entraînant quotidiennement dans la banlieue d’Addis-Abeba. Mais le succès des meilleurs est toujours dû à leur goût pour l’effort.

dimanche 3 avril 2011

Salut !

Je repensais récemment à quelque chose qui est marquant pour le Français confronté au Coréen dont j'ai oublié de parler jusque-là. Ce quelque chose, ce sont les rapports homme-homme. Je ne parle pas d'homosexualité ni d'attitude, mais bien du rapport physique, des corps. Je m'y suis habitué mais c'est vrai que la première fois, ça m'avait bien étonné (et c'est le point de départ de l'ethnologie !). J'explique.

À Tokyo, avec Géraud, nous avons rencontré deux Coréens, une fille et un gars, avec qui nous avons sympathisé et même pris ensemble le déjeuner. Au moment de se séparer définitivement, le gars me serre chaleureusement les mains et le bras, me signifiant ainsi qu'il était heureux de m'avoir rencontré. Il fait de même avec Géraud et nous nous quittons. C'est alors que Géraud me déclare : « j'ai cru qu'il allait m'emballer... » ! Oui, je m'y suis fait, mais ça m'a rappelé que la première fois j'étais dans la même situation, assez étonné par ces façons de faire. Cette première fois doit remonter à quand je suis rentré dans le club de taekwondo (d'ailleurs je devrais prendre des photos et vidéos bientôt pour faire un article dessus enfin). Le « leader » du club, aussi celui qui a reçu la médaille d'or au tournoi national des clubs de taekwondo des universités coréennes en Novembre dernier, est un type très riant. Avec les nouveaux du club, ça lui arrivait de passer derrière le dos, leur caresser les épaules, ou bien pendant le repas passer ses mains dans les cheveux du type assis à côté de lui affectueusement. Je me suis souvent répété que je n'irai jamais dans les douches avec lui. Mais en fin de compte, il n'y a rien de particulier : les Coréens, hommes (je ne sais pas trop pour les femmes mais je n'en vois pas trop agir ainsi) et jeunes se touchent facilement. Je me suis rendu compte que le rapport au corps pour le Français que j'étais était finalement très distancié. Avec les ami-e-s, on se serre la main, on se prend dans les bras, on s'embrasse, mais on ne se touche pas. Ça fait trop « pédé ». Et bien, il y a encore quelques jours, j'étais avec des potes coréens. L'un d'entre eux rencontre un ami, ils se serrent la main, mais ne se lâchent pas la main, et quand bien même chacun est pressé de partir, le temps d'une très rapide discussion, ils se gardent la main dans la main, se caressent la main l'un de l'autre. Vision insupportable pour le civilisé que je suis, bien entendu. Un ami chinois aussi, quand il est joyeux, me passe le bras autour du cou quand nous marchons côte à côte. Maintenant je m'y suis fait à toutes ces pratiques, mais j'y avais repensé quand Géraud avait été surpris à Tokyo, ça m'avait faire sourire, parce que oui, de notre point de vue, c'est très bizarre...

Aussi, comment se saluer en Corée ? Il y a plein de livres destinés aux étrangers pour appréhender la pseudo culture coréenne. Parce qu'il paraît que si on fait un pas de travers ils veulent vous assassiner après dans votre dos. La vérité est, elle, bête et méchante : les Coréens sont aussi des individus avec leurs préférences personnelles, et, pour la plupart, sont compréhensifs et naturels avec leurs interlocuteurs. La solution est donc d'être naturel au moment de les saluer ! Bien sûr, n'allons pas trop vite en besogne, il y a quelques différences à souligner. La bise tout d'abord. À chaque fois que je rencontre Dahyun ou Sora, les deux coréennes qui étaient en échange à l'IEP l'an dernier et qui parlent Français, nous nous faisons la bise, normalement. De quoi faire tourner le regard des gens autour, et quand je suis accompagné d'un non-Européen, de quoi m'entendre demander si c'est ma copine ou non. Même pour une bise sur les joues ! Alors des Coréens, des Chinois ou des Japonais qui s'emballent à pleine langue, ça existe bien entendu, mais en privé. Même un bisou sur la bouche nécessite de la discrétion. Dire bonjour en Coréen (en terme de posture corporelle) varie bien entendu selon l'interlocuteur, comme en France. En général, la première fois, les deux personnes s'inclinent (ou davantage même si l'on devine que l'autre est une personne d'importance). Sinon on se serre la main, on s'embrasse (au sens de hug plus que de kiss) pour les plus intimes. Entre amis, se prendre la main n'est et se serrer dans les bras n'est pas une marque d'étrangeté. En revanche, deux hommes qui marchent seuls dans la rue en se tenant la main, ça veut dire la même chose qu'en France (sauf qu'en France il est de plus en plus possible de s'assumer publiquement, alors qu'ici l'homosexualité, si elle est tolérée, n'est pas dévoilée). En outre, entre amis on ne s'embrasse pas, on n'utilise pas les lèvres. Enfin, pour dire au revoir, si on vient de passer du bon temps ensemble, il est normal de s'embrasser (hug encore). Si on vient juste de se voir, de manger ensemble, ou n'importe quelle simple occasion, il y a ce que j'appelle le phénomène nul. Rappelez-vous La Cité de la Peur, à la fin, quand les deux types appellent à pleine voix « Odiiiiile ! » qui est en fait à un mètre d'eux. Le phénomène nul, c'est quand deux Coréens se séparent, et qu'ils se font des gestes de bras pour dire « au revoir » ou « coucou » comme s'ils étaient à une cinquantaine de mètres de distance, alors qu'ils sont en fait en face l'un de l'autre.

Allez, une dernière note pour la route. Peut-être avez-vous vu quelques photos de moi avec des Coréens, Japonais ou Chinois. Avez-vous vu systématiquement ce qu'ils font ? Les deux doigts en V, à chaque fois. Alors sur une photo avec 10 Asiatiques, vous avez 20 mains bien visibles (au détriment des visages parfois !) qui font leur V. Impossible de savoir pourquoi, à chaque fois que je demande, c'est juste « comme ça », sans raison particulière. Alors bon, plutôt que de déclencher une révolution intellectuelle, je me foule dans la masse en faisant des V à mon tour... À savoir que cette pratique est ancrée très profondément dans les comportements face au photo. Dès tout petits ils sont socialisés à faire ainsi : j'ai vu un gamin qui venait à peine d'apprendre à se tenir sur ses jambes, et pour une photo, faisait déjà le signe ! S'agirait-il là d'un symbole puissant ? S'agit-il d'un doigt d'honneur au reste du monde ? Décidément, le monde est plein de mystères...


Exemple tiré de ce bar de Tokyo où nous avons sympathisé avec d'autres clients et la barman (photo de Géraud)

mardi 29 mars 2011

Corée du Nord, troisième acte

Étant donné que l'article ne sera pas publié sur la version papier de Décloîtrés, autant le mettre en ligne en avant-première !

Il est 11h du matin et nous avons rendez-vous à la base de l'armée américaine au cœur de Séoul pour une visite touristique un peu particulière : la DMZ ou DeMilitarized Zone, ce cordon de sécurité de 4km de large le long du 38e parallèle, instauré par l'armistice de 1953 et qu'il est possible de visiter par le biais du service « culturel » de l'armée américaine. Ce jour-là, en dehors des quelques curieux que nous sommes, la plupart des autres visiteurs sont des soldats américains venus découvrir le boulot de leurs compatriotes. Durant le trajet, une heure à peine de la capitale, une jeune accompagnatrice sud-coréenne tente de donner quelques faits sur la situation du conflit, mais ses explications restent bien souvent maladroites : « Nous avons fourni de l'aide alimentaire aux Nord-coréens durant la famine. Cette aide n'a pas été redistribuée mais a servi à l'armement »... Ben oui, c'est bien connu, l'armée nord-coréenne se défend désormais avec des pistolets à patate !

Arrivés sur le site, on aperçoit les champs de mines entourés de fils barbelés, des barrières entrecoupées de miradors et des obstacles antichars. Mais malgré ce dispositif, déjà 4 cars de touristes sont stationnés sur un parking à côté du musée. Nous devons signer une décharge comme quoi ni le gouvernement sud-coréen ni le commandement de l'armée américaine ne sont responsables s'il nous arrive malheur durant la visite. Les incidents sont en fait très rare, on apprendra plus tard qu'il existe le même type de visite du côté de la Corée du Nord, réservées à certaines personnalités. Les choses sérieuses commencent avec la descente dans le tunnel d'infiltration, creusé par l'armée nord-coréenne sous la DMZ, courant à plus de 70m sous terre. Le tunnel fut découvert avant qu'il aboutisse, mais avait déjà franchi la frontière du côté sud-coréen sur plus de 200m. On le remonte alors jusqu'à atteindre une lourde porte blindée signalant que l'on est presque rendu en Corée du Nord. C'est alors qu'on se disait que si l'armée nord-coréenne décidait d'enfoncer cette porte, elle déboucherait sur la boutique à souvenirs du tunnel... Prochaine étape : « Dorasan Station », dernier avant-poste ferroviaire avant la Corée du Nord et qui n'est à l'heure actuelle rien d'autre qu'une grande gare déserte. C'est par cette ligne là que transitait l'aide humanitaire à destination de Pyongyang à partir de 2003 jusqu'à la rupture des relations en 2008, mais tout a été conservé dans l'espoir d'une possible ouverture, à commencer par l'inscription sur le panneau d'affichage : « Not the last station from the South, but the first station toward the North ». Jusque là le tour ne comporte rien de bien intéressant et se résumerait presque à une attraction de Disneyland et nous commençons à regretter de nous être inscrits à ce tour pour GI américain en manque de sensations fortes.

À mesure que nous nous rapprochons de plus en plus de la frontière, nous sentons le poids du conflit et nous sommes maintenant escortés par deux soldats américains sensés nous protéger, en fait plutôt là pour contrôler qu'on ne prenne pas de photo des installations militaires. Nous arrivons à un poste d'observation et la Corée du Nord est désormais à porter de jumelle, du moins ce qu'on nous laisse apercevoir, c'est-à-dire Gijeong-dong, le village fantôme en territoire nord-coréen servant la propagande du régime, où flotte un immense drapeau nord-coréen. La Corée du Sud n'est pas en reste puisqu'en face elle aussi a érigé un village modèle où vivent encore quelques paysans richement payés mais quasiment assignés à résidence. C'est à cet observatoire que nous rencontrons des jeunes sud-coréens qui effectuent leur service militaire et se prennent en photo avec en arrière-plan la Corée du Nord. Enfin, nous arrivons au moment fort de la visite, Panmunjeom, à l'endroit même où fut signée l'armistice de 1953 dans les préfabriqués bleus de l'ONU posés à l'endroit même de la frontière banalisée par une simple dalle de béton. Particulièrement impressionnants les soldats d'élite sud-coréens gardent une position défensive de taekwondo et un visage sans expression digne des gardes de Buckingham Palace, malgré la présence de nombreux touristes. Un officier nord-coréen nous observe de loin avec des jumelles, et un GI plaisante : « Now you can take picture of them and put them on your Facebook, because you are already on the North Korean Facebook ! ». Nous entrons dans le préfabriqué où se trouve la table des négociations. Un soldat sud-coréen garde la porte fermée du côté Nord (seulement le temps de la visite), nous autorisant ainsi à mettre les pieds en Corée du Nord, l'espace de quelques instants.


Panmunjeom, le village scindé en deux où on approche la Corée du Nord au plus près

500 wons pour s'amuser à regarder une ville en carton

Toute la rivière est entourée de fils barbelés pour empêcher des espions nord-coréens de venir au Sud en passant sous l'eau

mercredi 23 mars 2011

Les degats de la loi antiporno

Hier soir, j'étais dans l'unique cinéma de Bali, devant le film The American (par ailleurs très mauvais), quand what the fuck je me suis aperçu que le film avait été volontairement raccourci à certaines scènes. Par n'importe lesquelles : les scènes se déroulant au lit qui laissent entrevoir les corps nus. Pourtant, ce film, avec comme personnage principal Georges Clooney n'avait rien de plus d'obscène que de montrer un tatouage sur ses fesses. C'est dire, le niveau de la censure !

Je me suis alors souvenu d'une discussion que j'ai eue avec Eric, journaliste à La Gazette de Bali et collectionneur de films en tout genre, et qui me disait que la censure actuelle en Indonésie est beaucoup plus forte à l'heure de la démocratie qu'au temps de Suharto (des années 1970 aux années 1990), où les « films à papa » fleurissaient en toute liberté, certaines actrices bien roulées devenant de véritables stars à l'échelle du pays. Comme quoi la periode de democratisation que vit l'Indonésie depuis la chute du dictareur ne va pas qu'en faveur de la liberté d'expression.

La faute surtout à la loi anti-porno, votée en 2006 et réactualisée en 2009, véritable épée de Damoclès au-dessus de tout le monde, qui condamne sévèrement pour chaque bout de fesse et de seins montré en public.

Des cas extrêmes des effets de cette loi

Quelques exemples en date dont celui qui fait le plus de bruit dans les médias, le cas d'Ariel Peterpan, chanteur pop qui avait la manie de se filmer lors de ses ébats sexuels. L'an dernier, un proche aurait mis au grand jour sur YouTube les vidéos secrètes, l'entrainant dans une descente aux enfers, les musulmans les plus conservateurs et les politiciens jouant les marionnettes outrées demandant même la tête de « Peterporn ». Il a finalement pris 3 ans et demi de prison le mois dernier, une peine plus lourde que certains prennent pour corruption. Allez hop, en prison pour s'être filmé au lit ! Inutile de dire que ses partenaires, appartenant toutes au gratin des starlettes indonésiennes n'ont rien eu, peut être étaient-elles mariées à des personnalités politiques... Autre cas très célèbre : le rédacteur en chef de la revue Playboy Indonesia croupi en prison lui-aussi à peine les premiers numéros du magazine sortis, et encore une version bien plus soft qu'en Europe. Ce ne sont ici que les plus médiatisés, le milieu de la presse est sans cesse attaqué au nom de cette loi, entravant pleinement la liberté de la presse et d'expression, toutes deux garanties pourtant par la Constitution indonésienne. Le Jakarta Post avait comptabilisé une soixantaine de procès à l'encontre des quotidiens et magazines indonésiens en 2010. En décembre dernier, j'avais rencontré une indonésienne qui avait voulu posé pour son propre plaisir avant que la police l'intimide. La Gazette de Bali n'en a pas (encore) été la victime, sans doute parce qu'il ne cible qu'un lectorat bien Français, bien que Socrate, mon maître de stage m'ait révélé que le journal avait fait de cette loi son cheval de bataille. Autre réaction : chaque année, il propose à ses amis photographes de faire un calendrier dont le thème se rapporte au nu, en invitant de nombreux photographes indonésiens généralement ravis d'y participer quoique parfois un peu anxieux d'aller plus loin que ce que la loi le permet.

La loi anti porno tue (la créativité et les pratiques culturelles)

J'étais loin d'imaginer jusqu'où cette loi pouvait aller : toute la société est concernée par cette loi, de l'artiste branché de Jakarta jusqu'au Papou dans sa jungle simplement paré d'un étui pénien, cette loi bride surtout la créativité. Il y a quelques mois, j'avais eu l'occasion d'écrire un article sur le Joged Bumbung (a lire ici), cette danse Balinaise où la danseuse invite un homme à danser avec elle, dans une forme de coller-serrer assez sensuelle. L'an dernier, donc, les autorités culturelles à Bali ont jugé cette danse trop pernicieuse et avaient décidé d'établir un code pour les danseuses. Là aussi, la loi antiporno avait frappé. Cette loi risque bien d'éteindre un certain nombres de pratiques culturelles chez certaines ethnies qui fonctionnent avec un code moral différent, comme en Papouasie où nombre de tribus vivent encore à moitié nus. A Bali, il m'arrive d'apercevoir hommes et femmes se baignant nus dans les rivières entre les rizières, un acte de purification hindou semblable à la baignade dans le Gange en Inde qui tombe aussi sous le coup de cette loi.

Sexualité et hypocrisie générale

Ce serait faux que d'expliquer entièrement cette loi par la présence en politique de religieux conservateurs, en particulier musulmans, puisqu'ils sont en effet minoritaires, les partis politiques musulmans ne recueillant à peine 10% des suffrages aux élections législatives. En fait, cette loi fait parti de ce que j'observe comme une sorte d'hypocrisie morale à l'égard de la sexualité encore sous le prisme de la religion et de tous les tabous à l'égard du sexe, sans doute accentuée par l'absence d'éducation sexuelle. Pour le législateur indonésien, faire voter cette loi revient à penser qu'on peut contrôler les corps contre les pulsions sexuelles, faire de l'homme et la femme un être asexué avant le mariage.

Cela n'empêche pas de trouver des films porno dans chaque vendeur de DVD. A Bali, les peintres continuent à vendre des tableaux aux figures dénudées, comme quoi la censure n'atteint pas tout.

mardi 8 mars 2011

Le Japon, du shinto au porno

S'il faut résumer notre voyage au Japon en quelques mots, les mots « putain mais c'est complètement ouf », « fatty salmon », « amazingly expensive », « mate la fille qu'a une jupe ras-la-moule là-bas » me viennent à l'esprit. Pour essayer d'éviter de se contenter de préjugés, je vais tenter de détailler un peu ce voyage nippon d'environ deux semaines. Il y a en effet énormément à dire, beaucoup à montrer, c'est pourquoi on va faire des choix tout en essayant de raconter ce qu'on a vécu de plus intéressant. Géraud s'occupera des photos sur Tokyo et Kyoto, villes sur lesquelles j'écrirai, mais j'illustrerai sa prose sur Nara et Osaka de mes photos. Par manque d'imagination, voyons ce que ce voyage a donné dans l'ordre chronologique.




Tokyo

J'ai retrouvé Géraud le samedi 19 février au soir dans le quartier d'Asakusa, qui fait office de coin à touriste en quête de vieilleries. Un peu excités par les retrouvailles et l'idée d'être au Japon, nous sommes allés découvrir l'endroit, un peu vide la nuit cependant. On a fait notre premier bar à sushi local, avec le petit train roulant et tous les plats... et on a eu pour l'occasion le droit de découvrir que ce voyage s'annonçait cher. En se baladant, nous avons aussi découvert le premier salon de pachinko, des machines à jeux d'argent dont on n'a toujours pas compris le principe. En tout cas c'est très bruyant... Nous avons aussi pu voir la première justification au titre de cet article : un salon interdit à la fois aux étrangers et aux moins de 18 ans. On a commencé à se rendre compte que dans ce pays si moderne qu'est le Japon, il y a une drôle d'approche du sexe...

Le deuxième jour, les hostilités ont pu commencer. Le matin, nous avons fait dans le sobre en visitant Asakusa de jour, les boutiques à souvenirs, etc. Nous avons vu quelques bâtiments bouddhistes, assisté même à une cérémonie de méditation. Les gens mettent dans un grand tas de cendre des bouquets d'encens avec des symboles bouddhistes qui rappellent malheureusement les fusées V2. Aussi, avant de lui donner de l'argent et de lui rendre une prière, les croyants caressent, voire exécutent un massage express au petit Bouddha doré qui leur fait face. Entourés de superstition, les temples proposent de nombreuses boîtes où les gens jettent de l'argent pour réaliser leurs souhaits, ou pour tirer un papier qui leur prédit l'avenir, ou ce qu'il convient de faire dans un futur proche. Après Asakusa, nous avons mangé un bento (petit plateau repas à faire réchauffer au micro-onde, un des plans les moins chers que l'on a trouvé durant tout le voyage pour manger), oui, tant qu'à faire, on rappellera tout ce qu'on a mangé histoire de ne pas oublier. L'après-midi, on a essayé de continuer dans l'historique, mais on a fait face à la déception cette fois-ci. Le château impérial est, comme Buckingham Palace, entouré de jardins où il fait bon se balader et où la famille impériale vit, mais contrairement à Buckingham Palace, on ne peut visiter ce palais que deux jours par an. On a dû se contenter de jardins sous un ciel grisâtre, et on n'a même pas pu rentrer dans l'enceinte du palais pour voir plus de jardins car il était déjà trop tard. Déçus par le Tokyo historique, nous avons pris le métro pour Akihabara, le quartier pour l'électronique. Là, on n'a pas été déçu, les immeubles gigantesques, les écrans de télévision géants qui diffusent des pubs en continu, les buildings de jeux vidéos, une boutique de hentai (mangas pornos), des magasins qui vendent de tout sur plusieurs étages (dont des figurines un peu « dénudées », si tant est qu'une figurine puisse être dénudée), les filles habillées dans de drôles d'accoutrements pour refourguer des flyers aux gens dans la rue... Mais cela, encore, n'a rien à voir avec Shibuya (nous avions un rendez-vous avec des gens de l'auberge de jeunesse pour un restaurant où quand on entre on vous passe une camisole de force et dans une ambiance d'asile de fou, mais nous avons raté le rendez-vous), le Tokyo le plus fou que l'on ait pu visiter. Shibuya n'est pas tant un quartier de fêtards que ça, pas tant futuriste que ça, c'est le côté fashion qui est complètement dingue. Le nombre de jeunes que l'on a pu voir avec des coiffures improbables (certains diront coiffures de pédé), de filles aux fringues multicolores et aux yeux repeints au mascara au point de ne voir qu'une tache noire en guise d'yeux, des Japonais blonds en costard en cuir, des Japonaises en poupée... À ce propos, nous sommes arrivés totalement par hasard devant ce qu'on a appris par la suite être un maid bar. Des filles avec des couettes, habillées en rose dans un bar tout rose, maquillées et souriant comme des imbéciles heureuses, nous ont invité à rentrer sous l'enseigne de l'établissement : « Welcome home, my master ». On a appris que ce genre de bars n'avaient pour utilité que de faire boire le client un peu solitaire, où les serveuses rigolent à chaque fois qu'il dit quelque chose, l'écoutent, etc. Le moment que j'ai personnellement ressenti comme le plus intéressant est celui où Géraud a voulu prendre la demoiselle qui nous a accueilli en photo. On dit souvent que les Japonais ont une sorte de double personnalité, cachent ce qu'ils pensent vraiment. Et bien, l'appareil photo leur a fait tomber le masque. À peine l'appareil photo sorti, elle a caché l'objectif en disant « no photo », avec un visage très sérieux, qui rompait brutalement avec l'ambiance gamine qui y régnait. On a pu voir pendant l'espace d'un instant que cette fille ne voulait pas être prise en photo dans cet accoutrement, et cela nous a laissé nous imaginer que ce genre d'endroit peut être plus malsain qu'il n'y paraît. Évidemment, une fois l'appareil photo rangé, la comédie a repris avec les petits sourires et les rires aigus. Nous sommes repartis avec la fierté d'avoir vu son vrai visage un court moment. Après avoir visitant un magasin de capotes et mangé dans un tout petit restaurant des udon, grosses nouilles épaisses dans un bol de potage, nous sommes retournés à l'auberge.

Le jour suivant, nous avons découvert qu'il ne faut pas se fier aux plans foireux du lonely planet pour les repas. Les adresses qui y sont indiquées, si elles ne sont pas introuvables, relèvent du parcours du combattant. À cause d'un restaurant manqué, nous avons pris le premier restaurant chinois sous la main avant de poursuivre notre voyage. Partis pour Ginza, nous avons encore été déçus (mince alors !). Sans s'y attendre, on est tombé dans le quartier très chic de Tokyo, où en tant que backpackers on ne s'est pas vraiment senti à notre place. Nous avions un rendez-vous avec Hiromi, une Japonaise que j'ai rencontrée dans mes cours intensifs de Coréen d'hiver, qui m'a proposé de nous guider un peu. Après toutes ces déceptions, à être tout seuls dans un pays où l'on ne comprend pas grand-chose, nous n'avons pas craché dessus. Partis pour Shinjuku, nous avons passé la meilleure (à mon sens) soirée du voyage. Elle a commencé par nous montrer un de ces grands magasins où l'on trouve de tout, en vrac : des strings pour hommes se mêlent aux caleçons Naruto, des tenues en latex pour femmes (Santa Claus, soubrette, semblant de Waffen SS et j'en passe) rangées à côté des uniformes pour collégiennes et lycéennes... Nous sommes ensuite allés dans une de ces salles de jeux vidéo où nous avons expérimenté un jeu de tambour et un Mario Kart en arcade (mais les prix sont quand même chers pour ce que c'est), et fait des photos toutes retouchées (le truc de gamines). Hiromi nous a mené dans un gratte-ciel d'où l'on avait une pleine vue de nuit de tout Tokyo, encore plus impressionnant que Séoul. Elle nous a invité dans un restaurant à l'ambiance très traditionnelle où l'on a mangé comme de vrais rois un nombre important de plats dont il m'est impossible de me rappeler le nom. Nous avons achevé la soirée dans un karaoke où j'ai pu me rendre compte qu'il y a un peu plus de choix que dans les noraebang coréens. Notamment en chanson française : Géraud a fait vibrer ses cordes vocales sur Tomber la chemise de Zebda, mais celles-ci n'étaient pas assez chevrotantes pour tenter Édith Piaf.


Le jour suivant, j'étais assez crevé, la journée a assez mal commencé. En dépit de ça, nous avons partagé des ramen avec deux Coréens de notre dortoir de l'auberge. Après s'être reposés, nous avons pris la direction d'Ikebukuro, encore un quartier pour le shopping (à croire qu'il n'y a que ça à Tokyo). Mais c'est un quartier un peu plus original. On a trouvé une librairie d'occasion qui vendait de toutes sortes de mangas d'occasion (pour les connaisseurs, même du porno gay avec les personnages One Piece), vraiment pas chers, au point d'en regretter de ne pas savoir un mot de Japonais (j'exagère, on a vite saisi arigato, konnichiwa et sumimasen). On a trouvé un magasin où j'ai pu m'acheter un faux boob (une boule anti-stress en forme de sein). Le soir, nous sommes retournés à Shinjuku pour revoir Hiromi dans un kissaten, les coffee shops japonais, qui n'a en fait rien de particulièrement japonais en dehors du prix... Devant partir plus tôt, elle nous a indiqué un petit restaurant où nous avons dégusté du thon cru et des yakitori (des brochettes de viande qui allaient nous poursuivre tout le long de ce voyage). Après avoir essayé un jeu semblable à guitar hero, nous avons cherché un bar (étonnamment peu répandus). Sur le chemin, des gros noirs qui nous vendent des filles : « Vous cherchez un jazz bar ? J'ai pas de jazz bar sous la main mais j'ai des jazz girls rien que pour vous ! », « Come on guys, you have a dick, I have a dick, my girls want to meet you ». Géraud a réussi à nous en débarrasser en nous faisant passer pour un couple gay... Enfin nous avons trouvé un bar où nous avons rencontré des Japonais très surpris de nous voir mais malgré les difficultés de communication qui avaient bien envie de discuter avec nous. Au programme : une fille qui est entertainer (actrice de films dont on a trouvé aucune référence sur internet), un patron d'entreprise totalement bourré... Enfin, nous nous sommes rendus là où nous devions passé notre dernière nuit tokyoite : un manga kissa. Cela renvoie aux salons de PC. A priori rien de surprenant comme ça existe aussi en Corée. Sauf que là, on peut y dormir, il y a une douche, des rayons entiers de mangas de tous genres (y compris porno à tendance pédophile !), une cabine à UV, café gratuit... Bon il faut avouer que ce n'est pas la meilleure nuit que j'ai passée, sachant qu'on voulait juste y dormir. En termes de confort, on fait mieux, mais l'expérience était déjà assez surprenante (nous nous sommes aussi rendu compte que c'est la même boîte partout dans le pays : les média cafés Popeye).

Pour le dernier jour, nous avions laissé nos gros sacs dans des lockers, présents dans chaque gare et station de métro, de toutes tailles, en tout cas bien pratique pour ne pas avoir toutes les affaires sur le dos toute la journée. Nous sommes retournés à Akihabara pour finir quelques emplettes (Géraud était en quête désespérée d'une figurine de manga pour sa bien-aimée). Nous avons encore vu plein de filles dans la rue habillées de la façon la plus loufoque possible tout en distribuant des flyers (on commençait vraiment à en avoir marre de ces gens qui vous haranguent partout), et qui refusaient systématique à Géraud de se faire photographier avec elles ! Nous avons aussi découvert par hasard un sex shop sur 4 étages, avec des trucs à l'intérieur, non franchement, vraiment dégueulasses, c'est pas possible quoi... Un peu écœurés à voir du porno partout depuis cinq jours, nous sommes retournés à Ikebukuro, un peu plus fou de nuit. Comme nous devions prendre un bus de nuit pour Kyoto, une femme surgie de nulle part nous a proposé de l'aide. Très amicale, simplement quand les Japonais nous ont proposé de nous aider à chaque fois, ils compliquaient tout en allant voir cinquante personnes, en passant des coups de fil pour recueillir un maximum d'information, mais le tout en Japonais sans trop nous traduire... Enfin, nous avons pris notre dernier dîner dans un petit restaurant à l'ambiance très sympa, plein d'hommes d'affaires, et où le serveur a choisi pour nous différentes brochettes de yakitori (avec du cœur, des reins, du genou de poulet...), comme on ne pouvait pas lire la carte. Nous sommes allés prendre notre bus pour Kyoto, qui est un moyen moins cher de s'y rendre, mais ce fut la plus inconfortable des nuits passées au Japon, qui m'a valu pour moi de chopper la crève.



Kyoto

Il faut avouer qu'on était assez fatigué de Tokyo, la vie y est très rapide, de la foule partout, du son qui vient partout... Kyoto fut la destination parfaite pour enchaîner avec Tokyo, comme nous avons pu nous y reposer dans son calme tout en profitant de notre position de touriste. Dès le début, nous sommes allés voir des autels shintoïstes, dans un petit parc très mignon et calme. Sur le chemin, nous avons rencontré un prof de Japonais pour les étrangers qui parlait bien Anglais, qui se rendait au même autel que nous avec sa mère, les deux en kimono, ou alors dans un habit traditionnel dont le nom m'échappe. Il nous a fait un topo sur Kyoto, le Kansai (la région au Sud de Honshu qui inclue Kyoto, Osaka, Nara, Kobe...), le shintoïsme et le bouddhisme. Il nous a donné également quelques conseils pour la suite des visites à Kyoto. Nous sommes allés dans la foulée voir le golden pavillon, qui, comme son nom l'indique, est tout doré. Les prix des entrées pour les temples et les musées suivent malheureusement le niveau de vie Japonais (et pas de réduction pour étudiant). Ensuite, nous avons vu un jardin zen, où curieusement le mot de zen semble signifier « mettre du gravier en ligne ». L'heure tournant, nous nous sommes perdus, affamés au moment de déjeuner, au milieu d'un labyrinthe de petites rues qui se ressemblent toutes, incapables de se repérer. On a demandé à des Japonais de nous aider, qui ont discuté entre eux pendant 10 minutes de comment se rendre là où nous voulions aller, et qui ont sauté dans le bus sans nous indiquer le fruit de leur discussion sitôt le bus arrivé... Bref, on a trouvé une sorte de fast-food japonais, puis après une sieste à la nouvelle auberge de jeunesse, nous nous sommes dirigés à Gion, le quartier où l'on est censé pouvoir voir des geishas. Ça, on ne le savait pas encore, mais vu l'heure on n'en a pas rencontré de toute façon. Dans un restaurant au hasard, on a rencontré un pianiste et une chanteuse de jazz qui mangeaient juste avant une représentation dans un petit bar pas loin. On a juste regardé sur leur portable des vidéos d'eux, car l'entrée à 20€ nous a un peu rebutés...



Le lendemain, après la journée temples d'hier, on a cherché à innover. On s'est fait un bento le midi, et en voiture Simone pour le château Nijo, qui je ne sais pas trop à quoi il servait mais c'était à voir apparemment (à ma décharge les explications étaient surtout en Japonais). En tout cas l'intérieur est très classieux : ça montre que les Japonais avaient du goût avant de commencer à s'habiller comme des personnages de mangas. À ce propos nous avons dû demander à des lycéennes après le château de nous guider au musée international du manga à Kyoto, qui avait l'air de servir surtout de bibliothèque à mangas pour les Japonais. Mais c'était tout de même un musée assez intéressant où il y a pas mal à apprendre sur le manga, avec une perspective historique et comparative. Pour finir la journée en beauté, nous avons tenté le fameux onsen, plus connu sous le nom de source thermale. Si globalement je préfère le jjimjilbang coréen, il y a des différences à souligner. Dans le onsen, le sauna (chambre chaude) est secondaire face aux bains. Aussi, je m'attendais à un truc qui renvoie davantage à l'imaginaire japonais, en extérieur, avec de l'eau naturelle. Apparemment l'eau des bains était vraiment chauffée naturellement, mais versée dans des bassins de piscine, ce qui était moins amusant pour l'ambiance. Cependant, il y avait quand même un bain en extérieur, très agréable, et un bain électrique (qui envoie des décharges électrique quand on passe dedans... c'est vraiment pas agréable ça par contre). En conclusion, comme le jjimjilbang, on en ressort très relaxé, et empli de culture étrangère, si l'on considère que les vieux qui nous reluquent la bite fasse partie de la culture étrangère. On s'est refait un fastfood japonais pour le dîner, et nous avons rencontré deux jeunes de Hong Kong à l'auberge, qui travaillent dans la restauration. L'un d'entre eux nous a parlé longuement de cuisine française et de fromage, et on s'est rendu compte pour la première fois depuis le départ de France qu'en fait là tout de suite, un bon petit fromage de chèvre, ou un camembert, ça ferait plaisir aux papilles...

Le jour suivant, on engloutit un bento, et pour notre dernière journée à Kyoto, on se rend au Fushimi-Inari, dans la banlieue, pour une petite randonnée inattendue. Déjà à la gare, on se paume complètement entre les trains express, rapid express, ultra express, vachement express, etc. Ça n'est pas grand-chose mais ça fait partie de l'aventure : on se retrouve au trou du cul du monde sans trop savoir pourquoi... Arrivé au Fushimi-Inari, on découvre une forêt où tout le chemin fait passer les marcheurs sous des torii, de grandes arches oranges. Il y en a un nombre vraiment impressionnant, de même que des autels pour donner de l'argent, et des chats bien nourris par les passants qui leur donnent des croquettes. En fin de soirée, on tient à voir de la geisha tout de même. À Gion, c'est la chasse. Appareil photo en main, en week-end, on scrute les moindres recoins, et nous ne sommes pas les seuls touristes comme ça. On attend, on attend, mais rien. On marche pour découvrir un peu le quartier, quand SOUDAIN. On voit une femme, qui semble très jeune, le visage tout blanc, dans des vêtements auxquels rattacher l'adjectif « beau » serait un immonde euphémisme. On la voit passer à côté de nous comme ça, l'air de rien, mais marchant vite et baissant un peu la tête tout de même. Et nous sommes restés là, plantés, à la regarder passer. J'avais l'appareil photo dans la poche, la main dessus, prêt à le dégainer et à photographier plus vite que mon ombre. Mais j'ai pas pu ! C'est pour ça que nous n'avons ni Géraud ni moi de photos de geishas : ça nous a tellement impressionné, nous étions tellement sur le cul et en même temps un peu honteux de chercher à la photographier, que nous n'avons pas réussi à sortir l'appareil photo. Personnellement, j'ai vraiment ressenti quelque chose de fort à ce moment. On a dû voir d'autres geishas après, en continuant à nous balader dans les rues, mais quand on a vu celle-là, j'étais paralysé, comme si je voyais un fantôme ou quelque chose de surnaturel. Nous sommes allés manger des soba (une sorte de nouilles célèbres à Kyoto) et rentrés à l'auberge. Nous y avons discuté avec une fille d'Okinawa qui nous a parlé des geishas encore, et de l'aspect binaire de la culture japonaise, entre la culture traditionnelle à laquelle elle était attachée et la culture de masse actuelle (de l'apparence, des jeux, des mangas), qui est très difficile à relier à la culture ancestrale.


Le dernier jour, on a suivi la routine du bento, pour des raisons financières, sommes allés voir un temple incrusté dans des échafaudages, avons dû nous déchausser avec nos gros sacs sur le dos (misère!). Il n'y avait rien de particulièrement mémorable là, c'est pourquoi nous avons pris notre train pour Nara et c'est pourquoi je passe maintenant la main à mon collègue pour vous raconter la suite du voyage.

Nara


Prochaine destination du trip : Nara. Première capitale historique du japon à l'établissement de l'empire au 8ème siècle après JC dont huit temples figurent sur la liste des sites classés par l'UNESCO, à moins d'une heure de train de Kyoto (avec encore quelques difficultés à prendre le bon train, entre les express, mega express, ultra archi express...). Lors d'un changement, Camille se laisse tenter par une boisson dans un des nombreux distributeurs de la gare, son choix se porte simplement sur le « Yobik », sorte de lait au soja, une parmi toutes les boissons mystérieuses que comptent les nombreux distributeurs de boissons Japonais. A Nara, nous nous payons le luxe de ne pas dormir en auberge de jeunesse et refusons le média café, mais nous nous rendons directement dans un ryokan, entendez par là habitation traditionnelle chez l'habitant. Portes coulissantes et murs en papier, sol en tatamis et vue sur un petit jardin aux arbustes bien taillés, avec un petit pont sous lequel coulait jadis une rivière artificielle (façon Île de Versailles pour les Nantais). Sans le Wi-fi et le chauffage électrique, on se serait vraiment cru au temps des samouraïs.

Nous finissons l'après-midi dans une galerie commerciale pleine de boutiques de souvenirs et objets artisanaux. Nous passons devant une petite pâtisserie où une foule regarde les artisans préparer la pâte de petits gâteaux tout verts et gluants fourrés aux haricots rouges. En fait, deux cuisiniers aux larges biscotaux frappent la pâte l'un après l'autre avec de lourds maillets à un rythme assez impressionnant. Camille craque pour un kimono dans une boutique où viennent les Japonais louer à la journée des costumes traditionnels de soie que nous avions déjà aperçu auparavant à Kyoto et même à Tokyo entre deux filles à mini-jupe. Il essaie mêmes les sandales que les Japonais portent avec chaussettes et dont le talon dépasse à l'arrière, manière plus classieuse de porter des tongues. Diner dans un sushi-bar et promenade le long d'une pagode éclairée. Nara n'étant pas tout près de la mer, le prix s'en ressent, et le sushi de fatty tuna monte à 500 yen (plus de 4,50 euros), ce qui ne m'empêche pas de gouter le sushi à l'oursin. Nous finissons le reste de la soirée dans le ryokan, habillés en kimono à regarder un film de Miyazaki (Princesse Mononoke) en buvant du thé vert (ocha). What else ?

Nous nous réveillons avec horreur le lendemain matin : il pleut averse. Pas de bol, la ville détient une grappe de temples bouddhistes du 8ème siècle tous espacés les uns les autres. Nous sortons quand même armés d'un parapluie transparent (japanese style oblige). Le premier temple contient la plus grande statue de Buddha au monde à proximité d'un immense parc où vivent un grand troupeau de daims nourris aux biscuits jetés par les touristes. D'autres temples bouddhistes suivent. Je ne sais pas si c'est le prix du ticket d'entrée pour chaque temple (sans réduction étudiante ni pass pour grouper plusieurs temples) ou si c'est le temps qui déteint sur notre humeur, quoiqu'il en soit nous trouvons à déjeuner dans un restaurant à falafels israéliens. Ensuite, il est l'heure de repartir pour Osaka, avant cela nous nous laissons tenter par une dernière aventure. En effet la veille, en arrivant en train, nous avions aperçu un temple magnifique le long de la voie de chemin de fer. C'est donc en mode backpacker armés de nos gros sacs à dos que nous allons voir ce dernier temple et Camille met malencontreusement le pied dans la boue qui ne le quittera pas jusqu'à son retour en Corée.

Osaka

Après avoir testé les auberges de jeunesse de backpackers, les manga-kissa pour no-life et le ryokan, il nous appartient de vous parler de notre nuit en capsule-hôtel. Tout est dit dans le nom, il ne s'agit pas de chambres mais bien de capsules, à peine plus grandes qu'un cercueil, alignées sur deux rangées et cela sur trois étages. Dormir façon cosmonaute n'a en fait rien d'extraordinaire, l'hôtel ne comporte aucune fenêtre et tous les services à l'intérieur sont horriblement chers. En fait ces hôtels inventés au Japon au début des années 1980 sont destinés aux hommes d'affaires et employés qui ont raté leur dernier train (pas de femme donc). Les tatouages sont interdits (pour éviter les Yakuza d'y passer la nuit). Le seul divertissement est un écran de télévision dans chaque capsule, comportant notamment une chaîne diffusant du porno en continu (à moitié censuré alors qu'on trouve du manga porno partout ailleurs). Nous découvrons un excellent sushi-bar dans le quartier animé d'Umeda, entre patchinko et salles de jeux. Osaka s'annonce donc comme un retour à la civilisation !

Après la nuit en capsule-hôtel, journée musée avec le matin, visite du musée des droits de l'homme. En réalité le musée est davantage destiné aux enfants et presque tout est exclusivement écrit en japonais. Quelques vidéos néanmoins montrent des reportages sur la tribu Ainu, dont les traditions animistes se sont éteintes sous Meiji et après la Seconde Guerre mondiale par le gouvernement japonais (comme la pêche au saumon qui remontaient les rivières de la tribu) et témoignages de descendants d'immigrés Okinawais dans l'entre-deux guerres à Osaka qui parlent de la discrimination dont leurs parents enduraient au quotidien. L'après-midi nous nous rendons au musée de l'ethnologie, à l'autre bout de la ville, dans le parc de l'exposition universelle de 1970 presque désert. Pour cela, nous empruntons une partie de la ligne de monorail qui y mène, à au moins 10 mètres de haut au-dessus de l'autoroute. Au retour, nous avons failli rentrer dans le compartiment réservé aux femmes, comme il en existe dans tous les transports en commun d'Osaka. Rien de mieux après cela qu'un bon bain dans l'hôtel pour Yakusa (aux dires de certains sur Internet) dans la banlieue d'Osaka et un sushi-bar à notre bonne adresse, le fatty salmon m'a vraiment excité les papilles.

La dernière journée sera occupée à visiter le château d'Osaka, grande battisse au milieu des grattes-ciels, avec pleins de mômes qui faisaient leur sortie de classe ce jour-là. Comme d'hab', les explications sont en japonais uniquement. Tout au long du séjour, nous mourions d'envie de nous lancer dans l'apprentissage du japonais, et chaque soir Camille apprenait quelques hiraganas et katakanas (tout en me faisant une petite leçon à chaque fois). Nous franchissons le pas et achetons tout deux une méthode dans une librairie. Aucune raison désormais de ne pas choisir le japonais l'an prochain à Sciences po ! Retour à l'hôtel et bain chaud encore une fois. Le soir, nous découvrons le quartier hype d'Osaka, Namba, qui ressemble à ce que nous avions déjà pu apercevoir à Tokyo. Les jeun's habillés en fashion victimes s'y rassemblent, certains distribuent des prospectus dans la rue. Nous essayons un nouveau sushi-bar, un peu moins bon et finissons la soirée dans un reggae-bar.

Le lendemain matin, je me lève tôt pour prendre l'avion, croisant les premiers hommes en costard dans le métro. L'aéroport d'Osaka se trouve sur une île au milieu de la baie et le train passe carrément au-dessus de l'eau, c'était impressionnant. D'après ce que j'ai compris, pendant ce temps là Camille se levait en révisant ses hiraganas et katakanas (ou peut être bien son coréen...) et allait entreprendre sa dernière visite d'Osaka (pour cela, vous lui demanderez). Après une escale à Pékin où je ne pourrais malencontreusement pas quitter l'aéroport, je reprends l'avion pour Séoul où me rejoints 20 minutes plus tard Camille, venu directement par un autre vol. Mais à partir de là, c'est une autre histoire...