
lundi 8 novembre 2010
Décloitrés, le mag des 3A

mardi 2 novembre 2010
Complément au précédent article
Je vais très vite, je veux juste introduire cette photo. Elle a été prise à l'entrée d'une boîte de Hongdae, le fameux quartier chébran de Séoul. Je me suis retrouvé là après avoir été dans un jazz club (cher, vraiment cher, mais avec lives de jazz totalement ouf), un peu en suivant les autres qui se rendaient à Hongdae. J'y étais déjà allé, mais c'est la première fois que je suis allé dans une boîte en Corée (et oui, et oui, au moins j'ai comme excuse que je ne me suis pas laissé aller aux préjugés). Sentence : c'est pareil que chez nous, les mêmes pouffiasses, les mêmes branleurs. Non il y a quand même des petites différences : le videur n'était pas un connard (jamais je n'aurais imaginé écrire ça un jour) et il est possible de fumer à l'intérieur, comme dans de nombreux bars, restaurants, clubs en tout genre, et en l'occasion on aurait cru Hiroshima (c'était vendredi soir et j'ai toujours une sacrée toux depuis). D'ailleurs dans le jazz club l'ambiance était très twenties-thirties, avec ces hommes en costard en couple qui allume leur cigarette devant le groupe déchaîné... Bref, voici la photo prise à l'entrée de la boîte, qui illustre ce que je disais la dernière fois sur les Américains. Aimés ? Mal aimés ? La question trouve une réponse différente selon l'interlocuteur.
Vous reprendrez bien un quart d'if ?


Pour un pour deux pour trois pour quatre pour cinq pour six pour sept pour huit pour neuf, boeuf.
Et deuxièmement, je n'ai pas arrêté d'écrire, non, je n'ai surement même jamais autant écrit. Mais pour un autre blog, celui de Cereplast, l'entreprise où je fais mon stage. Le blog est créé depuis peu, et il s'agit de le remplir pour créer du trafic jusqu'au site internet. Je prends cette tâche plutôt à coeur, et j'essaie d'aborder sur des sujets qui m'intéressent vraiment, et de faire des recherches les plus approfondies possibles, quand j'ai le temps. Les contraintes sont assez limitées, il s'agit d'écrire sur tout ce qui peut avoir un lien avec l'écologie. J'ai commencé par un article politique, puisque les élections sont dans deux jours. (Pour un petit résumé, trois grosses entreprises pétrolières texanes font du forcing pour faire passer par référendum une proposition qui supprimerait la principale loi écologique, qui pose les contraintes à respecter en terme d'émissions de CO2 en Californie; A ce propos, juste en passant, la légalisation de la marijuana est aussi soumise au vote demain, mais les gens le prennent comme un tabou, peu de chances que ça passe je crois). Sympa de pouvoir donner mon avis, et en même temps il s'agit toujours de rester dans le politiquement correct. Et pour les prochaines semaines, j'ai l'interdiction d'écrire à propos de la politique, le business reste le business et il ne faut pas choquer.
En un mois, que de changement. Déménagement plus que rapide par une belle soirée d'octobre, je fais mes adieux à Redondo Beach et mes colocataires atypiques, au couple de retraité qui m'avait acheté un beau vélo tout neuf pour que j'aille à la plage, et à cette dame, la cinquantaine, que je n'ai jamais vraiment croisé. Et me voilà partie une heure plus au nord, Santa Monica.Je m'apprête donc à habiter avec 4 garçons, que je rencontre pour la première fois au moment d'emménager, filon trouvé via internet,petit appartement tout neuf avec seulement deux chambres. Pari risqué, mais je ne regrette pas mon choix, c'est un grand soulagement que d'habiter avec des étudiants. Description rapide: Harrison, 26 ans, acteur durant sa tendre adolescence, qui décide cette année de commencer les études, militant écolo, menant à la fois son business de matelas bios ; Grant, 19 ans, études d'archi, texan pure souche; Aurélien, 21 ans, un français expatrié depuis qu'il a passé son bac, il a été « jeune fille » au pair » a San Diego et a décidé de s'installer ici, il court maintenant de casting en casting pour obtenir des rôles d'acteur, et chante Balavoine a tue-tête dans le salon en ce moment même ; Matthew, 28 ans, il est censé étudier je ne sais quoi, mais est surtout chauffeur de taxi pour gagner des sousous. C'est avec lui que je partage ma chambre, je ne le vois pas beaucoup puisqu'il travaille d'arrache pied, mais durant notre dernière conversation il m'explique qu'il a mal tourné à l'adolescence, et me récite une liste impressionnante des drogues qu'il a testé, dont je n'ai pas la plupart jamais entendu parler...Il est peut être mieux après tout que je n'essaye pas d'en savoir beaucoup plus sur son passé..:)

Avec Harrison et Grant, en rando nocturne.
L'appart est joli, un « bon spot » comme ils disent car il est possible de bouger à pied rapidement jusqu'à la plage, la rue la plus animée, ou l'un des immenses supermarché entièrement bio (oui oui je vis presque plus sainement qu'en France).
Le matin il s'agit de se lever tôt, pour être au boulot à 7h30 après plusieurs connexions de bus, mais la plupart du temps mon maitre de stage passe me prendre, et c'est l'occasion d'en apprendre toujours plus sur l'entreprise, ses cotés « obscures » et les nombreux problèmes. Quand je dois faire le trajet en bus, ce n'est jamais vraiment pénible, et aussi cliché que ça puisse paraître, j'admire souvent les petites rues de Venice, et j'ouvre grand les yeux dans les quelques segments qui permettent d'avoir une vue impressionnante sur la ville, les grattes-ciels de downtown, les lettres d'Hollywood qui se détachent au loin sur le flanc d'une des collines, et l'océan que je ne me lasse pas d'admirer.
Je suis impressionnée par le nombre de personnes que j'ai rencontré, en provenance de la côte Est ou d'Angleterre, qui ont fait le choix de s'installer ici, par amour pour cette ville, et son climat (grand soleil printanier en début novembre). Et c'est vrai que je me surprends de plus en plus souvent à vraiment aimer cette ville a priori si hostile. J'ai vite compris les premières semaines toutes les personnes qui m'avaient avoué avant mon départ ne pas avoir aimé Los Angeles. Hostile est vraiment le meilleur mot qui je peux attribuer à Los Angeles au premier abord. Il faut du temps pour apprendre à apprécier les grands boulevards, l'imbriquement des différentes villes, et les distances décuplées. Pour cela, je suis vraiment heureuse de pouvoir y habiter. Je prends le temps d'expérimenter les petits restaurants, cafés...et les incontournables salles de ciné. (incroyablement nombreuses, et pour l'instant, je n'ai pas vu une semaine, un weekend, sans un petit festival de films en tout genre). En ce qui concerne le rapport au cinéma, ce n'est pas un mythe. J'ai pu croiser beaucoup de personnes qui ont un jour tourné dans un clip, pub,film, car c'est finalement un job accessible et pas si pénible. Je suis à ce propos allée avec mon coloc au tournage du clip d'une starlette australienne (Consuelo Costin et la chanson s'appelle "Naked") dans un petit immeuble à Hollywood. Finalement pas si glamour et assez ennuyant. On a poirauté une bonne partie de l'après midi, et la fameuse scène pour laquelle il était venu « figurer » a été tournée une bonne quinzaine de fois. Je suis restée parler pendant ce temps avec un garçon dont j'ai oublié le nom de métier, qui était un peu blasé par la médiocrité de la chanson (pas faux...) et le manque de moyen. Il a bossé avec Michael Gondry pour les décors de la science des rêves, un film d'un autre niveau.
En règle générale, le rapport à la célébrité est déconcertant,mon maître de stage qui me raconte par example ce matin sa soirée d'Halloween avec Justin Timberlake et Jessica Biel (Mary de 7 à la maison :D). Inhabituelle banalité...
Pendant ce mois, je suis partie à Denver, Colorado, pendant 5 jours. Grande joie/excitation/bouillonnement de traverser la moitié du pays, et de pouvoir admirer d'en haut désert/canyons/montagnes enneigées. L'entreprise m'a payé le voyage pour assister à une conférence (sur le passionnant thème des biopolymers) pendant 3 jours. Un peu de négociations, et j'ai pu partir deux jours avant, pour profiter de la ville, et surtout des montagnes rocheuses qui l'entourent. Beaucoup aimé la ville, réputée pour les gens relax et quelques restes de communauté hyppie...
Les autres weekends ont également été bien chargés, rares grasses mats tant il y a de choses que je veux voir. Je suis donc partie à Ventura, et Santa Barbara, un peu plus au nord sur la côte. Jamais je n'aurais autant fait marcher le réseaux de couchsurfing, très bonnes expériences à chaque fois. Quand je suis restée à L.A j'ai pu visiter Malibu, aller randonner dans les montagnes de Santa Monica, visiter un soir l'observatoire Griffith, ou les canaux de Venice. Je bouge toutefois rarement le soir en dehors de Santa Monica ou Venice, , il faut sinon au minimum 1h de bus pour tout trajet ce qui est vite dissuadant....Assez frustrant puisqu'il se passe toujours un truc intéressant quelque part.
A ce propos, ce weekend d'Halloween a été particulièrement riche en événements. Grand essayage de perruques, masques, lunettes dans l'appart samedi soir entre colocs. Grande douleur aussi de ne pas avoir 21 ans, de ne pouvoir entrer dans les bars, boîtes et autres lieux sympathiques. Frustrant après avoir expérimenté les joies de la vie rennaise...Enfin donc pour cette soirée d'Halloween je cours après plusieurs bus pour me rendre chez Emily, rencontrée à mon stage. Elle habite tout au sud de la ville, et je me retrouve à 23h déguisée comme il se doit, parmi des gens qui, fatigués, rentrent chez eux dans les quartiers moins aisés de la ville...La fête en vaut la chandelle, la maison est littéralement jusqu'au plafond, et les déguisements sont vraiment foufous. S'ensuit une journée inutile dimanche, avant d'aller à la grande parade d'Halloween a West Hollywood, via quelques « trick or treat » pour grignoter quelques chocolats sur la route. Et là, l'ambiance est indescriptible, le boulevard Santa Monica, qui est aussi l'ancienne route 66, est envahi par une foule grouillante et folle, quelques photos pourront (bientôt) vous donner une idée.
Je suis désolée de ne pas vous donner plus de nouvelles à chacun, mais j'apprécie les messages que vous m'envoyez. Certains ont peut être reçu une nouvelle fois ces spams horriblement ennuyants, je suis désolée, ma boîte mail est impertinente, non sérieusement je ne sais pas comment contrôler ces messages, je vous adresse donc mes sincères excuses.
Ma nouvelle adresse: 1528 6th street, #305, Santa Monica, 90401. Les quelques personnes qui l'avaient déjà, j'ai oublié de vous donner le #305 et a priori le courrier a du vous revenir, ou se perdre dans les abysses de l'océan Atlantique....
Avant de vous laisser, une dernière nouvelle, j'ai pris cette semaine mes billets pour l'éthiopie, mars-avril 2011, je bouillonne de hâte :). A plus courte échéance, j'ai pris une journée de congé ce vendredi pour aller visiter San Francisco avec Grant et Harrison, et des amis à eux de la fac. Je vous quitte donc sur une petite note musicale, jolie chanson que j'écoute en boucle, avant de glisser quelques fleurs dans mes cheveux et de prendre la route.
Bien à vous,
Louise
Caprices de la nature
Un stand de collecte d'aide devant un supermarché
Tremblements de terre, tsunamis, activités volcaniques, glissements de terrain et inondations sont le lot du quotidien d'une nature capricieuse en Indonésie. Plusieurs événements très meurtriers restent en effet associés à l'Indonésie comme l'éruption du Krakatau en 1884 ou comme le tsunami de décembre 2004 dans l'Océan Indien ayant fait plus de 100 000 morts au Nord de Sumatra. Alors faut-il se laisser aller au pessimisme d’une nature incontrôlable ?
L'ascension du Mont Agung à Bali
Lorsque je demande aux personnes autours de moi ce qu'elles pensent des catastrophes naturelles, une certaine fatalité domine, souvent entretenue par la superstition sur la domination des forces de la nature. Il est vrai que souvent après une catastrophe naturelle, la première réponse est toujours religieuse. Notamment à Aceh (province au Nord de Sumatra) après le tsunami meutrier de 2004, un vent de protestation avait soufflé de la part des autorités religieuses islamiques qui avaient invoqué le manque de piété des musulmans de cette région connu pour sa piraterie et son banditisme. Certains avaient même invoqué la déesse des mers du Sud, Ryai Roro Kidul, déesse hindouiste dont le royaume marin s’étend dans l’archipel. On ne s’aventure pas dans la mer sans lui avoir versé des offrandes. A Sidoarjo près de Surabaya le volcan de boue engloutit peu à peu les villages de la banlieue de la seconde plus grande ville du pays. Régulièrement sont tenues des séances de prières collectives où l'on promet la fin du calvaire si chacun respecte le Coran.
Toutes ces superstitions laissent donc une impression de grande fatalité envers les caprices de la nature, comme si la nature se vengeait de l'imperfection humaine. En réalité, elle rappelle surtout que l'animisme (religion des forces de la nature) n'a pas complètement disparu.
Le volcan Bromo à Java (photo été 2009)
Depuis la catastrophe de 2004, un système d’alerte tsunami a été installé, avec un financement international. Or, pour le tsunami de Mentawaï il y a quelques jours, après la secousse la détection de la vague a bien fonctionné, mais l’alerte n’a pas été lancée dans les îles peuplées de pêcheurs. Les populations les plus touchées par les catastrophes naturelles sont donc celles les moins préparées et informées, ce qui pose un enjeu important pour un pays en voie de développement comme l’Indonésie. Avoir un système poussé d’alerte nécessite un réseau important de scientifiques, d’équipement ainsi qu’un système important de transport et de communication. Jusqu’ici les financements sont pour la plupart réalisés par des étrangers (ONG, organisations internationales, pays). Non loin de là, la ville de Padang s’est vidée de ses habitants réfugiés dans les hauteurs, heureusement le tsunami n’a pas touché cette grande agglomération côtière. Depuis dix ans, les scientifiques ne cessent de rappeler depuis une dizaine d’années que la région Sumatra-Ouest est à haut risque.
vendredi 29 octobre 2010
Politique sud-coréenne
Essayant de me tenir au courant le mieux possible de l'actualité française, je vais partager un peu d'informations sur la situation politique en Corée du Sud. L'idée m'est venue en lisant un article du Monde Diplomatique d'Octobre à ce sujet, et en agrégeant tout ce que j'ai entendu à droite à gauche je pense pouvoir faire un petit résumé. Ceci n'est pas un cours d'histoire. Tout commença donc en 2007 avec l'élection du président Lee Myung-Bak, qui sera le prestigieux hôte de ses collègues du G20 de Novembre. Ne perdons pas de temps pour le décrire : il est dans l'ère du temps, vous allez comprendre pourquoi.
Après la guerre de Corée, deux États se font face, et l'on connaît tous très bien ce qu'a été et ce qu'est la Corée du Nord depuis Kim Il-Sung. En revanche, quelle a été la situation politique de la Corée du Sud ? Un pays ami des États-Unis, c'est-à-dire comme cela a pu être le cas en Grèce ou en Amérique latine, un pays autoritaire. Et les progrès économiques sont toujours plus faciles à réaliser lorsque les droits de l'homme ne sont pas reconnus. Dans les années 1980, la génération des étudiants s'est battue pour la démocratisation et la libéralisation, au prix d'une répression féroce. Mais le résultat est là : en 1988 une nouvelle Constitution est proclamée, instaurant une présidence quinquennale non renouvelable. Même si le premier président est le direct successeur des généraux qui ont été au pouvoir durant la dictature, en 1993 est élu le premier civil au mandat de président. C'est du résumé de résumé que je vous fais là. Quoiqu'il en soit, les libertés individuelles et collectives ont été progressivement acquises à coup de protestations et de violence. Entre temps, on a un président qui aura le prix Nobel de la paix (Kim Dae-Jung en 2000) et un secrétaire général des Nations-Unies (Ban Ki-Moon depuis 2007), c'est dire l'évolution.
Mais en 2007, le nouveau président Lee Myung-Bak est élu, juste avant le déclenchement de la crise. En étant très schématique parce qu'il y a pas mal de différence avec nos repères nationaux, je dirais qu'il est de droite. Les deux principaux partis s'opposent sur le plan de la politique étrangère notamment : alors que la gauche tente l'ouverture et le dialogue vers le voisin du Nord, la droite compte sur les États-Unis pour jouer le rôle de flic. Et Lee est de droite. On retombe donc dans le fameux dilemme opposant développement économique durable et militarisation du pays avec toutes ses conséquences (autant des dépenses supplémentaires qui peuvent servir à autre chose en tant de crise que de risque de régression sociale dans une démocratie toute jeune et encore faible). Dès son élection, Lee ouvre grand les bras en direction des États-Unis et dénonce les engagements de réconciliation avec la Corée du Nord pris par ses prédécesseurs plus libéraux. À cela s'ajoute une coopération industrielle entre entreprises coréennes et américaines pour mettre à flot des engins de mort toujours plus performants, sans oublier que Lee est l'ex-PDG du constructeur Hyundai (ce qui explique aussi sa conception managériale de la politique...). Et qui fait la gueule dans l'histoire ? La Chine peut-être autant que la Corée du Nord, qui y voient une forme de provocation quand on leur pointe des missiles devant la tronche. Si la Corée du Sud s'arme ainsi, elle peut devenir un relai stratégique pour les États-Unis, plus confortablement installés dans la région. La nouveauté, c'est que cette fois, ils veulent installer une base militaire sur Jeju, la grande île touristique au Sud de la Corée du Sud, au Nord de la mer de Chine orientale et à l'Ouest de l'île la plus à l'Ouest du Japon, qui n'est pas dans la mer de l'Est. Bien qu'il y ait déjà une base militaire américaine à Itaewon, le quartier multiculturel et trop branché t'as vu de Séoul, où l'on trouve plus d'expatriés que de Coréens, plus de militaires américains que de soldats Coréens et plus de boîtes de nuit que de restaurants, leur présence n'est pas toujours la bienvenue. À vrai dire, un des étudiants étrangers avec qui j'ai parlé est un Japonais, oui, mais un Japonais d'Okinawa, et il m'a curieusement fait part de la même méfiance à l'égard de la base militaire américaine installée sur son île. Peut-être parce que les histoires de rackets et de viols sur la population locale, même aujourd'hui en 2010, ne sont pas que des mots en l'air pour se rendre intéressant. C'est quand même marrant que les personnes desquelles il faut le plus se méfier sont celles qui prétendent nous défendre... Bref, les habitants de Jeju ont peur que l'île ne souffre de l'installation de cette base et que leur île connaisse le même sort que l'île d'Okinawa, d'autant plus que Jeju est très touristique et tire son revenu de l'agriculture et de la pêche. Alors le début de déforestation pour préparer l'installation de la base ne leur a pas plu (surtout après que le maire a déclaré que 94% de la population locale se prononce contre), d'où des actes de désobéissance civile sur le chantier.
Plus drôle encore est la politique du nouveau gouvernement sur le plan intérieur. Après le torpillage de la navette sud-coréenne, les forces militaires américaines dans la région se sont renforcées. Bien entendu, que la Corée du Nord ait torpillé ou non, personne ne le sait, mais soyons honnête, on s'en fout et si vous cherchez qui a fait ça vous n'avez rien compris : c'est une bonne justification pour s'installer dans la région, voilà tout. Un peu façon 11 Septembre, une bonne excuse pour aller chercher du pétrole de destruction massive chez les autres. Mais certaines personnes en Corée du Sud ont eu la mauvaise idée d'ouvrir leur bouche et de dire, après les annonces de militarisation pour se défendre face à la Corée du Nord, qu'on n'avait toujours aucune preuve de l'auteur du torpillage, que tout ce qu'on avait étaient les affirmations de Lee Myung-Bak et de Hillary Clinton. Conséquences : descentes de police dans les locaux de l'opposition, arrestations de personnes ayant mis en doute la version officielle du naufrage. Et lors de la manifestation publique contre les importations de viande de bœuf américaine, en 2008, la police s'est chargée de faire le boulot de dispersion. Brandir une banderole est passible de poursuites sur la place de la mairie de Séoul. Bref, les droits de libre expression et de libre réunion sont en déclin depuis 2007, surtout si l'on dit du mal des Américains. Les producteurs d'une émission qui a enquêté sur la levée de l'embargo du bœuf américain ont été arrêtés chez eux en pleine nuit avec des peines d'emprisonnement requises (heureusement non retenues). Lee a remplacé les directeurs de la télévision publique par des proches. Ça ne vous rappelle pas quelqu'un tout ça ? Continuons dans l'analogie, avec mon roommate qui m'explique tant bien que mal en Anglais que ce président se dit « friend of the whole population but he is only the friend of the richs ».
Ce qui est inquiétant, c'est que la jeune génération est moins politisée que celle de ses parents. Rares, vraiment rares sont les Coréens avec lesquels il est possible d'avoir une claire discussion politique. Donc vont-ils se laisser faire et revenir en arrière juste parce que la vie est plus belle maintenant qu'il y a trente ans ? J'essaie de me rappeler à chaque fois que je suis dans une université mettant en valeur la business administration et qu'on ne peut pas demander à des businessmen de réfléchir, mais quand même ! Tout le temps, il m'a semblé que l'objectif dans la vie est d'avoir un bon boulot et de « make money ». Pour en faire quoi ? C'est assez étonnant qu'ils ne protestent pas alors que le service militaire est de moins en moins populaire, que les déclarations va-t-en-guerre le sont d'autant moins, que la présence américaine ne leur plaît pas... Tandis que les vieux, notamment ceux qui ont participé à 1950-1953, sont plutôt pro-américains. Bref, cet article est destiné à tous les Français : vous voyez, vous n'êtes pas seuls à vous être faits berner comme des taupes par les vieux et les friqués !
lundi 25 octobre 2010
La Zézette de Bali
Après tout, quel stage permet d'être à la fois interviewer, critique d'art et critique littéraire, et à la photographe à la fois ? Bon, je grossis le trait, mais j'ai réellement la possibilité de participer à toutes les étapes de l'élaboration du journal, grâce à la confiance de mon maître de stage. Et oui, je l'avoue, ça m'arrive d'écrire un article sur une expo sans jamais être allé la voir. Pour chaque interview d'un heure, j'en passe environ trois à la rédaction, écrire n'est vraiment pas évident. Mon maître de stage me demande parfois de réécrire trois fois un texte, avant de le corriger quelques fois en partie sinon totalement. Cela demande énormement de patience, mais à la fin, la qualité est là.
Néanmoins, je pense pas que ce soit un « modèle » pour la presse en France. Ce qui permet de faire vivre le journal, c'est cette proximité et cette envie d' « entre-soi » des expatriés, que l'on a pas en France beaucoup plus clivée socialement. Ensuite, d'un point de vue économique,

Une bebek (canard en indonésien) abandonnée, avec des offrandes sur le siège et le guidon