mardi 2 novembre 2010

Caprices de la nature


Ces derniers temps, l'Indonésie est sortie des rangs dans l'actualité internationale, et cela à cause de la conjonction de catastrophes naturelles : tsunami dans l'archipel Mentawaï à l'Ouest de Sumatra à la suite d'un tremblement de terre atteignant 7,4 sur l'échelle de Richter, et entrée en éruption du Mont Mérapi au centre de Java, tuant le premier 400 personnes et le second une centaine de villageois ainsi que son gardien qui pourtant veillait à ceque les démons du volcan soient apaisés. Je tiens à rassurer, Sumatra est aussi près de Bali que le Portugal de la République tchèque. Pourtant, à Bali, tout le monde se sent concerné par ce qui arrive à l'autre bout du pays et est apparu un véritable élan de solidarité. Samedi après-midi j'ai ainsi pu participer à une collecte de produits de première nécessité envoyés directement aux îlots Mentawaï. Il est vrai que l'aide en général peine à arriver parfois du fait du manque de rapidité des transports (en septembre, des pluies diluviennes en Papouasie avaient provoqué des glissements de terrains et un avion apportant de l'aide s'était écrasé) et de la corruption des autorités.


Un stand de collecte d'aide devant un supermarché


Tremblements de terre, tsunamis, activités volcaniques, glissements de terrain et inondations sont le lot du quotidien d'une nature capricieuse en Indonésie. Plusieurs événements très meurtriers restent en effet associés à l'Indonésie comme l'éruption du Krakatau en 1884 ou comme le tsunami de décembre 2004 dans l'Océan Indien ayant fait plus de 100 000 morts au Nord de Sumatra. Alors faut-il se laisser aller au pessimisme d’une nature incontrôlable ?


L'ascension du Mont Agung à Bali


Lorsque je demande aux personnes autours de moi ce qu'elles pensent des catastrophes naturelles, une certaine fatalité domine, souvent entretenue par la superstition sur la domination des forces de la nature. Il est vrai que souvent après une catastrophe naturelle, la première réponse est toujours religieuse. Notamment à Aceh (province au Nord de Sumatra) après le tsunami meutrier de 2004, un vent de protestation avait soufflé de la part des autorités religieuses islamiques qui avaient invoqué le manque de piété des musulmans de cette région connu pour sa piraterie et son banditisme. Certains avaient même invoqué la déesse des mers du Sud, Ryai Roro Kidul, déesse hindouiste dont le royaume marin s’étend dans l’archipel. On ne s’aventure pas dans la mer sans lui avoir versé des offrandes. A Sidoarjo près de Surabaya le volcan de boue engloutit peu à peu les villages de la banlieue de la seconde plus grande ville du pays. Régulièrement sont tenues des séances de prières collectives où l'on promet la fin du calvaire si chacun respecte le Coran.

Toutes ces superstitions laissent donc une impression de grande fatalité envers les caprices de la nature, comme si la nature se vengeait de l'imperfection humaine. En réalité, elle rappelle surtout que l'animisme (religion des forces de la nature) n'a pas complètement disparu.


Le volcan Bromo à Java (photo été 2009)


Depuis la catastrophe de 2004, un système d’alerte tsunami a été installé, avec un financement international. Or, pour le tsunami de Mentawaï il y a quelques jours, après la secousse la détection de la vague a bien fonctionné, mais l’alerte n’a pas été lancée dans les îles peuplées de pêcheurs. Les populations les plus touchées par les catastrophes naturelles sont donc celles les moins préparées et informées, ce qui pose un enjeu important pour un pays en voie de développement comme l’Indonésie. Avoir un système poussé d’alerte nécessite un réseau important de scientifiques, d’équipement ainsi qu’un système important de transport et de communication. Jusqu’ici les financements sont pour la plupart réalisés par des étrangers (ONG, organisations internationales, pays). Non loin de là, la ville de Padang s’est vidée de ses habitants réfugiés dans les hauteurs, heureusement le tsunami n’a pas touché cette grande agglomération côtière. Depuis dix ans, les scientifiques ne cessent de rappeler depuis une dizaine d’années que la région Sumatra-Ouest est à haut risque.

3 commentaires:

  1. Amanda Rengganis2 novembre 2010 à 07:04

    Impressive picture Geraud. FYI, yesterday I've checked to the charity post and they said they'll send all the boxes today. Glad to hear that. :)

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  2. Dis donc tu te professionalises dans ton écriture ! La gazette commence-t-elle à faire son effet ?

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  3. @amanda : nice to hear that
    @camille : amanda me dit qu'elle aime mes photos et toi mon texte. Que demander de plus ?

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