dimanche 30 janvier 2011

Soyons fous

Alors que dans l'Europe médiévale tout ce qu'on avait trouvé en guise spiritualité était de s'enfermer dans des monastères pour rester entre chauves mal habillés pour mieux prier un Dieu de la santé capillaire, je me suis interrogé sur le sort des gens qui dédiaient leur vie à un destin plus grand de l'autre côté du monde. Je suis tombé sur trois expériences possibles qui peuvent radicalement changer votre vie, et que je vais présenter maintenant. De nos jours, si on veut tout plaquer, sortir du système pour vivre sa vie tranquille, il n'y a qu'une option : être un hippie qui part élever des chèvres dans les Alpes, ou, pour les plus fortunés, en Amérique latine. Quel manque d'originalité, franchement, pour des anticonformistes.

Marre du métro-boulot-dodo ? Marre de la lumière du jour, de la senteur des pommiers et des cris des petits oiseaux ? Essayez notre nouveau programme : 24h à la place d'un mort ! Dans un temple bouddhiste, un programme est offert à tous ceux qui sont tentés par l'expérience des gens enterrés vivants : passez une journée entière dans un cercueil ! Pour faire bien réaliste, ils y mettent les clous ! Quand j'ai entendu parler de ça, on m'en a vanté les exploits comme d'une super expérience d'introspection, pendant laquelle on réfléchit à plein de chose, et si on pète un plomb pendant les 10 premières minutes, on ne voit pas le temps passer après... Personnellement, ça me semble tellement taré que je n'essaierai pas même pour rire. Encore heureux qu'ils n'enterrent pas les gens non plus... Alors, si vous êtes en quête de spiritualité, d'introspection ou de recherche de soi (tous ces termes étant bien à la mode) et que vous n'avez pas de dealer dans votre ville, essayez donc la formule 24h dans un cercueil, il paraît que ça fait des miracles. Le temple n'est pas responsable pour les dégradations possibles de votre esprit à la sortie en revanche.

Ah, le périphérique, les rues populeuses et bruyantes de Séoul, les bruits de travaux dans les villes et le brouhaha continu des voitures... Besoin d'un peu d'air frais pour vos poumons et surtout pour vos oreilles ? Et bien vos gueules ! Continuons avec ces bouddhistes en lévitation et qui vont vous aider à votre bien-être et votre harmonie avec les 5 constellations, les 7 points cardinaux et les 13 éléments. Un monastère est ouvert à tout le monde sous deux conditions. La première, la plus évidente, est de travailler pour la communauté en échange du droit d'y vivre. Concrètement, je ne sais pas ce que ça donne (sans doute faire du jardinage et prier), mais le plus intéressant dans cette communauté-là est la seconde règle : il est interdit de parler, de faire le moindre son avec sa bouche. Du coup la barrière linguistique saute, c'est super ! Expérience relatée par un Américain qui y a vécu pendant un mois, durant lequel il dit avoir beaucoup changé. Ne pas pouvoir communiquer par la parole l'a rendu presque dingue la première semaine. Cependant, le reste du temps, une fois habitué, il affirme avoir vécu en harmonie avec son environnement, en paix avec lui-même. Le plus intéressant est d'affiner ses sens : il faisait attention aux petits bruits comme l'ouverture d'une porte, le bruissement d'une plante... Bref ça a l'air assez drôle, et pour un mois ce n'est pas un si gros investissement que ça. À garder dans un coin de ma tête pour la prochaine fois que je me rendrai en Corée.

J'ai envie de quitter le système moi aussi mais je n'aime ni les chèvres ni les moines. Et j'ai du temps devant moi. Et j'aime bien me battre. Et j'habite en Chine et non en Corée. Que faire ? Une des plus amusantes découvertes que j'ai faites ici ne concerne pas une expérience coréenne mais chinoise, racontée par mon meilleur pote chinois. Je parlais de taekwondo, que ces jours-ci il fait trop froid et que je n'ai pas pratiqué depuis deux mois, que j'ai hâte de reprendre quand ce sera le printemps... Puis, curieusement, pour rigoler, je lui demande s'il a déjà fait du kung-fu. Évidemment que non, me dit-il, ça demande beaucoup plus que le taekwondo. Un peu vexé, je lui demande des détails. Accrochez-vous bien. Si un jeune chinois veut apprendre le kung-fu, il doit quitter l'école, sans doute sa famille et son lieu de résidence (fait assez surprenant quand on sait que le gouvernement chinois attache toujours les individus à leur lieu de naissance), pour aller dans une école spécialisée et consacrer tout son temps à l'apprentissage du kung-fu. Quand c'est à la campagne, ça peut carrément prendre des airs de films de baston chinois avec le vieux maître dans la montagne... Et toujours vrai aujourd'hui. L'apprentissage requiert énormément de temps, il faudrait rester dans ce genre d'écoles pendant 3 ans au minimum (sinon quoi ? Sinon ils vous font la technique des cinq points et la paume qui font exploser le cœur), y consacrer réellement son temps. Contrairement à d'autres arts martiaux comme le taekwondo entre autres (qui est un art martial très récent, comme il date des années 50) qui, même s'ils nécessitent une pratique régulière voire quotidienne pour progresser (c'est comme tout), ne nécessitent sans doute pas qu'on y consacre sa vie pour être capable d'en pratiquer. En effet, le kung-fu semble ne pas se limiter à un art martial et inclue plein d'autres aspects de la vie de tous les jours. Bref, je ne sais pas si sur un CV ça fait classe ou non, mais en tout cas ça peut être une sacrée expérience ! En conclusion je tiens à souligner pour éviter toute confusion que non, même s'ils sont un milliard et demi, les Chinois qui font du kung-fu ne sont pas nombreux, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, on peut toujours les exploiter avec la conscience tranquille. Il faut aussi dire que ce que j'ai raconté ici est très simplificateur, et qu'en réalité de nos jours il est possible de pratiquer une forme de kungfu (qui n'est que l'appellation générale et qui a plein de ramifications) comme sport de combat uniquement (à la façon du karaté, du judo, du taekwondo...). Je voulais juste présenter ce dont j'ai entendu parler et que je compte faire une fois mes études achevées.

jeudi 13 janvier 2011

Pop coréenne

Encore une fois je me dois d'entamer un article par la présentation de mes plus humbles excuses de retard. Le rythme d'un article par semaine était relativement facile à tenir pendant le semestre des cours, mais c'est difficile avec ces cours de Coréen (je ressors aujourd'hui de mon mid-term exam). Ça, c'était pour la langue de bois. En même temps quand je constate le rythme de publication de certains autres sur ce blog censé être collectif, ouvert il y a six mois, et qui n'ont encore rien signé, mais dont je tairai le nom, je ne pense pas avoir beaucoup à me reprocher. Ça, c'était pour la langue de pute. Aujourd'hui, pour contraster et comparer avec le dernier article (vous vous souvenez, ça parlait de cinéma !), je vais présenter quelques clips de la bonne grosse soupe qu'est la Korean pop music. Accrochez-vous à vos chaises, vous allez être sidérés. Nous quittons le domaine de la culture pour entrer dans un nouveau monde. À votre gauche des arcs-en-ciel et des images colorées, sucrées, à en faire passer Picasso pour un impressionniste. À votre droite, des focus sur les jambes des chanteuses ou danseuses, sur leur visage d'imbéciles heureuses, et des travellings sur des jeunes hommes aux influences douteuses qui croisent Arlequin, des gangsta rappers américains, des punks au look futuristes et des boys bands plus effémines les uns que les autres. Là, je vous aurai prévenu, on touche du lourd. Pendant que les uns pleureront pour faire classer ces œuvres sacrilège mondial de l'UNESCO, d'autres affirmeront que ce genre musical (mais la vidéo a toute son importance aussi) sont le produit de génies tout simplement en avance sur leur temps. Attention à vous, branchez vos home cinemas, on est parti. Je vais vous donner seulement quelques exemples de cette mine sans fond qu'est la pop coréenne, quelques exemples que je connais particulièrement plus, ou qui sont assez célèbres (liens youtube à l'appui).

  • Commençons par le plus célèbre d'entre tous les groupes, la crème de la crème dont la notoriété dépasse les frontières de la péninsule, j'ai nommé 소녀시대 (Girls' Generation). Le nom annonce la couleur aux aveugles qui ne les ont jamais vues ou à ceux tellement éblouis qu'ils n'en reviennent toujours pas. J'en discutais avec un pote et on se disait que pour arriver à tel succès, ces filles doivent vraiment se haïr en privé... Et au final elles doivent bien se retrouver quand il faut vomir toutes ensemble pour garder leur poids et leur allure de mannequin. Bon, commençons avec Oh ! ( http://www.youtube.com/watch?v=TGbwL8kSpEk ), et je déconseille les féministes de base de regarder. Alors pour l'influence américaine, là, on est servi avec ce côté pom pom girls et ces joueurs de football américain qui sortent d'on ne sait où. Hoot ( http://www.youtube.com/watch?v=dB018Nj1WjM ) est un morceau assez récent donc c'est assez intéressant de voir qu'il y a un peu d'évolution dans le style. En revanche j'ai jeté un œil aux paroles, c'est du bon gnangnan comme on peut s'y attendre. J'ai essayé de chanter ce morceau dans un noraebang, bon bah j'ai encore des progrès à faire. Je m'arrête là, ce groupe est assez connu et a produit pas mal de morceaux donc si vous en voulez plus du groupe des plus grosses bonasses de Corée du Sud, vous trouverez facilement.

  • 남녀공학 (Namnyeogonghak) est un peu particulier parce qu'ils débutent. En fait, lors d'une sortie avec la classe à KBS, la plus grosse compagnie de télé, on a eu la « chance » de pouvoir les voir répéter sur un plateau télé. Ce tube, Bbiribbom Bberibbom ( http://www.youtube.com/watch?v=aIT09Z2hnV8 ) est leur premier. Apparemment ils montent, mais ils ne sont pas encore très connus aux dires d'une amie coréenne qui était avec nous et qui ne les connaissait pas. Curieusement, le même jour, je les ai entendus à la radio... Selon cette même amie, ils n'ont pas beaucoup d'avenir parce que les filles ne sont pas assez jolies. Ce n'est pas une remarque stupide, car ce genre de groupes fonctionnent vraiment sur le physique pour attirer des spectateurs. C'est la vie ! En tout cas c'est bien l'exemple de groupe multicolore avec des vêtements... je n'ai pas d'adjectifs pour les qualifier, sinon qu'ils sont originaux. Bref si je fais un paragraphe sur ce groupe c'est seulement parce que leur chanson m'est restée dans la tête pendant une semaine.

  • Je me dois de parler de 슈퍼주니어 (Super Junior) car pour cette même classe, en guise de partiels, on a dû choisir une danse d'un groupe de pop comme ça et la reproduire devant la classe. C'est ce clip, Sorry sorry ( http://www.youtube.com/watch?v=x6QA3m58DQw ) qu'on a dû faire (bon, une minute, pas plus, faut pas déconner). D'abord, spéciale cassedédi au fat boy du clip, qui apporte la touche humour qui manque à tous les autres groupes. Ensuite, ce qui m'a totalement étonné quand on a commencé à bosser la danse, c'est que ce groupe est très, très, très connu. Tout le monde, Chinois, Japonais, Coréens, même Mongols connaissent ça ! Tout le monde connaît la danse ! Je ne sais même pas si la Macarena a été aussi connue que ça.

  • Si vous voulez du beau gosse, protéiné à l'extérieur mais sensible à l'intérieur, alors je vous conseille de prendre un peu de 2PM. Les lovers européens peuvent en prendre de la graine lorsqu'ils regardent Without U ( http://www.youtube.com/watch?v=pB4920B2l5g ). Tiens c'est marrant c'est comme chez nous, s'ils alignent trois mots en Anglais dans leur chanson ça fait tout de suite classe. Attention, il ne faut pas confondre 2PM et leur jumeau maléfique 2AM. Ces derniers, de la culture pop américaine, ils tirent plutôt le côté James Dean ou sitcom pour lycéen, comme 잘못했어 ( http://www.youtube.com/watch?v=Yo0zsqa06ZE ) nous le montre. Les branleurs ont bon fond.

  • Avant de commencer ma crise de nerf, je vous présente 오렌지캬라멜 (Orange Caramel) et ses sons de synthé bien kitsch. Là je pense qu'on ne s'adresse plus à un public de lycéen mais d'écoliers. A-ing ( http://www.youtube.com/watch?v=WSolEVV0Ivg ) me le confirme avec ses thèmes de contes pour enfants et son univers si coloré qu'il en rendrait Gilles Montagnier daltonien. Autre clip dans le même genre, manichéen et parfait, où les filles sont des petites princesses, les garçons des princes charmants, et les joueurs de synthé sont sous acide, Magic girl est à voir ( http://www.youtube.com/watch?v=SojvsEJlvf0 ). Les lunettes en forme de petits cœurs verdâtres fallait y penser.

Bref, voilà un petit aperçu de ce qui se fait de mieux en terme de musique ici. Le plus marrant c'est qu'il n'y a pas de frontières pour le playback. On a ainsi regardé des lives où il y a des trous béants dans les couplets, on se demande s'il y a quelqu'un qui chante, puis soudainement quelqu'un chante, ça sonne totalement faux, puis tout le monde reprend le refrain parfaitement. Pour l'aspect visuel, qui, à mon sens est indissociable de la musique (comme ces groupes n'écrivent évidemment pas leurs textes ni leurs musiques ni leurs danses, tout est conçu dans un tout), au final, en ce qui concerne les groupes de filles, tout ceci se résume à une affaire de jambes. Enfin j'ai été pas mal sévère dans cet article avec ces groupes. Faut se dire que ces groupes sont assez populaires ici, qu'il passent souvent à la télé, la radio, et qu'ils sont acceptés comme tels. De plus, il n'y a pas que ça. Si on décroche de la télé et de la radio on peut trouver dans certains quartiers nombres de jazz bars, ou de boîtes qui mettent en valeur d'autres styles de musique, avec des lives assez impressionnants parfois. J'ai même découvert un reggae bar ici ! Enfin ne nous leurrons pas, Bob Marley reste un grand inconnu en Corée, ce bar fait plus office d'exception qu'autre chose. Bref, ne criminalisons pas les Coréens d'écouter ces musiques. À force de baigner dans un environnement qui les met en valeur, vous vous prendrez à siffloter ces airs de temps en temps (ils sont conçus pour ne pas quitter votre tête de toute façon), et à regarder un de ces clips de temps en temps. N'empêche que ça reste de la me

dimanche 2 janvier 2011

Cinéma coréen

여러분 새해 복 많이 받으세요!

J'entame cette nouvelle année sur un air culturel. Depuis que je suis arrivé ici, je me suis essayé à écouter de la musique coréenne et à regarder du cinéma coréen. J'ai beaucoup de boulot en ce moment mais je trouve un petit moment pour faire de la pub pour des œuvres assez méconnues.

Commençons par le sérieux avec le cinéma. Je n'ai pas regardé suffisamment de films pour faire de grandes généralités, et j'en ai encore un certain nombre sur ma liste. Je ne me suis pas fait non plus les blockbusters à l'Américaine, considérant qu'ils ne sont pas spécifiques au cinéma coréen. J'ai regardé des films connus et recommandés par un certain nombre de personnes, à partir du moment où ils ont l'air d'être autre chose que de la bataille de muscles ou qu'un prétexte à vendre des effets spéciaux. Petite liste :

  • 올드보이 (Old Boy). C'est sans doute le plus célèbre à l'étranger et notamment en France des films coréens pour avoir reçu le grand prix du jury à Cannes en 2004. Je suis désolé, mais il y a peu de choses qui puissent être dites au sujet de ce film sans prendre le risque d'en dévoiler un morceau crucial d'intrigue. En très très très gros, c'est l'histoire d'un type à la recherche d'un autre type qui l'a enfermé pendant des années. Même si on peut s'en douter tout le long du film, le final est assez incroyable. Et l'acteur principal a une tronche assez mythique. Le film semble être une référence car j'ai vu plusieurs fois à la télé des pubs ou des comiques qui imitent certaines scènes cultes du film. Bref, même si je peux pas en dire grand-chose, c'est le film à voir.

  • 왕의 남자 (The King and the Clown). Le deuxième film en terme de nombre de ventes au moment de sa sortie. Là on est en plein dans le gros drama coréen, sans être aussi ridicule que les séries télé qui se ressemblent toutes et avec des acteurs qui savent jouer. Donc ça vaut le coup d'œil. C'est l'histoire de quelques troubadours au tournant du XVe et XVIe siècles qui pour gagner leur vie se lancent dans la satyre de la cour. Au lieu de les faire exécuter, le roi, archétype du tyran, les apprécie et les fait entrer à la cour où ils provoquent l'ire des aristocrates. Et en parallèle, une histoire d'amour homosexuelle entre le roi et un troubadour (enfin, peut-on appeler aimer un eunuque être homosexuel ? Lourde question à laquelle je ne pense pas être capable de répondre). Bref, c'est à voir pour une simple raison : c'est surprenant. C'est plein de façon de jouer, de filmer, qui sont assez étrangères. Et le drama sur fond historique ces dernières années devient populaire en Corée, c'est donc intéressant de voir comment leur propre passé peut être traité. Et de se rendre compte que ces histoires de pouvoir ne nous sont pas si étrangères que ça...

  • 친구 (Friend). Là c'est le côté film de yakuza qui ressort pour montrer que les Coréens aussi savent y faire avec les mafieux. C'est l'histoire d'un groupe de potes qui prennent des chemins très différents après le lycée. L'un trouve un boulot, l'un va loin dans ses études, l'un va dans une famille de mafia et l'autre va dans une autre famille de mafia. Et quand ils se revoient plus tard, ça crée des étincelles. Les problèmes mis en avant dans ce film m'ont fait penser à Once Upon a Time in America à plusieurs reprises, car au final le thème de ce final est davantage l'amitié que la mafia (cf le titre du film). C'est un bon film mais sans plus, sympa à regarder si on trouve le temps, mais moins surprenant comparé aux autres.

  • 웰컴 투 동막골 (Welcome to Dongmakgol). Ce film est sympathique en soi, mais très intéressant pour ce qu'il symbolise. Il est sorti sous la présidence de 노무현 (No Mou-Hyeon), issu du parti qui se rapproche le plus de ce qu'en France on appelle la gauche, et il a mené une politique d'indépendance vis-à-vis de l'interventionnisme américain et d'ouverture à l'égard de la Corée du Nord (dans les discussions du moins). L'intrigue se déroule en pleine guerre de Corée, dans un endroit paumé. Il y a un village, Dongmakgol, où les gens ne sont même pas au courant qu'il y a une guerre. Par hasard, un soldat américain parachuté y est recueilli, des soldats sud-coréens perdus arrivent, puis des soldats nord-coréens. Et dans ce village de hippies il apprennent à vivre ensemble. L'histoire peut paraître gnangnan, mais pour c'est pour sa portée que je trouve qu'elle vaut la peine d'être vue (et le film en lui-même n'est pas gnangnan). Et c'est aussi un film où les Américains prennent cher.

  • 좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈 (The Good, the Bad and the Weird). Sur celui-ci je passe vite parce que je l'ai vu en France avant de partir. C'est une comédie qui parodie le western de Segio Leone dans la Corée occupée par le Japon. C'est marrant mais c'est pas culturellement surprenant ni symboliquement intéressant.

Il me reste encore à voir JSA, un film de guerre qui sort du lot et qui est absolument à voir apparemment (même réalisateur que Old Boy). Je compte aussi voir May 18th, à propos des répressions venues des militaires au pouvoir lors de la transition démocratique (ça semble alléchant au regard de l'article que j'ai écrit pour le prochain numéro de Décloîtrés...). De ce que j'ai vu, il y a quand même quelques éléments qui méritent d'être soulignés concernant ces films. Premièrement, c'est très émotionnel ! C'est l'esprit du drama, on ne fait pas dans la dentelle, pour que le spectateur pleure il faut y aller à l'outrance dans le tragique, et de même dans le comique. Les deux heures en moyenne de durée des films sont l'occasion d'être traversé violemment par différentes émotions. Avec des acteurs qui y vont franchement, on est loin de la retenue de Bertrand Tavernier. Deuxièmement, et ça c'est bien, ça change totalement des schémas bien établis par Hollywood. Même si Disney est aussi populaire en Corée, pour les réalisations coréennes, c'est autre chose. Tout n'est pas bien qui finit bien. Dans les stéréotypes hollywoodiens, les personnages vivent leur vie normalement, puis quelque chose survient, et il leur arrive des aventures, et une fois le problème réglé ils retournent à leur belle vie d'avant. Dans les films que j'ai pu voir, c'est bien le contraire, les personnages sont marqués à vie par l'histoire qui leur est arrivée. Les réalisateurs n'hésitent pas à mutiler et faire mourir leurs personnages contre toute attente ! Le meilleur exemple ici est Old boy (et vous comprendrez quand vous l'aurez vu !). Alors que dans South Park, la mort de Kenny fait partie du plan, ici, j'ai été choqué par certaines scènes, non à cause de leur violence, mais parce que je n'y étais absolument pas préparé. Troisièmement, les personnages principaux sont toujours assez ambigus. Ce ne sont pas des hérauts du bien luttant contre le mal, ils sont doubles mais sans que cette double personnalité soit nécessairement l'opposition entre bien et mal. Dans The King and the Clown, j'avoue ne pas trop savoir quoi penser du roi à la fin. C'est à la fois une pute finie, une enflure sortie des mains des plus immondes crapules, mais à la fois un personnage touchant et humain sur d'autres aspects... Un peu comme l'empereur Pu Yi dans The Last Emperor en quelque sorte.

Je voulais continuer sur la musique coréenne, en particulier la Korean Pop, et faire une petite liste comme pour le cinéma, mais le temps file et je suis désolé de devoir repousser ça à un autre article. Patience !

mercredi 22 décembre 2010

Réflexions de collégienne

Cela devient difficile de garder le rythme d'écriture que j'avais au début de l'année, mais j'ai de bonnes excuses. Les partiels sont terminés, mais j'ai commencé le stage linguistique intensif de Coréen, et ça me rappelle à de nombreux égards la prépa, avec ses devoirs incessants tous les jours, des listes de vocabulaire quotidiennes à en faire tourner la tête... J'imagine que c'est le prix à payer pour accéder à un meilleur niveau en version accélérée. Résultat, le temps me manque pour tout : bouquiner les 50 000 livres que j'ai ici, mater des films, me refaire la totale de South Park, sortir, etc etc. Je comptais justement écrire un article sur le cinéma coréen, du moins sur les films que j'ai vus, il y a quelques choses à dire, mais comme j'ai perdu le fil de ma consommation régulière de films je vais écrire sur un autre sujet d'actualité : le départ des autres.

En effet, ces jours-ci, la majorité des étudiants étrangers ne restant qu'un semestre fait ses valises et quitte la péninsule. Pour ceux à qui l'on s'est le plus attaché, ça donne à réfléchir. Nous reverrons-nous un jour ? Quel est mon avenir dans la vie ? De nos jours, dois-je toujours avoir un domicile ou bien être flexible au point de voyager toujours partout dans le monde ? Y a-t-il une vie après la mort ? Si Ross et Rachel se séparent dans la saison 3, qu'en est-il de Joey dans la saison 6 ? Tant de questions auxquelles l'humanité n'aura jamais la réponse. C'est à cause de ces questions que la semaine reliant mon anniversaire à Noël se teint de nostalgie. À peine avons-nous quitté un de mes meilleurs amis faits ici que nous entrons dans un coffee shop pour entendre une chanson coréenne sooo sad. On se serait cru dans un drama où la musique vient toujours souligner à l'outrance le sentiment que doit avoir le spectateur à ce moment-là, à l'exception près que nous sommes de bien meilleurs acteurs. Heureusement, vu le boulot que l'on a pour le Coréen, on a pas vraiment le temps de penser à autre chose. Alors que l'on devrait parfois. Je prends pour exemple notre plan de ce week-end pour Noël. Samedi et dimanche nous partons avec quelques autres étudiants étrangers (les Coréens étant pour la plupart occupés ce jour-là) pour un endroit mystérieux dont on sait seulement que c'est à 3 heures de bus en partant de Séoul, que c'est dans une maison que nous prête un Coréen par l'intermédiaire de sa tante. Ça sent le plan foireux à plein nez, mais nous y courons gaiement dans la joie et la bonne humeur parce que hé, quand même, c'est Noël. Il a été difficile de s'accorder sur qui viendrait, mais l'embargo potentiel sur la Chine a assez vite sauté.

Une chose est sûre c'est que l'on va avoir droit à un Noël cosmopolite. L'Anglais n'est pas une si jolie langue mais elle est sacrément pratique. On n'imagine jamais à quel point la communication partout dans le monde est rendue plus aisée avec une langue internationale, même si tout le monde ne la parle pas parfaitement. Mais c'est une expérience dont je me rends compte en vivant en Corée. La maîtrise à la perfection d'une langue n'a pas de sens. L'important, c'est de comprendre et d'être compris. Quand je repense avec le recul aux cours d'Anglais en prépa notamment, où l'obsession d'être parfait règne, je me demande au final à quoi ça servait. À s'élever l'esprit ? Je ne sais pas si c'est la bonne méthode, car si l'on y réfléchit bien, personnellement je ne maîtrise même pas le Français à la perfection. D'où ma question : à quoi sert d'apprendre une langue ? Revenons à la base, au début, au point zéro de l'apprentissage d'une langue. Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à apprendre une langue étrangère, comme ça représente un lourd investissement ? J'y vois deux raisons. La première : parler cette langue. La deuxième : avoir accès aux ressources culturelles disponibles uniquement si l'on maîtrise cette langue, comme la littérature, le cinéma... Si vous voyez d'autres raisons, n'hésitez pas à les partager. En tout cas, pour la première raison, la maîtrise parfaite d'une langue n'a pas de sens. Bien sûr, il faut bosser, tout le temps et tout le temps, mais à quoi sert de ne pas faire de fautes si l'on peut en faire tout en étant capable de parler avec un natif ? J'ai en tête l'Allemand où à l'oral on massacre les déclinaisons sans que cela gêne les Allemands. Qui plus est, quand je parle avec des Espagnols ou même des Tchèques, on cherche un mot en Anglais, on le dit en Français, et dans leur langue c'est quasiment le même mot... Il est parfois plus utile de contourner l'Anglais quand on parle Anglais pour être compris ! Pour la deuxième raison, une connaissance approfondie de la langue est nécessaire, notamment pour la littérature où c'est là qu'on va trouver les expressions les plus ardues. Mais là encore, ce n'est pas nécessaire de maîtriser à la perfection la langue, dans son intégralité : l'important est de comprendre ce qui se passe. C'est différent évidemment si l'on veut écrire de la littérature et non la lire, où là, bon, je reconnais qu'il faut savoir de quoi (et comment) on parle. Enfin, il suffit de parler avec des Chinois qui disent ne pas connaître l'intégralité des sinogrammes pour se rendre compte qu'il vaut mieux concentrer le temps limité dont on dispose sur quelque chose qui permettra d'établir une relation humaine. C'est pourquoi je tente de mondialiser mon Anglais pour être compris. Après avoir adopté l'horrible habitude de dire « dude » tout le temps, je commence à sortir le mot « bitch » sans m'en rendre compte. En parallèle, le peu de pratique du Français me met dans des situations inconfortables des fois. Je n'oublie pas mon Français, mais j'oublie les expressions imagées, les idiomes, enfin bref tout ce qui fait l'intérêt et la beauté d'une langue. Ça, c'est chiant.

En bref, je pense que ça ne sert à rien de chercher à maîtriser jusque dans ses moindres recoins une langue, mais il ne faut pas perdre de vue que c'est une lutte incessante. Toujours apprendre parce qu'il y a toujours à apprendre, jusqu'à ce qu'on en vomisse. Pourquoi apprendre au fond ? Apprendre pour apprendre ? Je pense plutôt que c'est apprendre parce que l'histoire d'un pays est aussi inscrite dans sa grammaire. Et apprendre ne se limite pas à la grammaire et au vocabulaire. Bien entendu c'est la tache qui prendra le plus de temps, mais j'ai l'impression que même si l'on connaît bien sa grammaire et qu'on a une quantité de vocabulaire conséquente, ça tourne toujours dans le vide si l'on a pas saisi le point de vue de ceux qui parlent cette langue. Exemple trivial : « qu'est-ce vous prendrez », au restaurant, donne en Coréen quelque chose qui se traduirait littéralement par « qu'est-ce que je vais vous donner ». Ça semble facile, au final il n'y a qu'à apprendre par cœur. En fait, même s'il est important de connaître la grammaire et le vocabulaire, si l'on a que ça, on ne peut pas deviner par soi-même comment dire « qu'est-ce que vous prendrez » en Coréen, il y a un petit quelque chose en plus à attraper. Et à comparer les langues européennes, je pensais que les différences entre les langues du monde n'étaient que des différences d'idiomes au final. Je me suis rendu compte qu'il y a aussi des différences de comportement dans la communication, des mimiques, des gestes, des expressions corporelles ou faciales... Les Japonais me font toujours sourire à ce propos. Quand on leur dit quelque chose, même si ça n'est pas extraordinaire, on a toujours le droit à des gros yeux et à un long « ooooh » d'étonnement. L'autre jour, j'ai simplement dit à un Japonais que je prenais ce cours de Coréen pendant les vacances d'hiver et que j'étais niveau 2, et j'ai eu droit à un « haaaaaaaaaaaaa (montant) hmmmmmmmmmmmm (montant) oooooooooooooooooh (montant légèrement puis descendant) ». Des montagnes russes verbales... Enfin, ça n'est pas le Chinois avec ses saloperies de tons qui rendent encore plus fou. Je serai curieux d'avoir le point de vue d'autres gens à l'étranger apprenant une nouvelle langue sur ces questions de communication et d'apprentissage...


Une maison coréenne louée par le club de taekwondo pour une soirée

No dude that's really gross

J'ai découvert récemment une libraire gigantesque, vraiment immense, où l'on trouve... de tout

Un spectacle de théâtre par des étudiants chinois en costumes traditionnels coréens

mercredi 8 décembre 2010

L'article précédent, c'était parce que, comme on se le disait en famille autour d'une bonne tisane au 97 rue d'Antrain il y a quelques mois, raconter le quotidien est la meilleure manière de se rendre compte de ce que sont devenues nos vies. Donc voilà c'est fait. Et maintenant, suivant l'example de Camille, petite série de nouvelles en vrac:

  • Le soleil est inlassablement bleu, les jours passent et le beau temps reste. Il fait bon et les gens sortent en tee-shirt en milieu de journée. L'Europe sous la neige me paraît bien bien loin...

  • Je n'ai pas encore essayé le surf.

  • Après plusieurs week-ends de voyages, j'ai décidé de me poser pour le moment et d'explorer ma ville. J'étais hier soir à Hollywood dans un petit, tout petit théâtre. Une installation qui ne paye pas de mine et une trentaine de personnes rassemblées pour prendre le micro le temps d'un slam, d'un poème, d'une chanson. Et ce dynamique papy qui vient raconter son adolescence avec son bon copain Jim Morrison. Parce qu'on a beau dire, LA c'est encore la Californie, l'ouverture d'esprit, la tolérance et les restes de l'époque Hippie.

  • Le quartier ou j'habite est en constante ébullition, les bâtiments se refont une beauté, des petits magasins ouvrent. Il y a beaucoup de clubs de yoga, ou de club de fitness, pas vraiment l'Amérique d'en-bas. Le dimanche matin, le quartier grouille autour du marché.

  • Je suis aussi impressionnée par le bouillonnement d'idées que je trouve ici en Californie. Les débats dans les rues, les nombreux étudiants qui prennent l'initiative de créer des entreprises ou des ONG (comme le dit Harrison qui a créé un business de matelas bios, « on crée des emplois, on n'attends pas d'en trouver »...).

  • Je crois que je suis bien habituée à l'anglais, et je ne me rends plus trop compte quand je passe d'une langue à l'autre.

  • Le stage se passe, même si d'une certaine manière je commence un peu à saturer de ces longues journée sérieuses.

  • La fin des partiels à UCLA est demain soir. Donc une grosse soirée en prévision pour fêter l'achèvement de semaines d'un labeur que je n'ai pas eu à endurer :). Une soirée est aussi prévue vendredi soir; Finalement je retrouve de plus en plus, et avec plaisir l'atmosphère rennaise/étudiante avec des choses prévues tous les soirs, et la recherche active de temps pour dormir.

  • Je suis partie à San Diego il y a quelques semaines, choc de la frontière avec le Mexique. Et le plaisir de retrouver Erika, qui etudiait a l'iep l'an dernier. Elle m'enmène en deux jours visiter plein de jolis petits coins. Rencontre aussi avec cette française de Phoenix en visite à San Diego qui prévoit de traverser le pays en voiture, de l'Arizona à Philadelphie en février. On partira surement ensemble et je filerai jusqu'à Boston.

  • Jai passé un week-end de Thanksgiving très atypique, en compagnie d'une cinquantaine de chinois. Pour résumer l'aventure, j'avais trouvé ce bus pour sillonner les routes de Los Angeles à El Paso, Texas, via les parcs naturels de l'Arizona et du Nouveau-Mexique.

    Jeudi 25 novembre, 7h00, et un lever à l'aube, bien fatiguée mais sourire au lèvres à l'idée de ces 4 jours de vadrouille. Je me présente au point de rendez-vous...pour me rendre compte après une heure d'attente en vain, qu'il faut en fait que j'aille à Chinatown. Et que le bus est déjà parti...La responsable au téléphone me conseille grandement d'attraper un taxi et de rattraper le bus si je veux vraiment participer au voyage. Pas le temps de me maudir, je grimpe dans le premier taxi qui passe, pour un trajet à fond les ballons sur les freeways. Quarante minutes plus tard, je monte finalement dans le bus, contente, mais fauchée puisque la course m'a couté...200dollars! Seconde surprise quand je me retourne pour voir qui est déjà là: jusqu'au bout du bout du bus, les rangs sont occupés par des familles asiatiques. Et le guide se lève, et se met à parler...en mandarin! A ce moment là, je me demande vaguement ce que je fais là...Et puis s'ensuivent 4 jours finalement cools...Le guide est sympa et décide de me faire rentrer dans tous les parcs naturels et les restaurants (chinois vous l'aurez compris) gratuitement. Ca console un peu...4 jours donc pendant lesquels on traverse, et s'arrête dans des parcs nationaux époustouflants. Pendant ce week-end j'ai vraiment compris pourquoi les américains ne prennent la plupart du temps pas la peine de voyager à l'étranger. Les paysages sont scéniques et magnifiques, entre les forêts de cactus géants, ce désert de sable tout blanc, et les montagnes à perte de vue. A chaque stop j'arrive à me détacher du groupe pour me perdre dans la nature, et c'est vraiment le pied. Et après un petit bilan, contente d'avoir pu m'échapper du bouillonnement de la ville, et de voir tout ça. Ce weekend confirme aussi grandement mon goût pour les voyages « à l'arrache », sans le sou, et sans grand groupe....

    Quelques photos du voyage, pour le plaisir des yeux!






lundi 6 décembre 2010

Flash news

Aujourd'hui j'ai envie de parler de tout et de rien, juste de quelques trucs qui me passent par la tête. Je n'écris pas beaucoup en ce moment, car je suis assez occupé. Jeudi, j'ai un test de niveau de Coréen car je vais suivre les cours d'un stage linguistique intensif à partir de lundi prochain pendant dix semaines, après lesquelles je me rendrai au Japon retrouver le fondateur de gynécologie sans frontières. Donc je bosse pas mal mon Coréen ces jours-ci, plutôt des révisions, parce que j'ai envie de me retrouver dans une bonne classe. Puis les partiels approchent aussi. Jeudi, notre prof de mass medias and popular culture nous demande d'exécuter une danse d'un groupe de pop coréenne, alors il faut bien préparer l'humiliation à venir. Et la semaine d'après j'ai le stage intensif qui commence avec en même temps des partiels, donc jusqu'à Noël mon emploi du temps va être blindé. Qui plus est, j'ai commencé à préparer mon article pour le second numéro de Décloîtrés, ce que je fais sur mon temps de rédaction pour le blog normalement. En bref, quelques news.

Ce week-end, je me suis rendu à Daelim, le quartier chinois de Séoul. Je m'y suis rendu avec un ami chinois. Bah figurez-vous, j'y ai mis tous mes moyens de communication les plus aboutis, mais il n'y a rien à faire : il n'a jamais entendu parler des nems et des nougats chinois. Je me demande quelles chinoiseries se cachent là-dessous... Nous nous sommes rendus à Sincheon après, un quartier animé pour un samedi soir, où j'ai vu un nombre impressionnant de jazz clubs, ce qui contraste vraiment avec d'autres endroits. C'est toujours aussi incroyable de se balader dans des rues avec des immeubles où des boutiques différentes se trouvent à tous les étages, avec des lumières partout, et en même des câbles qui pendent et vous narguent. Puis nous sommes tombés sur une salle d'arcade, la première que je vois ici, où le bruit est assourdissant, mais les prix ridicules. Je suis tombé sur une borne d'arcade sur laquelle je suis resté scotché, où le principe est de jouer de la batterie tout simplement, mais avec que des chansons japonaises, ça n'aide pas ! Puis, m'étant couché très tard vendredi et samedi, nous avons trouvé un jjimjilbang à 10 minutes à pied de l'université pour 4€ en plein tarif (de nuit) pour nous relaxer dimanche soir.

Les aveugles coréens ne sont pas en reste à Séoul. Quand on appuie sur le bouton sur le poteau du feu au passage piéton, ce n'est pas pour appeler le feu vert à prendre plus vite, c'est pour signaler aux aveugles quand ils peuvent traverser. Et comment ! En rythme, avec des petites musiques et des voix criardes pour les diriger sur les longs passages piétons ! De plus, sur beaucoup de trottoirs, il y a une sorte de pavé différent au milieu. Il est jaune et avec des lignes qui indiquent dans quel sens va le trottoir, à quel moment on peut tourner, quand il y a un passage piéton à traverser, quand il y a des marches qui descendent vers le métro, pour diriger la canne du non-voyant.

Je ne pense pas à prendre de photos. Je ne sais pas pourquoi, ça ne me vient jamais à l'idée de sortir mon appareil, alors même que je l'ai toujours sur moi, pour prendre des photos. Cela explique pourquoi le nombre de photos s'est réduit sur mes précédents articles...

Les films pornos ne sont pas universels. L'autre fois, dans la salle télé de la cité u, il était tard, nous étions quelques-uns à discuter. Puis, soudainement, on entend à l'autre bout de la pièce des Chinois et des Singapouriens éclater de rire. Je me retourne et découvre un film porno (où bien sûr ce ne sont pas des Asiatiques qui sont représentés) qui passe à la télé. Bon, d'accord, je veux bien que ce soit surprenant, mais de là à éclater de rire... J'ai alors appris que dans ces deux pays, ça n'existe pas les films pornos, que c'était la première fois qu'il voyait ça. Et bien, ça leur fait une belle (troisième) jambe !

Les Coréens et les Japonais, ça se passe bien ? J'avais l'intention de faire un article tout entier là-dessus, avec détails à l'appui et tout. Mais en fait, à chaque fois que j'ai pu en parler, j'ai souvent eu le même genre de discours, ce qui limite la possibilité de broder. Je fais parler mon roommate qui est assez représentatif de ceux avec qui j'en ai parlé. Ils en ont après le Japon, pas après les Japonais. Globalement il y a des échanges entre les deux pays, des étudiants qui vont dans l'autre et réciproquement, mais tout se passe bien entre eux. L'ennui, c'est sur le plan diplomatique. Déjà, commençons par la mer du Japon que les Coréens veulent renommer mer de l'Est. Puis, des contentieux territoriaux qui durent, à propos d'îles où il y a plus de poulpes que d'habitants. Cela me mène à ce second point :

Le regard nationaliste de la Corée du Sud sur son histoire. Je me suis rendu au musée de Seodaemun il y a quelques temps maintenant. C'est une ancienne prison que les Japonais utilisaient pour torturer les indépendantistes coréens avant parfois de les exécuter. Et là, on y voit des représentations de Mitsuhirato contre les équivalents coréens de Tchang. Tout ça c'est très bien, mais le problème c'est le message véhiculé derrière... Faire d'un musée un lieu où l'on dénonce les atrocités commises par les uns sur les autres, c'est important. Ne pas oublier que des gens sont morts à cause de l'oppression d'autres, c'est nécessaire. En revanche, maintenir l'hostilité sur le long terme à l'envahisseur japonais pour faire adhérer tout le monde à la nation coréenne, faire l'amalgame entre indépendantisme et nationalisme, c'est dangereux, car ça peut être utilisé à n'importe quelle fin. Se créer des martyres, tomber dans le pathos au lieu de restituer scientifiquement l'Histoire, ça revient à poursuivre l'aveuglement et quitter un oppresseur pour un autre... De même, je me suis rendu au War memorial museum. Je m'attendais un peu à trouver quelque chose comme le mémorial de Caen, un résumé d'histoire en somme. La première partie c'est un peu ça, quand on passe de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle. Puis, tout dégénère de nouveau avec le XXe siècle. Le plus gros paradoxe qui se soit présenté à mes yeux est celui-ci : d'une part, on met en avant les horreurs de la guerre de Corée, les nombres de morts (à savoir que la Turquie et l'Éthiopie ont envoyé plus d'hommes que la France, et que le Luxembourg est un des pays qui a subi proportionnellement le plus de pertes avec deux morts), les armes qui ont eu le temps d'être perfectionnées après 1945... Et d'un autre côté, pour la fin du musée consacrée à l'armée aujourd'hui, c'est complètement pro-militaire, parce que faut pas déconner, la violence de la guerre c'est à cause de la Corée du Nord, pas à cause de nous, nous on est les gentils et si on construit des tanks et qu'on présente les modèles de soldats du futur qui ressemble à un mélange de CRS aujourd'hui et de stormtrooper de Star Wars, ça peut pas se retourner contre la population civile, c'est vraiment uniquement pour se défendre, oui oui... Bon, la partie intéressante de ce musée est en fait l'extérieur du musée, où sont entassés tout un ensemble de véhicules utilisés durant la guerre de Corée. On peut rentrer dans les avions, dans un bateau, dans quelques véhicules pour faire joujou et s'y croire.

Cela fait plus de trois mois que je suis ici. Mais clairement, je suis un peu plus inséré dans mon environnement. Évidemment, le fait que je parle un peu Coréen à présent, que j'ai des repères pour me déplacer en ville et que je me sois fait des amis coréens n'y est pour rien, car au fond, ce n'est pas moi qui ai changé, ce sont les Coréens. J'ai découvert que les règles ne sont pas en métal, elles sont bien plus souples quand on sait s'y prendre. Par exemple, à l'entrée de la cité u, il y a une borne magnétique où il faut passer une carte pour entrer, car l'accès est interdit aux non-résidents. Si vous y allez à la confiance, en poussant la barrière à la main comme si de rien n'était, tout va bien se passer. Si on n'exagère pas, les règles peuvent faire facilement dans l'exception si l'on s'y croit permis.

Après le café, le thé. J'ai vraiment été surpris par les différents parfums de thé auxquels j'ai pu goûter ici. Petit liste non exhaustive. Thé vert qui n'a pas le même goût que le thé vert super u dont on a été quelques-uns à abuser à Patton l'an dernier. Il y a un arrière-goût d'une plante que je n'arrive pas à saisir, mais après quelques discussions, je pense sans être certain qu'il s'agit d'aloès. Thé noir (ou thé rouge), où là, tout dépend, il y a plein de sortes différentes. Ujacha, thé au citron, qui est une sorte de marmelade dont on prend une cuillère au fond de la tasse et où l'on verse de l'eau chaude, qui est vraiment incomparable. Thé à la lavande : j'en ai pris dans un bar quand nous sommes allés à Sokcho, la ville près du parc national de Seoraksan dont j'ai parlé une fois précédente, j'ai cru au départ à de l'arnaque car ça avait simplement une couleur d'eau chaude, mais le goût devient plus fort après quelques secondes. Thé au riz, ou bien à une plante proche du riz, j'ai pas bien compris, enfin un truc bizarre supposé être traditionnel, assez bon, difficile à identifier. Et enfin, le must de l'indéfinissable : le thé au blé, très épais, qui a vraiment le goût de blé hein, mais qui est si fort qu'on ne dirait même plus du thé, et qui donne la nausée aux uns tandis qu'il donne l'impression aux autres de boire une potion concentrée en sucres.

Le temps est étrange. Alors qu'il fait rarement -6° en Normandie ou en Bretagne, du moins en fin de Novembre, j'ai appris que c'est le cas pile l'année où je ne suis pas là. Tandis qu'ici, nous avons eu de la neige il y a deux weekends, puis une recrudescence de chaleur. Même si l'on n'est pas encore en t-shirt dans la rue, hier soir il faisait vraiment bon même à minuit. Il paraît que de la neige est prévue pour la fin de semaine, et on nous annonce toujours que Janvier et Février vont être catastrophiques.

Avec le peu de temps que j'ai pour écrire, j'ai peu de temps pour me relire et corriger mes fautes !

PS : l'imam Beaudonnet annonce qu'une fatwa sera lancée à son retour pour ceux qui n'ont pas encore écrit sur le blog.


Le S Café ferme ses portes pour l'hiver, donc un sevrage temporaire d'échecs s'impose

Salauds de nazis !

Vendredi matin, 7h30, mon maitre de stage débarque devant l'immeuble, avec un grand sourire et deux cafés. Le grand sourire, c'est parce que le week-end approche; Et les cafés c'est pour se faire pardonner de la discussion animée qu'on a eu la veille au soir quand il a appris mon intention de visiter Compton (un des quartiers pas jolis jolis de la ville). Il m'a fait le coup du père de famille inquiet, qui ne peut pas dormir à chacun de mes voyages. Bref, nous voilà sur le chemin du boulot, à toute allure sur les freeways. Huit heures de boulot plus tard (et l'enchainement de chiffres et de tableaux de prévisions pour 2011), je le retrouve pour reprendre la route vers le Nord. 30 minutes de trajet, le temps de discuter. Et aujourd'hui au programme, séance culturelle à propos des gangs de Los Angeles, du conflit entre Tupac et Notorious BIG, chansons à l'appui. Intéressant.

17h37, j'arrive à l'appart. 17H39, je pars en vadrouille avec Matt et Auré. A une dizaine de blog est organisée ce soir là une marche de Noël; Tous les magasins sont ouverts tard et offrent des gateaux, du bon vin, du cidre chaud. On se donne pour seule règle de rentrer dans absolument tous les magasins, et de gouter au moins un verre de vin. Les trottoirs sont bondés, et par ci par-là des groupes de jeunes en belle tenue entament des chants de Noël. Bonne ambiance, et des rencontres intéressantes. Avec ce photographe pour le New York Times qui expose ses portraits, et qui se fait intarrissable sur ses rencontres avec Hendrix ou Cindy Lauper. Avec ce je-ne-sais quel policier « important » et Matt est aux anges. Avec ce groupes de marocains qui jouent des percus, on rejoint leur cercle pour un petit boeuf.

Quelques heures plus tard, ma bonne humeur retombe lorsque l'on croise ce groupe de créationnistes, des catholiques très extrémistes. Ils sont installés au beau milieu du trottoir, équipés d'une sono et d'une installation vidéo. Au sol, un cadavre recouvert d'un drap blanc. Et des panneaux expliquant en 10 points pourquoi il faut rejeter l'islam. Je vous laisse imaginer le niveau de pertinence des 10 points en question sachant que le premier est: « Muhamed was a pedophile ». Au milieu de tout ça, un prêtre est assis. Les gens, assemblés en demi-cercle l'écoutent lire des extraits de la Bible, puis démontrer en quoi être chrétien c'est suivre le bon chemin. Ou plutôt pourquoi toute autre conviction et absolument erronée, mène à l'enfer et la dégénérescence. Choquée, je donne mon point de vue à un des gars, et la discussion s'engage mais ce n'est pas très constructif car on es tous les deux à notre manière très campés sur nos positions. On passe finalement notre chemin, mais un peu retournés.

Samedi matin, 8h, après une courte nuit la maison est en ébullition. Auré se pomponne pour une nouvelle audition. Harrison et Grant s'en vont faire du bénévolat (ils ont créé un jardin ou les étudiants travaillent en coopération le week-end). De mon côté, je rejoins Sandra, une copine allemande rencontrée il y a quelques semaines. Destination le Runyon Canyon, au nord d'Hollywood. Une leçon de yoga dans l'herbe puis une jolie rando en companie d'un groupe de couchsurfers. Un nouveau beau panorama sur la ville; puis on enchaîne sur un petit restaurant indien.

Retour à Santa Monica pour la soirée, et on repart en fanfare pour une nouvelle marche de Noël.

Dimanche matin, 12h, surmontant le petit mal de tête et les attraits d'une bonne journée inutile, je pars cette fois avec Harrison visiter le Farmers Market, des allures de marché de la Place des Lices; Encore des rencontres intéressantes, des échanges d'idées, des initiatives qui bouillonent.

La journée s'enchaîne avec un concert, puis une autre leçon de yoga (c'est rigolo car les leçons sont données dans un immense sauna). Ce soir, la pluie tombe et on se réfugie dans un ciné.

Un weekend qui a filé à toute allure, comme il y a deux semaines à San Diego, comme le week-end dernier sur les routes de l'Arizona au Texas . Retour au boulot demain, pour reprendre les projets; Je bosse en ce moment avec une ONG de Stanford sur un projet étude qui ferait le lien entre la Californie et l'Ethiopie. Noël approche aussi, et une dizaine de jours de vacances avec Noemie, avec au programme une visite des Grands Canyons, de la Vallée de la Mort et puis un nouvel an à San Francisco. Et cette fois-ci pour sur, je ferai l'effort d'intercaler des photos entre le texte, ou bien du texte entre les photos.

Bien à vous,

Louise