Aujourd'hui j'ai envie de parler de tout et de rien, juste de quelques trucs qui me passent par la tête. Je n'écris pas beaucoup en ce moment, car je suis assez occupé. Jeudi, j'ai un test de niveau de Coréen car je vais suivre les cours d'un stage linguistique intensif à partir de lundi prochain pendant dix semaines, après lesquelles je me rendrai au Japon retrouver le fondateur de gynécologie sans frontières. Donc je bosse pas mal mon Coréen ces jours-ci, plutôt des révisions, parce que j'ai envie de me retrouver dans une bonne classe. Puis les partiels approchent aussi. Jeudi, notre prof de mass medias and popular culture nous demande d'exécuter une danse d'un groupe de pop coréenne, alors il faut bien préparer l'humiliation à venir. Et la semaine d'après j'ai le stage intensif qui commence avec en même temps des partiels, donc jusqu'à Noël mon emploi du temps va être blindé. Qui plus est, j'ai commencé à préparer mon article pour le second numéro de Décloîtrés, ce que je fais sur mon temps de rédaction pour le blog normalement. En bref, quelques news.
Ce week-end, je me suis rendu à Daelim, le quartier chinois de Séoul. Je m'y suis rendu avec un ami chinois. Bah figurez-vous, j'y ai mis tous mes moyens de communication les plus aboutis, mais il n'y a rien à faire : il n'a jamais entendu parler des nems et des nougats chinois. Je me demande quelles chinoiseries se cachent là-dessous... Nous nous sommes rendus à Sincheon après, un quartier animé pour un samedi soir, où j'ai vu un nombre impressionnant de jazz clubs, ce qui contraste vraiment avec d'autres endroits. C'est toujours aussi incroyable de se balader dans des rues avec des immeubles où des boutiques différentes se trouvent à tous les étages, avec des lumières partout, et en même des câbles qui pendent et vous narguent. Puis nous sommes tombés sur une salle d'arcade, la première que je vois ici, où le bruit est assourdissant, mais les prix ridicules. Je suis tombé sur une borne d'arcade sur laquelle je suis resté scotché, où le principe est de jouer de la batterie tout simplement, mais avec que des chansons japonaises, ça n'aide pas ! Puis, m'étant couché très tard vendredi et samedi, nous avons trouvé un jjimjilbang à 10 minutes à pied de l'université pour 4€ en plein tarif (de nuit) pour nous relaxer dimanche soir.
Les aveugles coréens ne sont pas en reste à Séoul. Quand on appuie sur le bouton sur le poteau du feu au passage piéton, ce n'est pas pour appeler le feu vert à prendre plus vite, c'est pour signaler aux aveugles quand ils peuvent traverser. Et comment ! En rythme, avec des petites musiques et des voix criardes pour les diriger sur les longs passages piétons ! De plus, sur beaucoup de trottoirs, il y a une sorte de pavé différent au milieu. Il est jaune et avec des lignes qui indiquent dans quel sens va le trottoir, à quel moment on peut tourner, quand il y a un passage piéton à traverser, quand il y a des marches qui descendent vers le métro, pour diriger la canne du non-voyant.
Je ne pense pas à prendre de photos. Je ne sais pas pourquoi, ça ne me vient jamais à l'idée de sortir mon appareil, alors même que je l'ai toujours sur moi, pour prendre des photos. Cela explique pourquoi le nombre de photos s'est réduit sur mes précédents articles...
Les films pornos ne sont pas universels. L'autre fois, dans la salle télé de la cité u, il était tard, nous étions quelques-uns à discuter. Puis, soudainement, on entend à l'autre bout de la pièce des Chinois et des Singapouriens éclater de rire. Je me retourne et découvre un film porno (où bien sûr ce ne sont pas des Asiatiques qui sont représentés) qui passe à la télé. Bon, d'accord, je veux bien que ce soit surprenant, mais de là à éclater de rire... J'ai alors appris que dans ces deux pays, ça n'existe pas les films pornos, que c'était la première fois qu'il voyait ça. Et bien, ça leur fait une belle (troisième) jambe !
Les Coréens et les Japonais, ça se passe bien ? J'avais l'intention de faire un article tout entier là-dessus, avec détails à l'appui et tout. Mais en fait, à chaque fois que j'ai pu en parler, j'ai souvent eu le même genre de discours, ce qui limite la possibilité de broder. Je fais parler mon roommate qui est assez représentatif de ceux avec qui j'en ai parlé. Ils en ont après le Japon, pas après les Japonais. Globalement il y a des échanges entre les deux pays, des étudiants qui vont dans l'autre et réciproquement, mais tout se passe bien entre eux. L'ennui, c'est sur le plan diplomatique. Déjà, commençons par la mer du Japon que les Coréens veulent renommer mer de l'Est. Puis, des contentieux territoriaux qui durent, à propos d'îles où il y a plus de poulpes que d'habitants. Cela me mène à ce second point :
Le regard nationaliste de la Corée du Sud sur son histoire. Je me suis rendu au musée de Seodaemun il y a quelques temps maintenant. C'est une ancienne prison que les Japonais utilisaient pour torturer les indépendantistes coréens avant parfois de les exécuter. Et là, on y voit des représentations de Mitsuhirato contre les équivalents coréens de Tchang. Tout ça c'est très bien, mais le problème c'est le message véhiculé derrière... Faire d'un musée un lieu où l'on dénonce les atrocités commises par les uns sur les autres, c'est important. Ne pas oublier que des gens sont morts à cause de l'oppression d'autres, c'est nécessaire. En revanche, maintenir l'hostilité sur le long terme à l'envahisseur japonais pour faire adhérer tout le monde à la nation coréenne, faire l'amalgame entre indépendantisme et nationalisme, c'est dangereux, car ça peut être utilisé à n'importe quelle fin. Se créer des martyres, tomber dans le pathos au lieu de restituer scientifiquement l'Histoire, ça revient à poursuivre l'aveuglement et quitter un oppresseur pour un autre... De même, je me suis rendu au War memorial museum. Je m'attendais un peu à trouver quelque chose comme le mémorial de Caen, un résumé d'histoire en somme. La première partie c'est un peu ça, quand on passe de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle. Puis, tout dégénère de nouveau avec le XXe siècle. Le plus gros paradoxe qui se soit présenté à mes yeux est celui-ci : d'une part, on met en avant les horreurs de la guerre de Corée, les nombres de morts (à savoir que la Turquie et l'Éthiopie ont envoyé plus d'hommes que la France, et que le Luxembourg est un des pays qui a subi proportionnellement le plus de pertes avec deux morts), les armes qui ont eu le temps d'être perfectionnées après 1945... Et d'un autre côté, pour la fin du musée consacrée à l'armée aujourd'hui, c'est complètement pro-militaire, parce que faut pas déconner, la violence de la guerre c'est à cause de la Corée du Nord, pas à cause de nous, nous on est les gentils et si on construit des tanks et qu'on présente les modèles de soldats du futur qui ressemble à un mélange de CRS aujourd'hui et de stormtrooper de Star Wars, ça peut pas se retourner contre la population civile, c'est vraiment uniquement pour se défendre, oui oui... Bon, la partie intéressante de ce musée est en fait l'extérieur du musée, où sont entassés tout un ensemble de véhicules utilisés durant la guerre de Corée. On peut rentrer dans les avions, dans un bateau, dans quelques véhicules pour faire joujou et s'y croire.
Cela fait plus de trois mois que je suis ici. Mais clairement, je suis un peu plus inséré dans mon environnement. Évidemment, le fait que je parle un peu Coréen à présent, que j'ai des repères pour me déplacer en ville et que je me sois fait des amis coréens n'y est pour rien, car au fond, ce n'est pas moi qui ai changé, ce sont les Coréens. J'ai découvert que les règles ne sont pas en métal, elles sont bien plus souples quand on sait s'y prendre. Par exemple, à l'entrée de la cité u, il y a une borne magnétique où il faut passer une carte pour entrer, car l'accès est interdit aux non-résidents. Si vous y allez à la confiance, en poussant la barrière à la main comme si de rien n'était, tout va bien se passer. Si on n'exagère pas, les règles peuvent faire facilement dans l'exception si l'on s'y croit permis.
Après le café, le thé. J'ai vraiment été surpris par les différents parfums de thé auxquels j'ai pu goûter ici. Petit liste non exhaustive. Thé vert qui n'a pas le même goût que le thé vert super u dont on a été quelques-uns à abuser à Patton l'an dernier. Il y a un arrière-goût d'une plante que je n'arrive pas à saisir, mais après quelques discussions, je pense sans être certain qu'il s'agit d'aloès. Thé noir (ou thé rouge), où là, tout dépend, il y a plein de sortes différentes. Ujacha, thé au citron, qui est une sorte de marmelade dont on prend une cuillère au fond de la tasse et où l'on verse de l'eau chaude, qui est vraiment incomparable. Thé à la lavande : j'en ai pris dans un bar quand nous sommes allés à Sokcho, la ville près du parc national de Seoraksan dont j'ai parlé une fois précédente, j'ai cru au départ à de l'arnaque car ça avait simplement une couleur d'eau chaude, mais le goût devient plus fort après quelques secondes. Thé au riz, ou bien à une plante proche du riz, j'ai pas bien compris, enfin un truc bizarre supposé être traditionnel, assez bon, difficile à identifier. Et enfin, le must de l'indéfinissable : le thé au blé, très épais, qui a vraiment le goût de blé hein, mais qui est si fort qu'on ne dirait même plus du thé, et qui donne la nausée aux uns tandis qu'il donne l'impression aux autres de boire une potion concentrée en sucres.
Le temps est étrange. Alors qu'il fait rarement -6° en Normandie ou en Bretagne, du moins en fin de Novembre, j'ai appris que c'est le cas pile l'année où je ne suis pas là. Tandis qu'ici, nous avons eu de la neige il y a deux weekends, puis une recrudescence de chaleur. Même si l'on n'est pas encore en t-shirt dans la rue, hier soir il faisait vraiment bon même à minuit. Il paraît que de la neige est prévue pour la fin de semaine, et on nous annonce toujours que Janvier et Février vont être catastrophiques.
Avec le peu de temps que j'ai pour écrire, j'ai peu de temps pour me relire et corriger mes fautes !
PS : l'imam Beaudonnet annonce qu'une fatwa sera lancée à son retour pour ceux qui n'ont pas encore écrit sur le blog.
Ah oui en Chine on consomme beaucoup de pron japonais aussi, d'après mon pote shanghaien qui est venu étudier en France.
RépondreSupprimerEn parlant de ça, j'ai aussi appris que dans le porno japonais il y avait une phobie des poils. J'ai rencontré une Belge qui a vécu au Japon et qui m'a dit que pour le porno, tous les trucs les plus dégueu sont autorisés mais que dès qu'il y a un poil, ça risque la censure !
RépondreSupprimerC'est connu que les Japonais censurent toute pilosité et qu'ils mosaïquent les parties génitales. Par contre, les trucs délirants ne leur posent pas de problème (j'ose à peine évoquer les vidéos d'amour aux poissons et aux poulpes qui sont tout-de-même parvenues à m'interloquer).
RépondreSupprimerConcernant la Chine, il existe quelques pornos locaux, mais je crois qu'ils sont interdits. J'ai en effet vu un film de Kung-Fu porno (et oui...), et il existe également des films érotiques qui ont su charmer mon adolescence (aaah, Sex and Zen).
Enfin, pour rester dans le même domaine, je dirais que les nems sont une spécialité vietnamiennes.
"Alors qu'il fait rarement -6° en Normandie ou en Bretagne, du moins en fin de Novembre"
RépondreSupprimerJustement cette année c'est le cas ! On a même eu droit aux première neiges à la fin du mois.
Zui, même si tu dois être déjà assez avancé de ton côté en coréen, je pense que ce lien peut-être utile : http://www.guidetojapanese.org/blog/2006/08/12/which-is-harder-japanese-or-korean/
RépondreSupprimerRien que pour la comparaison entre le japonais et le coréen, au cas où tu veuilles approfondir ton étude des langues asiatiques, je veux dire.