jeudi 18 novembre 2010

Le warung d'Ibu Dayu



Parmi toutes les petits bouibouis que j'ai pu expérimenter durant mes pauses déjeuner, le warung d'Ibu Dayu est de loin le plus atypique. A quelques rues des boutiques de luxe et des hôtels à standards internationaux, je n'y aurais jamais mis les pieds si Wardana, mon collègue de la rédaction et prof perso d'indonésien à ses heures perdues, m'y avait emmené. Il y règne un désordre pas possible et pourtant Ibu Dayu vous accueille à grand sourire. Elle ne parle pas un mot d'anglais et parle plus souvent en balinais qu'en indonésien aux clients, des employés de maison pour la plupart. Ibu Dayu sert deux plats traditionnels balinais : l'ayam betutu, poulet aux épices cuit dans une feuille de banane et le babi guling, cochon à la broche suintant la graisse et les épices, un vrai régale, noyé dans du riz et le sambel, la sauce ultra-épicée. A chaque fois, elle pioche à la main dans les plats dans la vitrine qui ne donne pas envie du tout, mais au final, c'est vraiment délicieux et j'en redemande à chaque fois.




Ce qui m'impressionne à chaque fois, c'est la rangée de bouteilles pleines, en ordre sur des étagères vétustes que jamais personne ne viendra prendre, attendant qu'un tremblement de terre vienne les faire tomber. La décoration mérite le détour : un jouet pour enfant est posé sur la sono qui laisse échapper un fond musical de pop indonésienne où je reconnais le mot cinta à chaque morceau - amour en indonésien. Sur le côté, un tas d'articles d'épicerie ainsi que des sandales et chaussures bon marchés s'amoncèlent dans la poussière, je ne sais pas si un jour quelqu'un lui en a déjà acheté. Il y a trois petits temples sur lesquels elle dépose des offrandes, de l'eau bénie et des corbeilles tressées et par mauvais goût, elle met des fleurs dans des bouteilles de Sprite.





Son warung n'a absolument aucune décoration, on est mal assis et la musique est vraiment assourdissante, et pourtant les clients défilent. Ibu Dayu est toujours souriante et rie à chaque fois que je fais une phrase en indonésien. J'y mange pour moins d'un euro et à chaque fois elle me propose un café. J'y reste plus d'une heure avec Wardana, le temps d'une leçon de français ou d'indonésien, de raconter notre week end, de fou rire. La dernière fois, ayant reçu des mangues, elle me propose de me faire un rujak, sorte de salade de fruit sucrée salée avec ce fruit. Malheureusement, elle y ajoute une espèce de sauce au poisson qui me donne la gerbe à la première bouchée. Elle rie et ne se vexe absolument pas...





Le warung est un excellent moyen de rencontrer les locaux qui ne se gênent pas pour vous poser des questions : d'où vous venez, qu'est-ce que vous faites à Bali, êtes-vous déjà marié sont des questions récurrentes. Il m'est même déjà arrivé de me faire offrir le repas. Le plus souvent, ils servent un plat unique, le même chaque jour. Les balinais fréquentent les warung balinais et les javanais ont les leur aussi. Le soir, chacun se rend au pasar malam (marché de nuit) où les échoppes sont installées les unes à côté des autres. Pour cela, je vous laisse lire l'article que j'avais écrit au début.

5 commentaires:

  1. Hi Jerooo :)) Just a tiny correction, indonesian traditional spicy sauce is 'Sambal' (formal form), or 'Sambel'

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  2. C'est bien Géraud. Je l'aime.
    Mais je ne suis pas prof d’indonésien. J'apprend beaucoup de toi pour parler bien française.
    Je vais le dire à Ibu Dayu sur la, je suis sur qu'elle est tres heureux...

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  3. hah? gurumu malas? what do you mean? 'my lazy teacher?' :P geraud sangat pemalas :P

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  4. ps. my correction related to what you wrote 'sembal'..it should be 'sambel' ;)

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