Alors que dans l'Europe médiévale tout ce qu'on avait trouvé en guise spiritualité était de s'enfermer dans des monastères pour rester entre chauves mal habillés pour mieux prier un Dieu de la santé capillaire, je me suis interrogé sur le sort des gens qui dédiaient leur vie à un destin plus grand de l'autre côté du monde. Je suis tombé sur trois expériences possibles qui peuvent radicalement changer votre vie, et que je vais présenter maintenant. De nos jours, si on veut tout plaquer, sortir du système pour vivre sa vie tranquille, il n'y a qu'une option : être un hippie qui part élever des chèvres dans les Alpes, ou, pour les plus fortunés, en Amérique latine. Quel manque d'originalité, franchement, pour des anticonformistes.
Marre du métro-boulot-dodo ? Marre de la lumière du jour, de la senteur des pommiers et des cris des petits oiseaux ? Essayez notre nouveau programme : 24h à la place d'un mort ! Dans un temple bouddhiste, un programme est offert à tous ceux qui sont tentés par l'expérience des gens enterrés vivants : passez une journée entière dans un cercueil ! Pour faire bien réaliste, ils y mettent les clous ! Quand j'ai entendu parler de ça, on m'en a vanté les exploits comme d'une super expérience d'introspection, pendant laquelle on réfléchit à plein de chose, et si on pète un plomb pendant les 10 premières minutes, on ne voit pas le temps passer après... Personnellement, ça me semble tellement taré que je n'essaierai pas même pour rire. Encore heureux qu'ils n'enterrent pas les gens non plus... Alors, si vous êtes en quête de spiritualité, d'introspection ou de recherche de soi (tous ces termes étant bien à la mode) et que vous n'avez pas de dealer dans votre ville, essayez donc la formule 24h dans un cercueil, il paraît que ça fait des miracles. Le temple n'est pas responsable pour les dégradations possibles de votre esprit à la sortie en revanche.
Ah, le périphérique, les rues populeuses et bruyantes de Séoul, les bruits de travaux dans les villes et le brouhaha continu des voitures... Besoin d'un peu d'air frais pour vos poumons et surtout pour vos oreilles ? Et bien vos gueules ! Continuons avec ces bouddhistes en lévitation et qui vont vous aider à votre bien-être et votre harmonie avec les 5 constellations, les 7 points cardinaux et les 13 éléments. Un monastère est ouvert à tout le monde sous deux conditions. La première, la plus évidente, est de travailler pour la communauté en échange du droit d'y vivre. Concrètement, je ne sais pas ce que ça donne (sans doute faire du jardinage et prier), mais le plus intéressant dans cette communauté-là est la seconde règle : il est interdit de parler, de faire le moindre son avec sa bouche. Du coup la barrière linguistique saute, c'est super ! Expérience relatée par un Américain qui y a vécu pendant un mois, durant lequel il dit avoir beaucoup changé. Ne pas pouvoir communiquer par la parole l'a rendu presque dingue la première semaine. Cependant, le reste du temps, une fois habitué, il affirme avoir vécu en harmonie avec son environnement, en paix avec lui-même. Le plus intéressant est d'affiner ses sens : il faisait attention aux petits bruits comme l'ouverture d'une porte, le bruissement d'une plante... Bref ça a l'air assez drôle, et pour un mois ce n'est pas un si gros investissement que ça. À garder dans un coin de ma tête pour la prochaine fois que je me rendrai en Corée.
J'ai envie de quitter le système moi aussi mais je n'aime ni les chèvres ni les moines. Et j'ai du temps devant moi. Et j'aime bien me battre. Et j'habite en Chine et non en Corée. Que faire ? Une des plus amusantes découvertes que j'ai faites ici ne concerne pas une expérience coréenne mais chinoise, racontée par mon meilleur pote chinois. Je parlais de taekwondo, que ces jours-ci il fait trop froid et que je n'ai pas pratiqué depuis deux mois, que j'ai hâte de reprendre quand ce sera le printemps... Puis, curieusement, pour rigoler, je lui demande s'il a déjà fait du kung-fu. Évidemment que non, me dit-il, ça demande beaucoup plus que le taekwondo. Un peu vexé, je lui demande des détails. Accrochez-vous bien. Si un jeune chinois veut apprendre le kung-fu, il doit quitter l'école, sans doute sa famille et son lieu de résidence (fait assez surprenant quand on sait que le gouvernement chinois attache toujours les individus à leur lieu de naissance), pour aller dans une école spécialisée et consacrer tout son temps à l'apprentissage du kung-fu. Quand c'est à la campagne, ça peut carrément prendre des airs de films de baston chinois avec le vieux maître dans la montagne... Et toujours vrai aujourd'hui. L'apprentissage requiert énormément de temps, il faudrait rester dans ce genre d'écoles pendant 3 ans au minimum (sinon quoi ? Sinon ils vous font la technique des cinq points et la paume qui font exploser le cœur), y consacrer réellement son temps. Contrairement à d'autres arts martiaux comme le taekwondo entre autres (qui est un art martial très récent, comme il date des années 50) qui, même s'ils nécessitent une pratique régulière voire quotidienne pour progresser (c'est comme tout), ne nécessitent sans doute pas qu'on y consacre sa vie pour être capable d'en pratiquer. En effet, le kung-fu semble ne pas se limiter à un art martial et inclue plein d'autres aspects de la vie de tous les jours. Bref, je ne sais pas si sur un CV ça fait classe ou non, mais en tout cas ça peut être une sacrée expérience ! En conclusion je tiens à souligner pour éviter toute confusion que non, même s'ils sont un milliard et demi, les Chinois qui font du kung-fu ne sont pas nombreux, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, on peut toujours les exploiter avec la conscience tranquille. Il faut aussi dire que ce que j'ai raconté ici est très simplificateur, et qu'en réalité de nos jours il est possible de pratiquer une forme de kungfu (qui n'est que l'appellation générale et qui a plein de ramifications) comme sport de combat uniquement (à la façon du karaté, du judo, du taekwondo...). Je voulais juste présenter ce dont j'ai entendu parler et que je compte faire une fois mes études achevées.
'Cule un mouton...
RépondreSupprimerBruce Lee n'a pas fait autant que ça, du moins pas enfant...
Beaucuop d'acteurs chinois/hong-kongais sont issus d'écoles de kung-fu. T'as également l'opéra de Pékin qui semble être une antichambre de l'Enfer, mais qui a donné quelques grands noms (Jackie Chan, Yuen Biao, Sammo Hung...).
RépondreSupprimerLe repos du mort, c'est effectivement assez intrigant comme façon d'atteindre l'illumination.